dimanche, 16 août 2026
J'ai beaucoup péché… mais pas assez
J'ai beaucoup péché… mais pas assez
Ô vagues de mon âme,
paradis perdu,
un démon m'enlace
pour des mots défendus.
Un ange me rattrape :
il a tout vu, tout entendu.
L'enfer attendra.
Le démon ricane,
l'ange me rassure.
Serais-je assez fort pour me battre
avec mes armes un peu rouillées,
aux pieds d'une Vierge
sans grande envergure ?
Dans la chapelle aux murs moussus,
le bénitier s'assèche
de prières révolues.
L'autel est fait
de boue séchée.
Le calice, prisonnier de l'hostie,
attend sans doute l'hérétique,
assoiffé d'un vin divin,
grand cru de paradis.
J'ai beaucoup péché…
mais pas assez.
Alors, démon, reprends-moi !
De luxure,
d'injures,
de parjures,
je t'en conjure.
L'ivresse me va bien,
le péché aussi.
Viens donc,
diable bourru,
me rappeler que je suis vivant.
Gaudeamus. (2023)
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samedi, 08 août 2026
L'ANGE ET LE DÉMON
L'ANGE ET LE DÉMON
En moi
depuis toujours,
un ange et un démon
se disputent la lumière.
L'un me dit :
« Monte.
Détache toi de la terre.
Oublie le poids du corps,
la fièvre du désir,
le trouble des sens. »
L'autre murmure :
« Reste.
Respire.
Aime la chair qui t'a été donnée.
Ne méprise pas le sang,
la caresse,
la chaleur d'une main. »
Et moi,
entre leurs deux voix,
je ne sais plus
lequel écouter.
J'ai exalté la chair
jusqu'à m'y perdre.
J'ai exalté l'Esprit
jusqu'à oublier
que j'étais un homme.
J'ai voulu être ange
et je n'ai trouvé
que mes ailes brisées.
J'ai voulu être démon
et la nuit elle-même
m'a fait peur.
Alors j'ai compris :
la chair n'est pas l'ennemie de l'Esprit,
et l'Esprit n'est pas le juge de la chair.
La chair est peut-être
la terre où l'Esprit
cherche à prendre racine.
Et l'Esprit,
la flamme secrète
qui empêche la chair
de devenir cendre.
Peut-être faut-il
que l'ange descende
et que le démon
apprenne à lever les yeux.
Peut-être faut-il
que l'un donne ses ailes
à l'autre,
et que l'autre lui donne
son poids de terre.
Alors,
en moi,
ils cesseraient de se combattre.
L'ange déposerait
sa lumière
dans les mains du démon.
Et le démon,
pour la première fois,
pleurerait.
Non de honte.
Mais de reconnaissance.
Car peut-être que Dieu
ne nous demande pas
de choisir entre la chair et l'Esprit,
mais de devenir
l'endroit même
où ils peuvent enfin
s'aimer
Gaudeamus
14:17 Publié dans Blog, Essais, Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 05 août 2026
Le dernier secret
Le dernier secret
À la fin,
Dieu ne nous demandera peut-être pas
combien de vérités
nous avions trouvées.
Il regardera seulement
si notre cœur
est devenu assez vaste
pour qu'un oiseau s'y pose
sans avoir peur.
Il ne pèsera pas
nos livres,
nos doctrines,
nos victoires.
Il prendra notre silence
dans Ses mains
comme on recueille
une goutte de rosée
avant que le soleil ne l'efface.
Et s'Il y découvre
un peu d'amour,
fût-il grand
comme une graine de moutarde,
Il sourira.
Car l'éternité
commence peut-être
chaque fois
qu'un être aime
plus qu'il ne se possède.
Gaudeamus
17:28 Publié dans Blog, Essais, Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 04 août 2026
Le pauvre saint
Le pauvre saint
Mon Dieu,
je n'ai point le cœur des héros.
Je suis de ceux
qui tombent pour un caillou,
qui pleurent d'un mot,
qui doutent d'un silence.
Je ne sais pas monter bien haut.
Mes ailes sont de terre.
Je voudrais seulement
ne pas Te perdre
dans le bruit de mes jours.
Les saints...
On les croit faits de neige.
Ils sont peut-être
de pauvre argile,
comme nous.
Mais leur argile
ne refuse pas la Main
qui la reprend sans cesse.
Chaque soir
ils Lui donnent
leur ouvrage manqué,
leurs impatiences,
leurs blessures secrètes,
leur pauvre amour
qui n'a pas su aimer assez.
Et Dieu sourit,
comme une mère
devant le pain
qu'un enfant a pétri
de ses doigts maladroits.
Alors la sainteté
n'est pas d'être grand.
Elle est d'être petit
jusqu'au bout.
D'accepter
que tout bien
vienne d'En Haut
comme la pluie
sur les jardins desséchés.
Mon Dieu,
quand viendra le dernier soir,
je ne T'apporterai
ni miracle,
ni victoire.
Je déposerai seulement
dans Tes mains
mon cœur usé
d'avoir voulu T'aimer.
Et si Tu le trouves
encore plein de poussière,
essuie le doucement.
Tu reconnaîtras bien
qu'il est à Toi.
Gaudeamus ( Méditation sur la sainteté)
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lundi, 03 août 2026
Quand Dieu aura fini
Quand Dieu aura fini
Les saints ne sont pas ceux
qui ont vaincu la nuit.
Ils sont ceux
qui ont laissé la nuit
devenir transparente.
Ils n'ont pas changé le monde
à force de puissance.
Ils ont laissé Dieu
le traverser.
Ils ressemblent
à ces vitres anciennes
des petites églises de campagne.
On ne les regarde pas.
Mais lorsque le soleil paraît,
elles disparaissent presque,
tant la lumière
les habite.
Ainsi l'âme.
Longtemps
elle se croit pierre,
bois,
terre lourde,
pauvre poignée de poussière.
Puis Dieu travaille.
Il taille
sans bruit.
Il enlève
ce qui n'est pas Lui.
Chaque joie,
chaque épreuve,
chaque attente,
chaque pardon
retire un voile.
Et l'homme souffre
de perdre ce qu'il appelait
« moi ».
Mais Dieu sourit.
Car Il sait
qu'au cœur de cette perte
naît enfin
le véritable visage.
Alors vient un jour
où l'âme ne dit plus :
« Je veux être sainte. »
Elle murmure seulement :
« Que rien en moi
n'empêche Ta lumière. »
C'est tout.
Et c'est immense.
Car la sainteté
n'est peut-être
que cela :
quand Dieu
a enfin assez d'espace
dans une créature
pour aimer le monde
avec son propre Cœur.
Alors le ciel
n'est plus au-dessus de nous.
Il respire en nous.
Et le dernier souffle
n'est pas une fin.
C'est une porte
qui s'ouvre de l'intérieur.
Nous croyons mourir.
Dieu,
Lui,
achève simplement
Son œuvre.
Gaudeamus ( Méditation sur la sainteté)
14:37 Publié dans Blog, Essais | Lien permanent | Commentaires (0)
Avant la sainteté
Avant la sainteté
Je croyais que les saints marchaient
dans un matin qui ne finit pas,
le visage lavé de lumière,
les mains pleines d'étoiles.
Mais j'ai vu
qu'ils portaient la même boue
au bord de leurs souliers,
la même fatigue au fond des yeux,
et parfois la même nuit.
Ils ne savaient pas davantage
où le chemin tournait.
Ils faisaient seulement,
jour après jour,
un pas vers Toi.
Ils ramassaient le pauvre sourire
tombé d'un enfant,
la peine oubliée d'une vieille femme,
le silence d'un homme
qui n'osait plus prier.
Ils ne demandaient pas
que leur nom demeure.
Ils demandaient seulement
que Ton souffle
ne les quitte pas.
Seigneur,
la sainteté n'est peut-être
qu'une petite lampe
que Ton vent menace toujours
et qui tremble,
sans vouloir s'éteindre.
Fais de mon cœur
non pas un soleil,
mais cette humble flamme
qui veille encore
quand la maison dort,
et qui attend l'aube
sans savoir
si elle viendra.
Car il suffit peut-être,
pour Te ressembler un peu,
d'aimer encore
lorsque tout semble perdu,
et de Te dire
dans la pauvreté du soir :
« Me voici,
avec mes mains vides.
Fais en ce qu'il Te plaira. »
Gaudeamus ( Méditation sur la sainteté)
14:30 Publié dans Blog, Film | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 01 août 2026
La porte étroite
La porte étroite
Le soir a fermé les chemins.
Les oiseaux se sont tus
dans les haies obscures.
Le vent lui-même
semble prier
avec ses mains invisibles.
Et moi,
je demeure au seuil.
Je n'ose pas entrer.
Je porte tant de terre
à mes souliers,
tant d'orgueil dans mon pain,
tant de paroles inutiles
sur mes lèvres.
Je dis : « Seigneur,
ce n'est pas pour moi
la maison des saints. »
Mais Toi,
Tu ne réponds pas.
Tu allumes seulement
une étoile
au-dessus du vieux pommier.
Alors je comprends
que Tu n'appelles jamais
les cœurs déjà purs.
Tu appelles
ceux qui pleurent
de ne l'être pas.
Les lys du jardin
ne savent pas
qu'ils sont blancs.
La source
ignore qu'elle désaltère.
Le blé
ne connaît pas
la faim des hommes.
Ainsi le saint
marche sans savoir
que Ton visage
éclaire déjà le sien.
Il s'étonne
de chaque aurore
comme un pauvre
qui reçoit le pain.
Il bénit
la pluie
autant que le soleil,
car l'une et l'autre
viennent de Ta main.
Il se fait petit
pour que passe
Ton amour.
Et lorsqu'il tombe,
il baise la poussière
comme on embrasse
le seuil d'une église.
Car la terre
où l'on tombe
est encore
la terre
que Tu as créée.
Seigneur,
si je ne puis gravir
la montagne des parfaits,
laisse-moi seulement
ramasser,
au bord du chemin,
une fleur oubliée,
la remettre debout
avant la nuit,
et Te dire
avec mon pauvre souffle :
« Tu étais là,
dans cette humble chose,
et je ne le savais pas. »
Alors,
quand viendra l'heure
où les cloches
sonneront pour moi,
que Ton ange
ne cherche point
de couronne.
Qu'il apporte seulement
la vieille lampe
que j'aurai tant de fois
vu vaciller,
et qu'il dise en souriant :
« Elle brûlait peu,
mais elle n'a jamais
consenti à s'éteindre. »
Gaudeamus ( Méditation sur la sainteté)
20:07 Publié dans Blog, Essais | Lien permanent | Commentaires (0)
Les Saints cachés
Les Saints cachés
Ils ne feront jamais la chronique des hommes.
Leur nom sera mangé d'herbe,
leur tombe oubliée
comme une pierre au bord des chmps.
Ils n'auront laissé
ni livre,
ni royaume,
ni statue.
Ils auront laissé
une larme essuyée,
un pardon plus fort que la colère,
un pain rompu
dans une maison pauvre.
Ils auront marché
sans bruit,
car le bruit appartient au monde,
mais le silence
est le manteau de Dieu.
Ils auront porté
leurs blessures
comme la terre porte l'hiver :
sans plainte,
avec l'espérance secrète
que le printemps est déjà là,
caché sous la racine.
Ils auront aimé
sans savoir aimer.
Ils auront prié
sans savoir prier.
Ils auront cru
avec une foi
qui ressemblait parfois
à une nuit sans étoiles.
Ils auront souvent dit :
« Seigneur,
je ne Te sens plus. »
Et pourtant,
c'était alors
que Tu étais le plus près,
comme la sève invisible
au cœur du vieux chêne
quand janvier semble l'avoir tué.
La sainteté
n'est pas une montagne
où quelques aigles
construisent leur nid.
Elle est une semence.
Elle disparaît
avant de lever.
Elle consent
à mourir dans la terre,
à perdre son nom,
à devenir pain
pour des lèvres inconnues.
Voilà pourquoi
les saints
ne savent jamais
qu'ils le sont.
Ils cherchent Dieu
et ne trouvent
que leur pauvreté.
Ils offrent
leur pauvreté.
Et Dieu,
qui n'avait besoin
ni de leur force
ni de leur sagesse,
fait de cette pauvreté
une fenêtre ouverte
par où Sa lumière
entre dans le monde.
Heureux celui
qui ne possède plus rien
que le désir de Dieu.
Car ce désir
est déjà Dieu
qui prie en lui.
Et lorsque son dernier souffle
s'en ira
comme une feuille d'automne
dans le vent du soir,
la terre dira :
« Un homme est mort. »
Le ciel répondra :
« Non.
Une lampe
vient simplement
de rentrer
dans le Soleil. »
GAUDEAMUS ( Méditation sur la sainteté)
14:09 Publié dans Blog, Essais | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 24 juillet 2026
Le silence de Dieu
Le silence de Dieu
Si le bois de la croix n'avait jamais gémi,
Si le ciel était resté muet ce vendredi,
Aurions-nous élevé d'autres temples, d'autres pierres,
Aux dieux du Capitole, aux astres, aux mystères ?
Le latin serait-il le chant de nos berceaux ?
Le grec, l'écho vivant des sages et des mots ?
Jupiter règnerait-il sur nos vieilles mémoires,
Et Vénus guiderait-elle encore nos histoires ?
L'Histoire a fait d'un homme un éternel chemin ;
Quelques clous, une colline, et le destin humain
A changé de visage au détour d'une heure,
Comme un fleuve qui soudain abandonne sa demeure.
Mais pourquoi donc, Seigneur, ce si long anonymat ?
Pourquoi laisser des siècles où nul ne Te voit ?
Pourquoi tant de saisons avant qu'une parole
Ne traverse enfin la nuit des idoles ?
Deux mille ans de silence... ou peut-être davantage.
Des enfants sont passés, des empires, des naufrages ;
Des peuples ont cherché sous mille cieux divers
Le nom de l'invisible caché dans l'univers.
Chaque foi dit : « Voici le sentier véritable. »
Chaque livre promet l'invisible ineffable.
La Torah et la Croix, le Coran, le Veda,
Le Bouddha silencieux, les chants de l'Avesta...
Qui possède la clé ? Qui détient la lumière ?
Le prophète, le moine, ou l'humble solitaire ?
Le savant qui calcule, ou l'enfant émerveillé
Qui regarde une étoile sans vouloir l'expliquer ?
Peut-être que Dieu rit de nos certitudes sages ;
Peut-être aime-t-Il plus les questions que les cages.
Car la foi qui s'impose ressemble au vent mauvais ;
La foi qui se découvre apprend à écouter.
Je marche entre les croix, les mosquées, les pagodes ;
J'écoute les psaumes, les mantras, les odes.
Dans chacune des voix j'entends monter parfois
La même soif d'aimer, la même quête en soi.
Alors je ne sais plus quelle est la vraie rive.
Je sais seulement l'eau qui toujours nous dérive ;
Et qu'au bout du voyage, s'il existe un seul Dieu,
Il reconnaîtra peut-être ceux qui cherchent mieux.
Car la vérité n'est peut-être pas un drapeau,
Ni un temple de pierre, ni le poids des mots.
Elle est peut-être un souffle, un regard, une main,
Une lampe allumée sur le bord du chemin.
Et si Dieu nous attend derrière tous les visages,
Peut-être que nos doutes sont déjà son langage.
GAUDEAMUS
11:36 Publié dans Blog, Essais | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 15 juillet 2026
Ceux qui cherchent Dieu
Ceux qui cherchent Dieu
Avant que la Croix ne dresse son ombre
Sur la colline où tremblait le monde,
Qui Te priait, Seigneur,
Dans le silence des siècles ?
Tu regardais déjà les hommes.
Tu voyais leurs mains levées vers les étoiles,
Leurs temples de marbre,
Leurs feux sacrés,
Leurs chants inconnus
Qui montaient pourtant jusqu'à Toi.
Tu étais là,
Avant que l'on prononce Ton Nom.
Pourquoi tant d'attente ?
Pourquoi ces millénaires
Où les peuples marchaient
Comme des enfants dans la nuit,
Cherchant une lumière
Dont ils ignoraient la source ?
Le temps de Dieu
N'est pas celui des horloges.
Il ressemble à la lente naissance
D'une aurore
Qui prépare depuis toujours
Le premier rayon.
Puis vint un homme,
Pauvre parmi les pauvres,
Qui parlait d'amour
Comme personne n'en avait parlé.
Il ne possédait rien
Sinon un regard
Capable de relever les morts vivants,
Les oubliés,
Les pécheurs,
Les blessés du cœur.
Et les hommes,
Craignant davantage la lumière
Que les ténèbres,
Le clouèrent sur le bois.
Ils pensaient arrêter une voix ;
Ils ouvrirent un chemin.
Depuis,
Les siècles répètent Son Nom.
Des cathédrales montent vers le ciel,
Des cloches répondent aux minarets,
Les synagogues gardent l'Alliance,
Les pagodes veillent dans le silence,
Les sages méditent,
Les mystiques prient,
Et chacun tend les mains
Vers l'Invisible.
Qui donc possède Dieu ?
Personne.
Car Dieu n'est pas une frontière,
Ni un royaume réservé,
Ni un livre refermé.
Il est le souffle
Qui traverse tous les livres,
Toutes les prières,
Tous les visages.
Celui qui aime
Le connaît déjà
Sans toujours savoir Son Nom.
Celui qui pardonne
Le rencontre déjà
Sans avoir vu Son visage.
Celui qui console
Touche déjà
Le bord de Son manteau.
Et moi,
Vieil homme au seuil du soir,
Je n'ai plus tant besoin de réponses.
Les grandes certitudes
Se sont assises auprès de mes doutes
Comme deux amis
Qui regardent ensemble le même coucher de soleil.
Je ne demande plus :
« Quelle est la vraie religion ? »
Je demande seulement :
« Seigneur,
Apprends-moi à Te reconnaître
Sous les traits de chaque être humain.
Fais que je ne confonde jamais
La vérité avec l'orgueil,
La foi avec la peur,
La religion avec le pouvoir.
Si Tu es plus grand
Que tous nos temples,
Plus vaste
Que toutes nos Écritures,
Plus profond
Que toutes nos théologies,
Alors ouvre mon cœur
Plutôt que mon esprit.
Et lorsque viendra pour moi
Le dernier silence,
Que je découvre enfin
Que Tu marchais à mes côtés
Depuis le commencement des siècles,
Bien avant que les hommes
Ne commencent à parler de Toi. »
Gaudeamus
13:56 Publié dans Blog, Essais, Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 12 juillet 2026
LE FEU ET LA PROMESSE
LE FEU ET LA PROMESSE
(Poème biblique sur la canicule)
« Les montagnes fondent comme la cire devant le Seigneur. »
(Psaume 97)
Le ciel s'est refermé comme un livre de bronze ;
La canicule étend son manteau sur le monde.
Le soleil, tel un glaive au tranchant éclatant,
Frappe la terre entière et consume le temps.
Les forêts autrefois chantaient comme des psaumes ;
Les pins, les vieux chênes, les fiers peupliers
Élevaient leurs rameaux vers les célestes dômes,
Comme un peuple en prière au cœur de l'été.
Mais voici que le vent, pareil au souffle antique
Qui renversa jadis les palais des orgueilleux,
Devient incendiaire, emportant dans sa fuite
La mémoire des bois jusque sous les hauts cieux.
Les flammes vont, pareilles aux chevaux de colère
Dont parla le voyant sur l'île de Patmos.
Elles courent la plaine, elles gravissent la pierre,
Et semblent annoncer l'ombre des derniers mots.
Les pompiers, revêtus de fumée et de cendre,
S'avancent sans faiblir au milieu des brasiers.
Ils ressemblent à David affrontant les ténèbres,
Sans autre bouclier que leur fidélité.
Au-dessus des sommets, les grands canadaires
Déploient leurs vastes ailes comme des chérubins ;
Ils répandent une eau semblable aux eaux premières
Qui couvraient l'univers avant l'aube du matin.
Les fermes disparaissent, les maisons se consument ;
Les pierres elles-mêmes semblent pousser des cris.
Les animaux s'enfuient vers des vallées sans lune,
Comme l'arche attendait les vivants de la nuit.
Les chevaux épuisés hennissent dans la plaine ;
Le cerf cherche un ruisseau que la chaleur a fui.
Même l'hippocampe, au fond de son domaine,
Sent trembler l'océan jusqu'aux portes de la nuit.
La mer n'a plus ce chant des commencements ;
Elle porte un reflet de cuivre et de silence.
Les vagues semblent dire aux peuples des vivants :
« N'oubliez pas Celui qui donna l'existence. »
Les pleurs montent plus haut que les fumées sombres ;
La souffrance habite les regards des enfants.
Ils demandent à Dieu, dans l'épaisseur des ombres :
« Seigneur, pourquoi ce feu ? Pourquoi tant de tourments ? »
Et Dieu répond peut-être au fond de chaque âme,
Non dans le bruit des vents ni le fracas des cieux,
Mais dans cette douceur qu'entendit le prophète Élie,
Lorsque souffla sur lui le murmure de Dieu.
« Je ne suis pas le feu qui détruit la montagne ;
Je suis la source vive au milieu du désert.
Je ne suis pas la haine où l'orgueil vous entraîne ;
Je suis l'eau qui fait naître un jardin dans la pierre.
Je vous avais confié les arbres pour demeure,
Les oiseaux pour le chant, les rivières pour miroir ;
Pourquoi tant de blessures infligées à cette heure
À l'œuvre de mes mains, à l'éclat de l'espoir ?
La planète n'est point un royaume à conquérir ;
Elle est un don d'amour confié à vos enfants.
Celui qui sait planter apprend aussi à vivre ;
Celui qui sait aimer devient véritablement grand. »
Alors tombe la pluie, longtemps attendue des hommes ;
Elle descend des cieux comme une bénédiction.
Les gouttes font renaître un parfum de royaume ;
La terre ouvre de nouveau son cœur à la création.
Les routes retrouvent leurs voyageurs paisibles ;
Les voitures s'arrêtent auprès des champs fleuris.
Les marcheurs remercient la fraîcheur retrouvée ;
Les rôdeurs disparaissent avec la longue nuit.
Le camping entend rire les enfants sous les tentes ;
Les oiseaux reconstruisent leurs fragiles maisons.
Les forêts reverdissent, patientes et vivantes ;
Les sources recommencent leur antique chanson.
Alors s'éloignent enfin les cataclysmes,
Comme un mauvais songe au lever du matin.
L'ombre de l'Apocalypse perd son terrible abîme
Devant l'espérance qui renaît dans les jardins.
Et l'on comprend enfin la parole première :
La Terre est un Éden confié pour un moment.
Chaque arbre est une prière, chaque source une lumière,
Chaque créature chante le Dieu des vivants.
Heureux celui qui protège la forêt qui respire ;
Heureux celui qui console un cœur dans la douleur.
Car lorsque le monde entier semblera s'obscurcir,
L'amour restera toujours plus fort que la peur.
Et lorsque viendra le soir sous les étoiles infinies,
Le Créateur dira aux artisans de paix :
« Venez, vous qui avez gardé vivante ma création.
Le Royaume commence chaque fois qu'un homme sauve un arbre,
chaque fois qu'il relève son frère,
chaque fois qu'il choisit l'amour plutôt que la destruction. »
GAUDEAMUS
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lundi, 08 juin 2026
QUI JUGERA LES JUGES ?
QUI JUGERA LES JUGES ?
Qui jugera les juges lorsque la justice échoue,
lorsque des vies innocentes tombent dans la boue,
quand les dossiers s'entassent, les alertes ignorées,
et que les mêmes drames reviennent nous hanter ?
Qui regardera en face ces erreurs répétées,
ces décisions fragiles, ces peines allégées,
ces remises en liberté sans contrôle, sans soutien,
offertes à des prédateurs qui ne regrettent rien ?
Des enfants sont fauchés dans le printemps de leurs jours,
des femmes meurent encore sous les coups de l'amour
devenu violence, haine, folie destructrice,
pendant que l'on invoque les lenteurs de la justice.
Les marches blanches avancent dans le silence du soir,
des bouquets de fleurs pleurent là où s'éteint l'espoir.
Des peluches abandonnées gardent la mémoire
de ceux qui ne verront jamais un nouveau matin noir.
Lyhanna... dans le Gers, un prénom devenu cri,
une étoile arrachée à la douceur de la vie.
Autour d'elle des visages, des larmes et des mains,
mais aucune réponse pour soulager les chagrins.
Les responsables se renvoient les fautes et les rapports,
les politiques promettent sans changer le décor.
Discours, commissions, débats et indignations,
tandis que les victimes attendent des sanctions.
Il faudrait des juges libres, intègres et courageux,
un comité impartial, rigoureux, scrupuleux,
chargé d'examiner les erreurs du passé,
pour que chacun réponde de ses actes engagés.
Car la justice n'est forte que lorsqu'elle protège,
lorsqu'elle défend les faibles au lieu de les piéger.
Sa grandeur ne réside ni dans les mots ni les lois,
mais dans la sécurité qu'elle garantit parfois.
Que chaque dossier perdu trouve enfin un regard,
que chaque avertissement ne soit plus mis à l'écart.
Que les suivis médicaux, policiers, nécessaires,
empêchent les récidives et les drames ordinaires.
Nous ne demandons pas la vengeance aveugle et froide,
mais une responsabilité ferme, juste et solide.
Car derrière chaque nom gravé sur une pierre,
il y a une famille condamnée à la guerre.
Et tant que des enfants tomberont dans l'indifférence,
tant que l'échec sera masqué sous le silence,
une question reviendra, implacable et têtue :
Qui jugera les juges lorsque la justice ne protège plus ?
GAUDEAMUS
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lundi, 18 mai 2026
UKRAINE
UKRAINE
Dans les nuits trouées par les drones,
l’Ukraine compte ses pleurs,
et la Russie avance encore
dans la boue noire des territoires brûlés.
Les chars écrasent les jardins,
les enfants serrent des poupées sans yeux,
les femmes prient dans des caves humides
où la peur respire plus fort que le sommeil.
Au loin, un président promet la victoire,
un autre fait des serments devant les caméras,
et Vladimir Poutine parle d’histoire
pendant que les orphelins apprennent
le silence des ruines.
L’Europe regarde avec sa conscience blessée
partagée entre pétitions, discours et aveuglement ;
elle allume des bougies sur les places publiques
mais le vent des atrocités souffle plus vite
que les mots des diplomates.
Ô Dieu,
combien de punition faudra-t-il encore
pour que les hommes comprennent
qu’aucune religion n’a jamais demandé
des villes éventrées
ni des mères ensevelies sous les pierres ?
La guerre mange les saisons.
Elle transforme la joie en cendre,
les écoles en cimetières,
les chansons en alarmes.
Et pourtant,
au milieu des sirènes,
un enfant dessine une colombe ;
une femme partage son pain ;
un vieil homme relève un arbre tombé.
Alors la paix, fragile comme une flamme,
continue malgré tout
à marcher dans les décombres,
comme si l’humanité refusait encore
de mourir entièrement.
GAUDEAMUS
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Le tricheur
Le tricheur
Il ment aux cartes
comme il ment avec ses sentiments
il fait pleurer les femmes
qui lui font confiance
il leur raconte des bobards
et leur fait des tours de cartes
pour les embrasser impunément
et les mettre dans son lit
en jurant qu’il ne leur fera pas d’enfant
mais seulement avec les sacrements
il cache des as dans ses manches
comme des promesses dans ses silences
il distribue les regards tendres
comme un joueur truque la chance
et lorsque l’aube le démasque
dans les draps froissés du matin
il ramasse son cœur en miettes
sans savoir s’il aime enfin
car derrière les rires faciles
et les serments de contrebande
il y a un homme qui tremble
devant la lumière trop grande
un enfant perdu dans la nuit
qui bluffe pour être aimé
et qui triche avec les autres
par peur d’être abandonné.
Gaudeamus
17:02 Publié dans Poésies sur l'amour, les femmes.. | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 20 mars 2026
Le breuvage de lumière
Le breuvage de lumière
Dans un monde un peu dingue, au bord de l’aube claire,
Un babouin perché regarde la vie se taire,
Et renaître aussitôt dans un souffle de lumière,
Comme un cœur émerveillé qui refuse la poussière.
Un phacochère passe, lourd mais sincère,
Cherchant dans la boue une vérité première,
Tandis qu’un oiseau fend le ciel invisible,
Ses plumes murmurant des secrets indicibles.
Chaque gorgée de vie est un étrange breuvage,
Mélange de douceur, de peine et de passage,
Un goût de miel sous un soleil éclatant,
Qui caresse et brûle en même temps.
La beauté danse entre ombre et clarté,
Entre la lune étoile et l’éternité,
Invisible, elle circule comme une énergie,
Qui relie la mort au souffle de la vie.
Et quand tout s’efface, dans un dernier voyage,
Il reste une trace, un infime nuage,
D’un monde dingue, fragile et pourtant essentiel,
Où vivre et mourir ne font qu’un arc-en-ciel.
18:25 | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 07 mars 2026
Les brumes de l’esprit
Les brumes de l’esprit
Dans l’ombre douce de nos pensées,
Naissent parfois d’étranges idées.
Elles murmurent comme des vérités,
Mais ne sont que mirages déguisés.
Elles disent : « Tu ne peux pas »,
« Le monde est ainsi, ne change pas ».
Elles tracent des murs invisibles
Autour des rêves les plus sensibles.
Comme des nuages devant le soleil,
Elles cachent la lumière et l’émerveille.
Pourtant un souffle de vérité
Peut les dissoudre en liberté.
Car l’esprit qui doute et qui questionne
Brise les chaînes qu’on lui donne.
Et soudain tombe, douce et brève,
La fausse croyance… comme un vieux rêve.
Alors le cœur voit plus loin,
Libre enfin de choisir son chemin.
GAUDEAMUS
17:40 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 04 mars 2026
Plus fort que la nuit
Plus fort que la nuit
Dans le vent froid qui traverse les plaines,
Une terre veille, blessée mais droite.
Sous le ciel lourd où grondent les sirènes,
Des cœurs battent plus fort que la nuit.
Les routes portent la poussière et la cendre,
Mais aussi des pas qui refusent de céder.
Chaque maison, chaque champ, chaque fenêtre
Devient promesse de rester.
Ils ne parlent pas seulement de guerre,
Mais de pain, d’enfants, de printemps à venir.
Et même lorsque l’ombre serre la lumière,
Ils gardent la force de tenir.
Car la résistance n’est pas qu’un mot de bataille :
C’est une voix qui dit « nous sommes là »,
Un peuple debout malgré la mitraille,
Qui défend son ciel, sa langue, ses pas.
Et dans le silence après l’orage,
Quand la neige recouvre les douleurs,
Reste une flamme sous chaque visage :
La liberté, plus têtue que la peur.
GAUDEAMUS
14:27 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)
Les foudres de la grâce
Les foudres de la grâce
Sous le ciel tremblant de l’aube
un serment ancien respire encore.
Le monde, mâle et mal mêlés,
cherche la trace d’un miracle.
La peur marche à pas lents
dans les rues de l’impermanence.
Chaque pierre sait déjà
que Dieu est mort mille fois
dans la bouche des hommes.
Et pourtant —
une foudre traverse la nuit,
brève comme un pardon.
Femelle lumière sur les toits,
elle ouvre les mains fermées,
elle brise le poids du mal.
Alors quelqu’un murmure
que la grâce n’est pas douce toujours,
qu’elle tombe parfois du ciel
comme une vérité brûlante.
Et dans le silence après l’orage,
les cœurs comprennent enfin
que même la peur
peut devenir miracle.
GAUDEAMUS
11:07 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 13 novembre 2024
Des drogues terrestres et spirituelles : Lesquelles choisir ?
Des drogues terrestres et spirituelles : Lesquelles choisir ?
Les drogues terrestres sont souvent recherchées pour échapper aux difficultés, chercher des sensations ou un sens. Elles offrent des portes éphémères vers des réalités altérées, mais elles laissent souvent des blessures, des illusions et des dépendances. Elles sont comme des feux follets qui attirent, mais égarent.
Les drogues célestes, quant à elles, ne se trouvent pas dans des substances, mais dans des expériences spirituelles, des états de conscience élevés et une connexion profonde avec le divin. Elles n’anesthésient pas, mais illuminent, éveillant en nous la sagesse, la paix intérieure et une vision du monde transformée. À travers la méditation, la prière, ou même le service aux autres, elles nous offrent une ivresse douce qui libère, sans éroder l’âme.
Les drogues célestes ouvrent des chemins infinis vers des réalités transcendantes, où chaque pas devient une danse, chaque souffle une prière, et chaque battement de cœur un rappel de notre connexion avec le Tout. Remplacer les drogues terrestres par ces expériences célestes, c'est choisir la clarté au lieu de l’oubli, et la liberté intérieure à la place de la dépendance.
Gaudeamus
13/11/2024
12:45 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 04 décembre 2023
La mort ri
Au royaume des mystères, là où la vie fait une pause,
La Mort, en chef d'orchestre, porte sa grande faux.
Elle a l'air sérieux, mais entre nous, c'est un job rude,
À chaque coin de rue, elle prend des selfies avec la Faucheuse.
La Mort, c'est un peu comme un chauffeur de taxi éternel,
Qui t'emmène vers une destination mystérieuse, essentiel.
On dit qu'elle a un sens de l'humour plutôt macabre,
Elle aime jouer à cache-cache, mais avec une carte sans barre.
Un jour, elle a organisé une fête costumée au paradis,
Tous les grands personnages étaient là, même Elvis.
On a vu des clowns, des cow-boys, et même un dinosaure,
La Mort a ri tellement fort, elle en a eu des courbatures.
Elle m'a dit un jour : "La vie, c'est comme une glace qui fond,
Profite du cornet avant que le chocolat ne parte au plafond."
Elle a un faible pour les blagues de squelettes,
Chaque Halloween, elle fait des farces aux squelettes des années précédentes.
Alors, amis mortels, prenez la vie avec un sourire,
Car même la Mort, quelque part, doit bien rire.
Elle est peut-être effrayante, mais elle sait s'amuser,
C'est une farceuse, cette faucheuse, qu'on n'ose pas trop défier.
GAUDEAMUS
18:32 Publié dans HUMOUR - IRONIE | Lien permanent | Commentaires (0)


