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mardi, 15 mai 2007

Un Aviso mal avisé

Un Aviso mal avisé

 

Dans les yeuses pourrit un aviso,

derrière des clisses.

Lui tiennent compagnie

des bocaux sales

et des touques cabossées.

 

Son voyage est bien fini.

Il faudrait le louver en light,

pour lui éviter un vilain sabré.

 

Il boxe avec le vent.

Il lute avec le temps

Il boit des lampées vitaminiques

qui le font jouir le jour et gémir la nuit .

 

Autour de lui on a écobué le sol

Il sent le vrai et le faux.

Il est gominé et figé

pour une bonne éternité.

 

Les yeuses lui font un parasol,

pour soulager sa dernière remorque

en loques.

Des oiseaux souillons l’accompagnent,

dans ses rêves d’embruns.

 

L’aviso est bien solitaire et fatigué.

Il ne veille plus au grain

Il a largué sa hargne,

et ses souvenirs de campagnes.

Il se bat avec une dernière et vilaine tempête :

celle d’une misérable  retraite…

   

 

dimanche, 13 mai 2007

Christ Interlope

« Ton Christ est juif, ta pizza est italienne, ton café est brésilien, ta voiture est japonaise, ton écriture est latine, tes vacances sont turques, tes chiffres sont arabes et… tu reproches à ton voisin d’être étranger ! ».

Julos Beaucarne

 

 

 

 

 Christ Interlope

 

 

Je ne vois rien d’outrageant,

de malsain, d’incorrect, de sacrilège,

d’imaginer un Christ interlope,

avec comme disciples :

un chef sioux

un apache

trois moines bouddhistes

trois tommy

trois harkis

un violeur

 

 

Je les imagine parfaitement

au repas de la Cène,

dans un kondo

buvant du rioja et du kéfir

et rompant des galettes de sésame.

 

 

Pour finir,

Le Christ acceptant d’être proprement

Pendu.

 

 

Avec, autour du gibet,

sa mère et ses douze apôtres,

dansant un rigodon,

pour le rachat de nos péchés.

 

 

Cela n’aurait sans doute rien changé,

aux sectes, aux croyances,

et  aux guerres de religion.

 

 

Une chose cependant est sûre,

Bethléem, Jérusalem, Israël, La Palestine,

ne seraient pas aujourd’hui

le théâtre du massacre des innocents. 

 

 

 

 

Un Mouloud chez les Orques

« Une chute du troisième étage fait autant de dégâts qu’une chute du centième étage. Si je dois tomber, qu’au moins je tombe de très haut ».

            Paulo Coelho ( Sur le bord de la rivière Piédra )

 

Un Mouloud chez les Orques

 

Il s’en souviendra :

C’était le Mouloud ;

Il voulut fêter le prophète à sa façon.

I l  décida de faire du parapente.

Il était tétanisé.

On lui avait affirmé qu’il était incassable,

comme du Pirex

Il se sentait malgré tout menotté.

Il sortait péniblement d’une pyrexie.

 

Il osa et prit son envol comme un aigle,

avec une envie folle de dégueuler.

 

Il se mit à raser les usines, le fleuve Rhône,

les arbres, …les mottes… et…à dégringoler.

Il n’eut pas le temps d’aviser.

Il atterrit dans un bassin,

au milieu des orques.

Les spectateurs l’applaudirent

ou le raillèrent,

en lui criant : Va te rhabiller ! Quel vol de mouette !

ou : Eh ! t’apprends à nager ?!

Il dégueula sur les orques, pas du tout contrariés.

 

Son Mouloud fut un baptême de l’air, très « orquanisé ».

 

Un Rhyton Rhésus

« Si l’homme descend du singe, il peut aussi y remonter ».

Buster Keaton

 

 

Un rhyton Rhésus

 

 

Dans l’antiquité, les chasseurs buvaient,

dans des rhytons : coupes en forme de corne,

ou de tête d’animal.

 

 

Aujourd’hui le chasseur orgueilleux se prend

pour un preux.

Il fait empailler ses trophées de chasse,

par taxidermie.

Il les exhibe dans sa maison,

ou son pavillon de chasse.

Jamais il ne s’en lasse…

 

 

 

 

Les musées en sont très friands.

 

 

J’ai vu une tête de rhésus dans un musée.

Un nègre perplexe la regardait bizarrement.

Il se frottait le crâne craintivement

Les élèves d’un lycée riaient niaisement.

Pauvre rhésus, pauvre nègre, pauvres lycéens.

 

 

On dit que l’homme descend du singe.

Ne serait-ce pas l’inverse ?

Darwin n’a peut-être pas complètement raison.

Des racistes appellent encore les nègres des singes.

Eux sont sûrement des infectes babouins qui s’ignorent.

 

 

J’ai zoomé sur le rhésus et le gardien m’a fustigé.

Il devait être au smic, manger bio le dimanche,

et cuire à la vapeur ses aliments.

Il était trop propret pour être honnête et intelligent.

 

 

« Vous allez abîmé la tête, m’a-t-il dit, et aujourd’hui

on ne peut plus se le permettre. Les singes sont protégés  »

 

 

Je lui ai répondu :

«  Heureusement ! mais la vôtre n’est pas protégée.

Prenez-y garde !  »

 

 

Il m’a traité de tous les noms d’animaux qu’il connaissait.

Je l’ai remercié et j’ai zoomé sur sa tête.

 

 

« Elle est trop belle !

 j’en ferai faire un rhyton pour pisser dedans! » lui ai-je lancé.

 

 

Il m’a traité de pt’it con.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

jeudi, 10 mai 2007

SemblableS et DifférentS

« Tolérance : c’est quand on connaît des cons et qu’on ne dit pas les noms ».

Pierre DORIS

 

 

«  La tolérance, c’est la civilisation par excellence ».

Gilles Perrault ( Extrait d’un entretien avec Didier Sénégal – Juin 1994)

 

 

SemblableS et DifférentS

 

 

 

 

Quelle différence peut-il y avoir,

entre un Sioux,

avec son arc et ses flèches empennées.

un Japonais avec sa biwa,

et un Chinois Ming confucéen déterminé ?

 

 

Ils peuvent très bien avoir le même âge,

Boire ensemble un bon vin français,

Du rioja ou de l’arak.

Manger une farofa, sans ergoter.

Ecouter la biwa du japonais sans se fâcher

Bref ! être tous des gens pondérés.

 

 

Les races et les hommes ne sont pas englués.

La Fin d'un Mac

« Le visage est l’image de l’âme »

CICERON

 

 

La fin d’un mac

 

 

Sa meuf, il la maque dur, dur.

Lui, il ne se déplace qu’en tilbury.

Il ne mange que du maquée,

le seul fromage qu’il apprécie.

Sa vanité n’a pas de bornes.

Il est infoutu de travailler.

Il s’abîme dans le Fitou.

Son ivresse, seule, le tient debout.

Il se iodle la gorge,

pour ne pas faire de bruit.

Il porte le soir un masque,

de peur de se noyer,

dans les grandes cités.

Il ne manque jamais

Dallas à la télé.

Il ne se veut le valet de personne.

Le fric, il le rapine,

quand se meuf ne tapine pas.

 

 

Un matin, il s’est vu , dans son miroir,

le visage tavelé, comme passé au bédane.

Un aspect horrible.

Il a pris son masque de carnaval.

Il s’est converti en dealer.

Un beau soir, on l’a trouvé, râlant sur le trottoir,

assassiné, à coups d’égoïne.

mercredi, 09 mai 2007

Mahomet est avec moi

« Puisque la montagne ne vient pas à nous, allons à la montagne ».

MAHOMET

 

«  Assiste ton frère qu’il soit oppresseur ou opprimé ».

Mahomet

       

Mahomet est avec moi

 

Je suis belge hutois,

J’aire comme koteur, en face d’une mosquée,

bâtie sur des versets rocheux.

Dans l’iwan, j’oralise mes sourates,

quand le temps est pluvieux.

 

L’imam m’a surpris et chassé,

à coups de knout.

Selon lui, je parodiais le prophète.

 

Je lui ai cloué le chou, en le frappant.

Il avait une abeille sur la tempe.

Il m’avait tout l’air d’un démon.

 

Je ne suis pas son amigo,

mais il se leurre.

Je le prendrai dans mes filets, tout de go.

 

Je ne suis pas un clabaud.

Le divin m’excite,

et le ciel m’aidera

 

Je travaille comme garçon de café.

Le baes m’a converti au bouddhisme.

Je porte l’habit des moines.

Je vais, de ce pas, rendre visite à mon imam,

et lui réciter mon coran , versus à ses versets

qui  lapident les femmes voilées,

 interdisent le cochon, y compris le petit salé.

 

Je suis belge hutois, et  je vous le dis,

l'imam va entendre parler de moi.

Mahomet est avec moi.

La Lady et le Zingaro

« On ne badine pas avec l’amour ». 

A. de MUSSET ( Titre d’une comédie)

   

La Lady et le Zingaro

 

La lady s’épile les jambes.

Le velux tombe en claquant.

Elle sursaute et relève la tête.

Un zingaro court sur son toit.

Il cherche son lapin.

Où a-t-il pu se clapir ?

 

La lady relève le velux

Le lapin exténué lui tombe dans les bras.

 

Elle lance un grand cri.

Le zingaro se précipite

et  tombe dans ses draps.

 

Plus tard, le zingaro épila son lapin ,

et offrit à la lady une douce paire de bas angora.

 

Les Fugitifs

« La liberté est comme la peste. Tant qu’on a pas jeté à la mer le dernier pestiféré, on n’a rien fait » Stendhal (Journal)

 

 

 

 

Les Fugitifs

 

 

L’adav abuta le silt.

Le bruit du moteur fit fuir,

tous les hôtes de la forêt.

 

 

Au loin la mer dansait,

sur une rivière de diams.

 

 

Un mec descendit de la carlingue,

avec un sax,

suivi de trois autres individus,

porteurs d’instruments musicaux.

 

 

Ils formèrent un combo.

Ils jouèrent sur la plage un jazz,

éploré,

à vous arracher les tripes.

 

 

Ils s’étaient tous enfuis d’un pénitencier,

pour s’aérer.

 

 

Le cinquième avait été tué,

au début de leur cavale,

tiré comme un lapin,

par leur geôlier.

 

 

Ils jetèrent son corps à la mer.

 

 

Ils jouèrent des heures et des heures,

sur cette île déserte, un jazz requiem.

 

 

Ils reprirent l’adav.

Subitement il  hoqueta,

et s’abîma dans la mer.

 

 

La musique, dit-on, adoucit les mœurs,

mais on reste toujours prisonnier.

lundi, 07 mai 2007

Le Golem

« Créer n’est pas un jeu quelque peu frivole.

Le créateur s’est engagé dans une aventure effrayante,

qui est d’assumer soi-même, jusqu’au bout, les périls risqués par ses créatures »

Jean Genet ( Journal du Voleur)

 

Le Golem

 

Le golem avait disparu.

Son créateur, un rabbin,

lança un gros juron et courut à sa recherche.

Il le trouva au zoo, en face d’un sajou.

Le golem paraissait ému et émerveillé.

Le mot EMET, écrit sur son front,

était presque effacé.

 

Le rabbin s’approcha du golem et le sermonna.

Celui-ci le regarda durement.

Il lui mit les deux mains autour de son cou.

Le rabbin anhéla et perdit son souffle.

Le golem le prit dans ses bras,

et le jeta aux caïmans.

 

Des visiteurs horrifiés, hurlèrent en courant.

Le gardien armé d’un fusil visa le golem en plein front.

Le golem s’écroula sans aucune goutte de sang.

Stupéfaction !

Un kabbaliste allemand, amateur de robots humanoïdes,

se pencha sur le corps en murmurant :

« La créature ne s’entend pas forcément avec son créateur »

Pour le golem, se fut le seul sermon.

Pour les reliques du rabbin, on fit un très bel enterrement.

La Ballade des Thugs

« La critique est aisée, et l’art est difficile » DESTOUCHES, Le Glorieux (faussement attribué à Boileau)

 

La Ballade des Thugs

 

Son oratorio était tellement magnifique

qu’on le jalousait.

Des compositeurs lui opposèrent Haendel et Bach.

À juste raison :

Les oratorios de Haendel sont sublimes,

et l’Oratorio de Noël de Bach aussi.

Rien à voir avec le sien !

Il se mit quand même à douter.

Son problème devint une aporie.

Sa femme lui conseilla d’écrire

un Ave Maria, comme Gounod.

Il s’emporta avec violence.

Gounod ! Bach ! Haendel !

Non ! j’aimerais mieux écrire une biguine

et la danser avec un gibus.

Sa femme lui prépara des endives,

avec un grand bourgogne carafé.

Ça l’aidait à raisonner.

Il finit son repas avec une chope de bière

et alla voir une tireuse de cartes, fardée de khôl.

Elle brassa les cartes, les tria et fit un bond :

elle venait de tirer l’arcane XI Le Pendu.

Elle était une prêtresse de la déesse Kali.

Elle lui parla de la fraternité des thugs,

dont l’arme est le nœud coulant.

Votre musique doit avoir un rapport avec eux.

Il sortit bouleversé.

Il se remit au travail et composa en un tour de main:

“La Ballade des Thugs”

Elle eut un énorme succès.

Les compositeurs chagrins se gardèrent bien de lui témoigner du dédain :

Le bruit courait qu’il faisait partie de cette secte d’étrangleurs assassins.

samedi, 05 mai 2007

La cueillette des olives

« Plus tu absorbes de beauté, plus tu peux refléter de beauté. Plus tu absorbes d’amour, plus d’amour tu as à donner » Mézig

 

 

La cueillette des olives

 

 

À peine cueillies,

les olives vont au pressoir.

L’huile coule dans la maye.

C’est un bonheur de tous les sens.

Dehors, le soleil brûle les yeux,

et chauffe le sang.

 

 

Une jeune femme,

assise à l’ombre d’un olivier,

relève sa jupe au-dessus de ses genoux..

Elle dégrafe son corsage,

et sort un sein rosé,

pour donner la tétée à son bébé.

 

 

Je pense à un tableau de Rubens,

où d’un parfait inconnu d’ailleurs,

mais surtout pas barbouilleur.

 

 

Si j’étais artiste peintre,

je ne voudrais surtout pas

que ce tableau soit bâclé.

 

 

Hommes et femmes arrêtent la cueillette.

Filets, peignes et paniers au sol.

C’est la fin de la journée.

Ils sirotent l’anisette.

 

 

Une fée plane sur le paysage,

et un orvet point son nez.

 

 

Tout ce petit monde se marre,

et raconte son histoire,

glanée dans l’ana de l’année.

Un enfant ânonne son abécédaire

et personne n’est étonné.

 

 

Mon Dieu qu’il fait bon,

et qu’il fait chaud !

L’anisette a son bon côté.

 

 

Soudain, je pense au Congo.

J’ai laissé là-bas un ami quado.

À cette heure-ci, comme moi,

il admire la beauté.

 Il doit boire aussi son anisette,

avec son dingo, couché à ses pieds..

 

 

 

 

Le Prophète

« Il est plus facile de mourir pour ce qu’on croit que d’y croire un peu moins. »

Jean Rostand ( Pensées d’un Biologiste)

 

 

Le prophète

 

 

Un vent d’autan soufflait sur Toulouse.

Où allais-je gîter ?

Je ne connaissais personne.

J’arrivais du japon,

où j’avais reçu l’illumination orale,

d’un kami merveilleux.

J’étais encore sous le choc.

Comme Jeanne, je ne craignais pas le bûcher.

 

 

J’allai coucher dans un champ,

couvert de luzules.

On devait les avoir plantées pour moi,

pour fêter mon arrivée.

Je dormis comme un loir.

 

 

Le lendemain, je proclamai, criai,

ma nouvelle béance spirituelle,

dans les rues, sur les places, partout.

 

 

On commença à rire de moi,

puis à m’insulter,

et pour finir, à me lancer des pierres.

Je me carapatai  et restai coi.

 

 

Oh ! Je veux bien souffrir pour ma nouvelle croyance,

mais je ne tiens pas à être lapidé !

 

 

Apis Mellifica

 

medium_ABEILLE.jpg

 

«  En général, est par métier disposé à se sacrifier celui qui ne sait pas autrement donner un sens à sa vie »

Cesare PAVESE (Le métier de vivre)

 

 

 

 

Apis Mellifica

 

 

Le moco sous la banne,

déguste son anisette,

quand une abeille à ses oreilles

se met à bourdonner.

 

 

Puis vrombit autour de son visage,

comme pour l’avertir d’un danger.

 

 

D’un coup sec il tue l’insecte

qui tombe dans son anisette,

mais pas pour l’empoisonner.

 

 

Le moco irrité quitte le bar sans payer.

 

 

Sur le port, il trébuche et se prend les pieds,

dans des filets qu’on avait mis là à traîner.

Dans des cageots de pêches, il se ramasse,

au milieu d’abeilles énervées.

Un feu du diable le tourmente, à en crever.

 

 

Un pharmacien homéopathe sympathique,

lui donne, en granules, Apis Mellifica 15CH,

pour lui éviter un choc anaphylactique.

Le moco s’en est bien tiré.

 

 

Respectons l’insecte, même le plus minuscule.

Il est peut-être le messager ou le détenteur de notre survie.

 

 

jeudi, 03 mai 2007

Au revoir Grégory

AU REVOIR GREGORY


L’association " Vaincre la Mucoviscidose " est en deuil. Grégory Lemarchal vient de nous quitter. Il a combattu avec courage un ennemi qui une fois encore l’a emporté. Nous assurons sa famille et ses proches de notre profond soutien.

Garçon talentueux, simple et généreux, il nous a marqué par sa gentillesse, son enthousiasme et sa disponibilité. Il a été le symbole de la résistance et du défi à la mucoviscidose. Sa voix unique, son sourire lumineux, nous disaient qu’un chemin existait qui menait vers le haut, qu’il suffisait de le suivre pour y arriver.

Grégory a rejoint la trop longue cohorte des «mucos » décédés. Nous ne l’oublierons pas comme nous n’oublions pas les autres. Chaque décès est une souffrance, chaque décès est un échec. Nous baissons la tête mais nous ne baisserons pas les bras.

« Grégory chante pour nous, chante encore, nous avons besoin de ta voix qui nous dit que l’espoir est au bout du chemin, qu’un monde sans la mucoviscidose viendra un jour, sans toi mais par la force que tu nous laisses. Au revoir Grégory ».
Jean Lafond, Président de Vaincre la Mucoviscidose.

 

http://www.vaincrelamuco.org/

 

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La nymphe

« L’homme désire plus vivement le pouvoir sur les autres, à mesure qu’il en a moins sur lui-même ».

Louis de Bonald – Ecrivain français (1754-1840).

Dans ses ouvrages politiques, il défendit avec intelligence les grands principes traditionnels : le pouvoir monarchique, la religion, etc. Auteur de « Maximes et Pensées ».

 

 

La nymphe

 

 

La nymphe pailletée de myosotis

regardait frayer les poissons.

Curieuse elle se pencha sur la mare

et y tomba.

Elle aspergea les grenouilles.

Mille coassements se moquèrent d’elle.

La nymphe en égrappa ses myosotis.

 

 

Depuis la mare se confond avec le ciel.

Les oiseaux y trempent leur bec.

Les anges y lavent leurs ailes.

 

 

La nymphe se plaît dans les roseaux,

surtout quand il fait chaud.

 

 

Elle batifole,

avec les libellules, les grenouilles et les poissons.

Elle les gouverne et ils l’amusent.

 

 

Elle est leur reine et se laisse vivre dans ce trou d’eau.

 

 

Linge sale aux tourteaux

 

medium_Tourteau.jpg

  “Les hommes sont si bêtes qu’une violence répétée finit par leur paraître un droit ”

Helvétius (Maximes et Pensées)

 

 

 

 

Linge sale aux tourteaux

 

 

Elle jette les pouparts que son mari a pêchés,

sur le linge sale, dans le cuvier.

 

 

Sa lessive attendra !

Le fœhn invite à la sieste.

 

 

Son mari aviné la réveille en sursaut.

Il cherche ses tourteaux…

Elle lui explique mal éveillée :

Le fœhn, le linge sale, le cuvier…

 

 

Il n’y comprend que couic !

 

 

Il soulève sa femme à bras le corps,

et la jette brutalement dans le cuvier.

Il fait bouillir le tout à grande eau,

à grand feu.

 

 

Il trouva que ses pouparts avaient un drôle de goût.

 

 

Impatient , il attend que sa femme revienne.

Le linge est bien trop lourd, pour le mettre à sécher.

 

La femme à la jarre

« Les révolutions sont des temps où le pauvre n’est pas sûr de sa probité, le riche de sa fortune et l’innocent de sa vie ». Joseph Joubert (Carnets)

 

 

 

 

La femme à la jarre

 

 

 

 

L’émeute gronde à grands pas :

un pogrom ou on ne sait trop quoi…

Les juifs se réfugient, 

dans leur synagogue ou chez eux.

On ne sait jamais…

Le souvenir des camps leur est resté

en travers de la gorge.

La meute braille, armée jusqu’aux dents.

 

 

 

 

Dans la rue, une femme voilée,

une jarre sur la tête,

tous les matins, par beau temps,

passe majestueuse.

 

 

 

 

Simon, derrière sa fenêtre,

l’observe.

Il a le béguin pour elle.

Un peu honteux de ce voyeurisme

amoureux.

 

 

 

 

Il est juif, elle est arabe.

Il lui a écrit en secret une quasida,

passionnée .

 

 

 

 

L’émeute approche, la femme hâte le pas.

Une volée de pierres

cassent la jarre,

frappent la femme à la nuque.

Elle s’effondre.

Du sang noir au sol,

et sur son haïk blanc.

 

 

 

 

Simon se précipite,

La prend dans ses bras.

Elle lui sourit résignée,

les yeux grands ouverts,

étonnée de ce soleil froid,

en plein midi.

 

 

 

 

 

Les émeutiers s’arrêtent en silence,

têtes basses, déconfits.

 

 

 

 

Simon les accuse d’un crime de sang.

Ils disent qu’ils n’y sont pour rien.

Aujourd’hui n’est pas jour de vengeance !

Que faisait-elle sur leur chemin ?

 

 

 

 

Avec l’eau de la jarre, ils s’en lavent les mains.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

La vengeance du gourou

« A l’égard de celui qui vous prend votre femme, il n’est de pire vengeance que de la lui laisser ». Sacha Guitry ( Elles et toi)

 

La vengeance du gourou

 

Le gourou est entre le zist et le zest.

Il se décide enfin.

Avec sa lancette il tranche le lusin.

Le bateau part à la dérive dans le fjord,

en raclant le tuf glaciaire abyssin.

 

Le gourou a donné une perm aux marins.

 

Il enfourche son cheval qui se met à aubiner,

en hennissant et en crachant son crottin.

 

Dans le fjord, le bateau ivre tourne, tourne,

comme une toupie à l’agonie,

dans le petit matin.

 

Le gourou est un veuf joice :

Sa femme, une vraie catin,

s’est enfuie la veille,

avec son beau marin.

Zombie

« Nous vivons d’une ombre, monsieur, du parfum d’un vase vide ; après nous, on vivra de l’ombre d’une ombre ; je crains par moments que ce ne soit léger. »

Ernest RENAN (recevant V. Cherbuliez à l’Académie Française, 1882).

 

 

ZOMBIE

 

 

Chevauche toutes les caronades !

Rêve face à la mer !

Qu’importe !

 

 

Dans ton oflag, prisonnier tu resteras.

On a lobé ton cerveau avec un silex.

 

 

Sous les bolées d’embruns,

tu n’es qu’une statue de sel.

 

 

Hume ! hume ! zombie !

le grand large,

écoute la voix de l’océan.

 

 

Tu ne parles même pas l’euskera.

Avec un peu de chance, tu finiras

dans l’enfeu d’un fanum.

 

 

On t’oubliera zombie.

On t’oubliera.

Tu ne dois rien à personne.

 

 

Les zombies sont des morts vivants,

à ce qu’on dit.

Moi, j’attendrai donc avec impatience

ta résurrection.