samedi, 09 juin 2007
Le Huron, la Virago et le Puma
« Qu’il est curieux que la frayeur soit si souvent causée par l’inattendu ».
Théodore ROSZAK ( Les mémoires d’Elisabeth Frankenstein )
Le Huron, la Virago et le Puma
Un huron violonait ses partitions,
posées sur un pal de jade.
Un chien aboyait sur ses miaous.
Au fur et à mesure, le paysage se rapiécait .
Une virago édentée hésitait à manger des fruits blets.
Un eyra, natif du Brésil, rôdait dans les parages.
Elle se mit à fumer sa pipe.
Le puma finit par apparaître,
fasciné par le violon.
Une odeur de monoï le fit fuir.
Il renversa le pal de jade et les partitions.
Il cherchait de toute évidence un weld herbeux.
Ici, il ne trouvait qu’une terre, chargée de wad et de sulfite.
Terrorisé, le huron tomba sur le cul
et cassa son violon !
La virago, affamée, s’est mise en quête d’une nouvelle pipe.
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vendredi, 08 juin 2007
L'Amour au Palan
L’Amour au Palan
Il était très obèse,
aussi lourd que de la fonte.
Pour lui, ce n’était pas toujours gai,
et encore moins la fête,
malgré ses yeux azurés.
Il avait un mal fou à se dépoter
de son fauteuil, conçu spécialement.
Sortir, il en abusait rarement.
On le zieutait comme un éléphant.
Il se drapait, plus qu’il ne s’habillait.
Il ne pouvait faire autrement.
Un jour dans la rue, à la boîte postale,
des galopins lui lancèrent , pour lui faire mal :
« Tu niques comment ? »
Il aurait bien voulu les envoyer paître,
mais il baissa la tête honteusement.
Arrivé chez lui il se posa la question.
Il invita une pute obèse.
Il ne pouvait faire autrement.
Ils essayèrent toutes les positions.
Ce fut un enterrement !
Ils eurent alors une idée génitale :
Il commandèrent un palan.
et ils s’y prirent autrement.
Alors là, ce fut un vrai festival !
Vous êtes bien trop curieux.
Je ne vous dirai pas comment.
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jeudi, 07 juin 2007
Une Gnose Fatale
« Toute foi nouvelle commence par une hérésie ».
Robert ARON
Une Gnose Fatale
Pour l’apéro, le boy se demande
comment on peut hésiter,
entre un Tokay et un Ricard.
Pourtant son maître hésite,
à moins qu’il ne soit distrait…
Il attend calmement sa décision.
Le maître est plongé,
dans sa nouvelle gnose.
Un spécialiste de la question.
Il l’a dédiée à toutes les religions.
Elle a été éditée, rééditée.
Il craint sans doute de l’ébrécher,
ou de s’y engluer, à force d’y penser.
Elle a été très critiquée et même huée !
Les ingrats ! ils ont osé !
Un imam criard l’a très mal reçue.
Hérésie ! hérésie ! hérésie !
Il lui lance une fatwa.
Par un beau matin, le maître,
devant des buissons-ardents,
reçoit deux balles :
l’une en plein front,
l’autre en plein foie.
Un comble !
Pour cet homme qui avait mis,
dans cette gnose,
toute sa tête et toute sa foi.
12:25 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 06 juin 2007
Sale temps !
« Le mauvais temps semble toujours pire lorsqu’on le regarde à travers une fenêtre ».
John Kieran
Sale temps !
La météo et le news annonçaient du mauvais temps,
comme, l’année dernière, à la même époque.
L’écuyère minauda son cheval.
Celui-ci fit un volte-face,
désarçonna sa cavalière,
dans les parterres.
Elle le cravacha.
Il fit un bon
Elle recula
Il lui envoya une ruade vicieuse
qui la tua net.
Sa bombe roula dans les bégonias.
Un vent effroyable balaya tout sur son passage.
Une tuile se détacha d’un toit,
et tua net un malheureux grand-père.
Quand on vous le dit !
La météo et le News ne se trompent jamais.
17:58 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (2)
mardi, 05 juin 2007
Un Vaudou équin
« Je ne suis pas superstitieux, parce que la superstition ça porte malheur ».
André Jeanson
« La superstition porte malheur ».
Paul Carvel ( Jets d’Encre )
Un Vaudou équin
Le dioula avait un visage équin.
Enfant, il avait maltraité les chevaux.
Il vendait souvent des pommes surettes.
Un togolais mécontent lui promit
l’œil mauvais du Vaudou.
Le dioula eut très peur.
Il s’amenda pour esquiver le coup.
Nib !
Il se mit à bigler,
l’hélix de ses oreilles à enfler,
ses membres à s’effiler
Il alla voir une prêtresse Vaudou,
pour se faire désenvoûter.
Elle le regarda de la tête aux pieds,
fit amener un cheval pur sang.
Elle lui ouvrit le ventre d’un coup de sabre,
et demanda au dioula de se coucher dedans.
Tout tremblant il s’exécuta.
Sur une incantation le ventre se referma,
et le cheval ressuscita.
C’est à nouveau un très beau pur sang,
avec un seul petit défaut : Il bigle un peu .
14:20 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)
La Sagesse du Relieur
« La société la plus spirituelle n’est pas celle que les tailleurs, mais celle que les relieurs habillent ».
Jean-Paul Richter ( Extrait de Blumen, Frucht und Dornenstücke).« Tous les êtres vivants sont bouddha et ont en eux Sagesse et Vertu ».
Bouddha
La Sagesse du Relieur
Quand je suis rentré chez mon relieur,
celui-ci glairait la couverture d’un gros livre,
aux armoriales japonaises étranges.
Il m’expliqua la technique du blanc d’œuf.
Je lui confiai un vieux livre des Fables de la Fontaine,
à relier.
J’étais devenu son ami.
Il me proposa de visiter son parc, derrière son atelier.
Il s’arrêta devant une mare, où folâtraient des nèpes.
Assis sur un banc liégeux, face à l’eau miroitante,
il me parla de ses dernières lectures, sur le shintoïsme ,
et des kamis, ses êtres supérieurs.
Un moment, je fermai les yeux et me mis à rêver.
Quand je les rouvris, la mare avait disparu,
et un vieux sage aux cheveux blancs me souriait,
assis sur un grand nénuphar.
Il me dit : « La vie n’est qu’un rêve. Il faut simplement ,
à tout instant, penser à être heureux, et méditer souvent,
en fermant les yeux ».
Le sage s’évanouit et mon relieur me sourit en me disant :
« Vous l’avez vu, j’en suis sûr. Il n’apparaît qu’aux gens
qui rêvent en fermant les yeux. Jean de la Fontaine connaissait
sûrement le rêve éveillé. Sans cela, ses fables ne seraient pas
aussi merveilleuses ».
Mon relieur est un sage. Il est aussi mon ami et je l’aime.
Je lui confie non seulement mes livres,
mais aussi mes joies et mes peines,
que mon ciel soit bleu ou nuageux.
Et la réciproque est vraie…
« Une amitié née des affaires vaut mieux qu’une affaire née de l’amitié ».
David Rockfeller
09:20 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 03 juin 2007
Le Ninja et la buse
« C’est de ta peur que j’ai peur ».
William Shakespeare
Le Ninja et la buse
Un ninja drayait son champ pour le houer,
en mangeant des relishs.
Soudain, dito se défila à l’approche d’une buse
qui planait dans le ciel.
Il fit un vilain quart de tour et tomba dans des gouets.
L’affreuse bête malvenue bouéla et fonça
sur un cargo salope qui dégazait.
La buse asphyxiée tomba
et creva dans un égout.
Le ninja se remit aux arts martiaux
et abandonna son champ pour toujours.
Moi, j’étais loin de tous ces évènements,
en plein exam sur la langue inuk,
et envoûté par le twist et le bop.
J’ai bien réfléchi,
je vais m’inscrire aux arts martiaux :
Je crains énormément les buses.
10:25 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (1)
samedi, 02 juin 2007
L'Esprit du Guépard

« La superstition est un peu plus humaine que la religion, parce qu’elle manque de morale »
Remy de Gourmont, “Pensées inédites”
L'Esprit du Guépard
Un guépard se promène,
au. milieu des sylvies.
Un hibou sur sa branche observe le fauve.
Il se tient tranquille
La forêt est silencieuse et reposante la nuit.
Dans un étang,
un malart et un coq de bruyère
s’envolent en troublant le silence.
Ils ne tiennent pas à servir de rumstecks.
à ce métèque.
Le lendemain, un émondeur
découvre le gîte du guépard.
Il prend ses jambes à son cou
et ameute le peuple thaïs.
On s’arme et on bat la forêt.
Un tireur aperçoit le guépard.
Il ose le tir, le vise et le tue.
On fait la fête toute la nuit.
Le sorcier se penche sur les os du guépard.
Le pronostic est mauvais.
Il parle de fantôme, d’esprit…
Depuis les thaïs sont moins zen.
Il ne sortent plus la nuit,
et ne s’aventurent plus dans la forêt.
Les anciens disent :
« Ce guépard ne nous avait pas fait de mal,
pourquoi l’avoir détruit ? C’était notre grigri !».
Le peuple thaïs n’est plus le même.
L’esprit du guépard les hantent jour et nuit.
20:30 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 31 mai 2007
Pygmalion
Jean Chauchard
Pygmalion
Prendre un tronc d’arbre de mille ans
Tailler le bois en sens contraire
Sculpter ton buste brute et le peindre
À grands coups jetés de pinceau
Tes seins rouges ton sexe rouge
Attendre que ma joie jaillisse
Et poser sur ton cou ta tête
Que je tiens serrée sous mon bras
Et que ma volonté soit faite
Et que tu sois la plus parfaite
Que ton corps baigné de lumière
Eblouisse la terre entière.
Aphrodite donne-lui vie !
Vénus donne lui ta beauté !Que ce bois sacré se prosterne
Devant moi, Pygmalion, son Dieu.
20:35 Publié dans Poésies sur l'amour, les femmes.. | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 29 mai 2007
La Veuve Rouge
« Les amants à la longue deviennent des maris ».
Catherine Bernard (Riquet à la Houppe).
« Les femmes ont autant de façons d’aimer que d’amants, de sorte que chacun peut croire qu’il est le premier ».
Alfred Capus
La Veuve Rouge
La jeune veuve, dégantée de noir,
a peint, de rouge, son corsage,
ses lèvres et ses joues.
Le noir ne lui allait pas.
Fière, elle se relooke.
Dans la zup les hommes reluquent
ses souliers rouges à talons hauts,
ses bas à résilles et sa jupe d’un jaune
violent.
.
Ils ont des pinçures au cœur.
Ils la flairent ouverte et gémissante.
Son jules dessinait des bédés.
Il a été dessoudé par qui ? pour quoi ?
Ses seuls défauts :
D’afficher son athéisme à tous crins
et d’exhumer trop souvent
ses vieilles bédés invendues.
De plus, il s’adonnait soi-disant à l’héro…
Stop les sabliers ! Stop les pendules !
La veuve s’est arrêtée.
Elle caresse l’or de son collier.
Elle jette un coup d’œil à la fenêtre haute
d’un immeuble
La veuve rouge a un amant !
Tous les hommes suivent son regard
Un jaloux serre déjà les dents.
Il y aura beaucoup d’amoureux marris :
Mais, qu’ils se consolent,
une femme se lasse plus vite d’un amant que d’un mari.
15:32 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (1)
Teilhard de Chardin
Un jour, quand nous aurons maîtrisé les vents, les vagues, les marées
et la pesanteur, nous exploiterons l'énergie de l'Amour...
Alors pour la deuxième fois dans l'histoire du Monde,
l'homme aura découvert le feu.
Teilhard de Chardin
10:37 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 28 mai 2007
Un Amour de Tiki

« C’est la destinée de l’homme que de faire des dieux, toujours plus croyables, où il croira de moins en moins. » Jean Rostand ( Pensées d’un Biologiste)
Un Amour de Tiki
Le polynésien bornoya le tiki,
et d’un coup lui planta son épieu,
en plein front.
C’était sa façon à lui
de dire son oraison funèbre,
à ce dieu qu’il avait tant imploré.
Une octave d’attente, après sa supplique,
et il souffrait toujours d’asialie.
Sa prière était restée sans suite.
Un ovate consulté en Gaule.
Rien n’y fit. !
Les conseils d’un juif :
Se recouvrir la tête d’un toled.
Rien n’y fit !
Il était prêt à tout pour retrouver la santé.
Il trempa sa tête en furie,
dans une vasque naturelle,
et il eut une illumination.
Il retourna penaud vers le tiki.
Retira son épieu,
Lui mis un gros pansement,
Lui demanda pardon.
Le tiki tangua, comme un dieu ivre,
et le polynésien retrouva sa salive.
Ne faut-il pas brutaliser un peu nos dieux,
que nous avons créés, pour qu’ils nous exaucent ?
11:30 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 25 mai 2007
Le Giton et la Guenon
« On ne peut nier que la femme a distancé la guenon plus que l’homme le singe ».
Jacques DEVAL ( Afin de Vivre Bel et Bien)
Le Giton et la Guenon
Dans un bouchot, sous les embruns, un giton typé,
avec du blush sur les joues et qui se drogue à l’héro,
regarde à la jumelle une guenon.
Elle fume un houka et boit de l’ouzo, sur la plage.
Il se dévase et tout flapi, arrive à ses côtés.
Il lui montre ses biscotos et lui demande son cursus.
Elle le regarde tel un wali en face du dey.
Il lui remixe la question en plus adulte, avec des gestes ixés.
Elle l’élude, calée sur son derrière.
Il lui propose, avec ses poings, de monter sur le ring.
Futée, cette fois, elle ne se fait pas prier.
Zou !
Il l’attache avec un fune et l’entraîne dans son living.
Telle une hase, elle couine dans le nid du giton,
les jambes en compas et en rhumb.
Excitée, elle crève un paquet de farine qu’elle panifie.
Depuis, elle lui coud ses boutons,
conduit sa vespa,
l’interdit de jeu,
l’aide à passer ses examens,
et lui sert de vigile,
pour le préserver des assauts de ses ex-partenaires.
Le soir, ils chantent en chœur des chansons paillardes,
en buvant de l’ouzo et en fumant de l’héro curide avec un houka .
Ils font un boucan du diable !
Les voisins envisagent de les transférer chez les dingues.
14:15 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 24 mai 2007
Le Garde Champêtre
« Après tout, il faut avoir une jeunesse. L’âge où l’on se décide à être jeune importe peu… »
Henri Duvernois ( La Brebis Galeuse)
Le Garde Champêtre
Le garde champêtre est à la retraite.
Il souffre d’une maladie tubaire.
Sa femme lui a fariné son képi
et mis sous clé son pétun.
Il répand une odeur de tabac vomi.
Elle a décidé d’apprendre le slow,
et de se faire faire un lifting.
Ils se sont mariés à Cayenne.
Lui, gardien du bagne, il sacquait dur.
Elle, décousait ce qu’elle avait décousu.
Il savait bien que sa femme un jour fanerait.
Il ne pensait pas si vite.
Il se mit à fréquenter un dojo,
à courir, à marcher,
Bref, à rajeunir,
et sa maladie à périr.
Sa femme point ne s’en aperçut.
Un jour, lui, il fit le point
et s’éclipsa avec une jeune fille d’un pays lointain.
Son garde champêtre a pris la poudre d’escampette,
sans tambour ni trompette.
Il n’est pas prêt de revenir.
Sa femme n’a pas les moyens pour un lifting.
Elle mange des pommes reinettes à tous les repas.
Il paraît que ça aide à rajeunir et à maigrir.
Elle raconte partout que son mari reviendra,
la tête basse et la queue entre les jambes,
quand sa pute n’en voudra plus.
Les gens opinent du bonnet, mais n’en sont pas si sûrs…
06:12 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 21 mai 2007
Marins Relous
« Je sais nager juste assez pour me retenir de sauver les autres ».
Jules Renard
« Dans un incendie, entre un Rembrandt et un chat, je sauverais le chat »
Alberto Giacometti
Marins Relous
La mer déteste les marins relous.
Il faut savoir amurer son foc
Renifler le zef et les remous
Barrer sans équivoque.
Pas nécessaire d’être de l’amirauté
Avoir une casquette à gallons dorés
La mer peut être étale ou secouée
Restez zen, gai, mais toujours prudent
Bref ! naviguez joyeux
Lâchez du lest de temps en temps.
Les rochers, ne les perdez pas des yeux
Louvoyez, épiez les phares et les courants.
Contre les requins, serrez les dents.
Soyez dans le vent ! jour et nuit
Je vous conseille tout cela aujourd’hui,
Car j’ai sombré avec ma femme et mon chat.
J’étais un marin d’eau douce, un marin relou.
Pour revoir ma dulcinée à la Guadeloupe,
J’avais loué un vieux rafiot.
Il repose à plusieurs pouces au fond de l’eau.
J’ai réussi à m’en tirer à la nage,
En pagayant tant bien que mal,
À cheval sur le grand mât. Mais rassurez-vous,
J’ai réussi, malgré tout, à sauver mon chat…
18:34 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (3)
Tu piges ? (3)
Tu Piges ? (3 ) ( divagations sur les grandes surfaces…)
Moi j’y vais dans ces superbêtes, ces mammouths à merde
Y me fracassent le tire-bouchon,
Y m’font rouler leur chariot d’handicapés
J’suis blousé chaque fois avec leurs étiquettes
Et leur prix en « os »de requin, qui disent en baisse
J’dirais plutôt à la baise moi le nœud !
Tu piges ?
J’y suis bien obligé d’y aller dans leurs baisiliques
Y faut bien que je bouffe pour ma survie de pensionné
Des nouilles, du riz soi-disant à bas prix,
A condition que je les prenne par deux où trois sosies…
L’arnaque quoi !
Des fois je leur pisserais dessus
Y en a qui se gène pas pour bouffer leur saleté sur place
Moi j’oserais pas par pudeur
Je veux pas me salir les badigouinsses à grappiller dans leurs paquetons
J’suis pas un crochu !
Tu piges ?
Leurs viandes d’empaquetés, quelle saleté
Sûrement de la remballe !
Elle est souvent moisie et crade dans les coins
Les couillons de chalands sont contents
On les poisonne et ils en redemandent
Moi je suis un petit contaminateur
Je les laisse bien faire leur beurre à ces sumos
Et je leur souhaite que du malheur
Et qu’ils aillent se sucer leurs os
Mais pas les nôtres !
Tu piges ? (à suivre…)
14:50 Publié dans Tu piges ? | Lien permanent | Commentaires (1)
dimanche, 20 mai 2007
Echec et Mat
« Mais n’est-ce pas déjà l’insulter injurieusement que d’appeler les échecs un jeu ? »
Stéfan SWEIG ( Le Joueur d’Echecs )
« Toutes les femmes sont fatales ; on commence par leur devoir la vie, elles finissent par causer notre perte ».
Antoine Blondin ( Certificats d’études )
Echec et Mat
La maison des jeunes ressemble à un ashram.
A l’étage on y chante un fado mélancolique,
Une guitare do sol la ré sol la.
Le bruit du périf est très assourdi.
Ce lieu est un petit paradis.
Dans la salle du bas, des joueurs d’échecs,
très absorbés :
à une table les blancs et les noirs ont roqué.
Les blancs ont le visage hâve et crispé.
Il faudrait seulement que le roi soit dégagé.
Les noirs se pâment, très à l’aise.
Ils mijotent un coup de maître.
Une miss, jupe courte et aguicheuse
entre sans frapper.
Les joueurs la regardent les yeux chavirés.
Les noirs en profitent pour déplacer un cavalier,
et foudroient les blancs, avec un mat à l’étouffé.
On ne joue pas pour gagner ou pour perdre.
On joue pour savoir si on va perdre ou gagner.
Pour ça et pour nous les hommes, les femmes peuvent nous y aider…
14:39 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 18 mai 2007
Du fond des âges
Du fond des âges
D’autres âges cherchent à naître
Le matin plane sur les eaux
Terre âpre de tous nos ancêtres
Leurs combats, c’étaient leurs drapeaux
Terre née dessus le chaos
Plaintes des ruptures célestes
Vous n’avez pas ce beau nom d’arbre
Vallon ignore le vallon
L’oiseau se découvrait un nom
La Parole une ombre qui passe
Les eaux se présentaient de face
L’espérance fleur aux buissons
Dans la salive du langage
La vision de Qui se nommait
Les bouleaux grandissent l’espace
Les montagnes sans leurs sommets
Le mot majesté l’approuvait
L’outil luit comme une cuirasse
Tous ces mots signifiaient Lumière
La nuit obtint qu’on la nommât
On vit des yeux dans les ténèbres
Chaque souffle fut un combat
Le cri qui nous dresse une croix
L’homme prit sa lampe-tempête
Déluge accablant de vocables
Babel effondrée te répond
Le pain la pierre de la fable
Séparer farine du son
Le berger mettra ses moutons
Au ciel à la secrète étable.
Condamnés à planète terre
Cherchant aussi le Merveilleux
Les travaux conduisent aux cieux
Aimons l’esprit moins que la chair
La grande école du mystère
Ceux-là multipliant les dieux
Paysans des mots, des labours
Conduisant l’Eternel sillon
Village, il nous faut des faubourgs
Les mots tristes de nos prisons
Ces mots que nous apprivoisons
Et seuls avec le monde autour
Ce monde à qui donner son âme
Fait la somme de nos raisons
Paysans des mots, des étoiles
Ouvriers en morte-saison
La source où l’eau redevient flamme
Promis à la Rédemption
Chantons au fond des puits aveugles
Encor l’amour et le malheur
Témoins de nos tristes épreuves
Voici plongés dans la douleur
Soumis de l’errance à l’erreur
La mort comme une jeune veuve.
23:00 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (1)
Rêve d'écorce
Rêve d’écorce
Je vois un essaim de paupières
Dans un grand jet d’eau de lumière
Et des ailes en mouvement
Des fronts de lèpres et de pierres
Un monde bleu en bercement
Passants sous les toits de la ville
Des soirs aux lampes difficiles
Des gares où sanglotent des trains
Pour nous un calme domicile
Avec des brouillards du matin
Inquiets les oiseaux de passage
Ils nous rapportent nos visages
Transfigurés des pays froids
Vieilles années dans des sillages
Cœurs glacés, soleil dans les bois.
Ton corps cherche la transparence
Au bord des vallées de silence
Tes mains sur les harpes du vent
Et dans tes yeux tu recommences
A rouler un sable ignorant.
Etés parcourus de fontaines
Migration d’arbres vers la plaine
Rajeunissement du troupeau
Lumineux de joie et de peine
Rêve d’écorce sur ta peau
Je m’avance comme un feuillage
Mon sang continue son voyage
Il soupèse ferme ta joue
Ta chair sculptée à mon image
Un épi entre nos genoux
12:50 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (1)
mardi, 15 mai 2007
Une Milonga à la framboise
Une Milonga à la framboise
Elle vient de décrocher un job,
Pour jouer dans un film.
Il lui faut pour cela apprendre
à danser la milonga.
Elle s’exerce à l’ombre d’un bois de yeuses.
Le soleil darde dru ses flèches de feu.
Elle rentre chez elle,
et derrière une clisse recommence ses pas.
Son amoureux sonne à sa porte.
Ils se mettent à danser la milonga,
sans répit.
Lui est plutôt doué pour la lute et la boxe.
Découragée, elle voit le job lui échapper.
Le metteur en scène lui fait une scène.
Sa milonga ne lui plait pas
Elle se met à pleurer
Pour la consoler,
il lui propose un rôle inique :
cuisiner dans une touque des framboises,
en faire de la confiture,
et la mettre en bocaux.
Pleine de griefs, elle s’exécute, le cœur gros.
Son rôle de cuisinière eut un gros succès.
Les spectateurs oublièrent la milonga.
Ces admiratrices la harcelèrent,
pour avoir la recette magique de sa confiture à la framboise.
Dans la vie aucun rôle n’est inutile, même le plus ingrat.
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