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mercredi, 13 juin 2007

Un Amour Punk

« Partage ma moto chaque fois qu’il fait beau.

Partage mon lit chaque fois qu’il fait gris ».

 Michel Monnereau ( extrait de “M’écrire au journal” )

 

 

 Un Amour Punk

 

 

Ce punk n’est sûrement pas diplômé de l’ENA.

Il gare sa moto, contre une futaille amochée,

Allume un cigare

Prend son temps pour le déguster.

 

 

Il entre dans le resto d’en face,

pour s’envoyer une ventrée de spaghettis.

Il sort bien régalé.

La moto pétarade et le voilà reparti,

pour une grande tournée.

 

 

Sur sa route une jeune et jolie fille brune

le stoppe et lui demande de l’emmener.

Il ne se fait pas prier.

À l’hôtel, ils se font des agaceries toute la nuitée.

Le matin elle sort de la chambre les cheveux verts et jaunes ,

bien fœhnés, et les yeux rouges qui n’ont que trop pleurés.

 

 

Le punk a décidé de la laisser tomber.

Il préfère, cent fois mieux, faire cracher sa moto

que d’apprendre à aimer.

mardi, 12 juin 2007

Un Aigle dans l'Olympe

« Honni soit qui mal y pense ». Èdouard III

 

« L’homme est le seul des animaux à croire à des dieux ».

 

PLATON  Extrait de « Protagoras ».

 

 

 

Un Aigle dans l’Olympe

 

 

 

À toute vibure,

 

L’Aigle prend son envol.

 

Il glapit et trompette

 

Il va droit dans l’Olympe

 

où l’attendent tous les dieux.

 

 

 

Il possède les codes du feu infernal.

 

Vie ou mort, dans une mallette peu banale.

 

Il court sur la géode, à toute vibure

 

Il ne boude ni ne craint les veto.

 

Il les ignore où les envoie aux réaux.

 

Il est le roi ; ses sujets sont ses vassaux .

 

 

 

En bas on l’acclame ou on le maudit.

 

On jette son bonnet dans les cieux,

 

ou on sort les fusils pour le descendre.

 

Et plus vite ce sera le  mieux.

 

 

 

Il a laissé ses aiglons au nid.

 

Ils les reconnaît  tous.

 

Il n’a pas de déni.

 

S’ils sont en danger,

 

l’Aigle se hâte et se précipite.

 

Il ne les veut surtout pas malheureux.

 

 

 

Ses ennemis, quels qu’ils soient,

 

Il  les mettra en bouillie.

 

 

 

 

 

La vie d’un dieu est courte.

 

Il en sortira vainqueur où vaincu.

 

Les chaînes, il ne les connaît pas.

 

C’est lui l’Élu  et il n’a qu’un vécu.

 

Heureux où malheureux.

 

 

 

On a caqué des harengs pour lui.

 

D’un jour à l’autre, il aime où il n’aime pas

 

ses plats favoris.

 

Il vibre où ne vibre pas, devant ses ennemis.

 

Il a un fluide suffisamment nerveux.

 

Qu’on obéisse à ses ordres, c’est tout ce qu’il veut.

 

 

 

Il est toujours agité,

 

rarement aigri.

 

C’est lui l’Élu des dieux.

 

Il passe peu de temps dans son sofa.

 

Il vit dans l’olympe du haut et du bas.

 

Il en sortira, dans cinq ans, grandi ou malheureux.

 

La jarretière de sa reine bien accrochée.

 

« Honni soit qui mal y pense ».

 

C’est le destin de tous les dieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Suicide aux brocolis

« Chacun sait, au moins par ouï-dire, qu'il y a des perceptions trompeuses » (Alain).

 

 

 

 

 

Suicide aux brocolis

 

 

Il a jeté sa pelisse sur une chaise,

Il était en pleine transe.

Il a décollé d’un geste brusque

le patch sur son bras droit,

pour l’aider à ne plus fumer.

Il a donné un coup de pied à son corniaud

qui s’est effacé sans bruit,

par habitude.

Il s’est envoyé trois sakés dans le gosier

Il s’est mis à délirer sur sa femme,

une chinoise dégotée au bal des pompiers.

 

 

Elle l’a plaqué, après lui avoir donné le goût du saké.

Il ne lui a rien légué.

Elle ne lui a laissé que des brocolis mal cuits.

Il a ôté ses souliers en l’injuriant.

Il s’est endormi en ronflant.

Son corniaud s’est couché entre ses jambes.

 

 

Quand il s’est réveillé,

il s’est envoyé trois sakés.

Il a tourné le bouton du réchaud à gaz,

pour faire cuire les brocolis.

Son corniaud a aboyé, aboyé, aboyé.

Il lui a donné un furieux coup de pied.

Il a zappé sur la télé

qu’il a regardée distraitement.

 

 

En allumant une cigarette,

la maison a explosé.

Il n’avait pas mis le feu sous les brocolis.

Son corniaud l’avait pourtant averti.

La maison fut rasée à mort.

Aucun survivant !

 

 

On a raconté qu’il s’était suicidé,

pour sa chinoise.

La rumeur raconte n’importe quoi !

lundi, 11 juin 2007

Un Inuk Cucu

« Un homme qui n’est jamais idiot n’est pas tout à fait humain ».

Gonzales Torrente Ballester

   

Un Inuk Cucu

 

Un inuk cucu, fada, ivrogne

et mauvais chrétien.

décida de faire une blague au curé.

Il s’introduisit dans l’oratoire désert,

but le vin de messe,

et le remplaça par du rhum,

en se disant :

même le pape n’y verra rien à Rome.

 

L’affaire fut éventée…car il s’en vanta…

 

Il alla pour la première fois à la messe,

et se mit au premier rang.

Le curé prêcha sur les noces de Cana.

Et à l’ite missa est ,

il fit semblant de trébucher…

 

Notre inuk était aux anges…

 

Le curé s’empressa d’aller chez l’inuk

en catimini.

Il remplaça son rhum par de l’eau bénite.

Ainsi une deuxième messe fut  dite…

 

Très vite, le fada se rendit compte

du changement.

Il en tomba sur le cul,

et devint moins cucu

Il cria sur tous les toits

le deuxième miracle de Cana.

Les habitants jouèrent le jeu évidemment.

 

Dès le premier dimanche,

on ne reconnut plus l’inuk.

Il assista à la messe, aux vêpres,

et ce fut ainsi tous les dimanches.

Depuis, les habitants le considèrent beaucoup moins débile…

 

Le faux miracle l’a rendu intelligent.

Il s’est mis à l’étude de la bible… sérieusement,

une cuculle sur la tête.

 

Avec son capuchon, il se prend pour un moine sage et savant.

         

samedi, 09 juin 2007

Le Huron, la Virago et le Puma

« Qu’il est curieux que la frayeur soit si souvent causée par l’inattendu ».

Théodore ROSZAK ( Les mémoires d’Elisabeth Frankenstein )

 

 

Le Huron, la Virago  et le Puma

 

 

Un huron violonait ses partitions,

posées sur un pal de jade.

Un chien aboyait sur ses miaous.

Au fur et à mesure, le paysage se rapiécait .

 

 

Une virago édentée hésitait à manger des fruits blets.

Un eyra, natif du Brésil, rôdait dans les parages.

Elle se mit à fumer sa pipe.

Le puma finit par apparaître,

fasciné par le violon.

Une odeur de monoï le fit fuir.

Il renversa le pal de jade et les partitions.

 

 

Il cherchait de toute évidence un weld herbeux.

Ici, il ne trouvait qu’une terre, chargée de wad et de sulfite.

 

 

Terrorisé, le huron tomba sur le cul

et cassa son violon !

La virago, affamée, s’est mise en quête d’une nouvelle pipe.

 

 

 

 

vendredi, 08 juin 2007

L'Amour au Palan

L’Amour au Palan

 

Il était très obèse,

aussi lourd que de la fonte.

Pour lui, ce n’était pas toujours gai,

et encore moins la fête,

malgré ses yeux azurés.

 

Il avait un mal fou à se dépoter

de son fauteuil, conçu spécialement.

Sortir, il en abusait rarement.

On le zieutait comme un éléphant.

Il se drapait, plus qu’il ne s’habillait.

Il ne pouvait faire autrement.

 

Un jour dans la rue, à la boîte postale,

des galopins lui lancèrent , pour lui faire mal :

« Tu niques comment ? »

Il aurait bien voulu les envoyer paître,

mais il baissa la tête honteusement.

 

Arrivé chez lui il se posa la question.

Il invita une pute obèse.

Il ne pouvait faire autrement.

Ils essayèrent toutes les positions.

Ce fut un enterrement !

Ils eurent alors une idée génitale :

Il commandèrent un palan.

et ils s’y prirent autrement.

 

Alors là, ce fut un vrai festival !

 

Vous êtes bien trop curieux.

Je ne vous dirai pas comment.

jeudi, 07 juin 2007

Une Gnose Fatale

« Toute foi nouvelle commence par une hérésie ».

Robert ARON

 

 

Une Gnose Fatale

 

 

Pour l’apéro, le boy se demande

comment on peut hésiter,

entre un Tokay et un Ricard.

 

 

Pourtant son maître hésite,

à moins qu’il ne soit distrait…

Il attend calmement sa décision.

 

 

Le maître est plongé,

dans sa nouvelle gnose.

Un spécialiste de la question.

Il l’a dédiée à toutes les religions.

Elle a été éditée, rééditée.

Il craint sans doute de l’ébrécher,

ou de s’y engluer, à force d’y penser.

Elle a été très critiquée et même huée !

Les ingrats ! ils ont osé !

 

 

Un imam criard l’a très mal reçue.

Hérésie ! hérésie ! hérésie !

Il lui lance une fatwa.

 

 

Par un beau matin, le maître,

devant des buissons-ardents,

reçoit deux balles :

l’une en plein front,

l’autre en plein foie.

 

 

Un comble !

Pour cet homme qui avait mis,

dans cette gnose,

toute sa tête et toute sa foi.

 

 

mercredi, 06 juin 2007

Sale temps !

« Le mauvais temps semble toujours pire lorsqu’on le regarde à travers une fenêtre ».

John Kieran

 

 

Sale temps !

 

 

La météo et le news annonçaient du mauvais temps,

comme, l’année dernière, à la même époque.

 

 

L’écuyère minauda son cheval.

Celui-ci fit un volte-face,

désarçonna sa cavalière,

dans les parterres. 

 

 

Elle le cravacha.

Il fit un bon

Elle recula

Il lui envoya une ruade vicieuse

qui la tua net.

Sa bombe roula dans les bégonias.

 

 

Un vent effroyable balaya tout sur son passage.

 

 

Une tuile se détacha d’un toit,

et tua net un malheureux grand-père.

 

 

Quand on vous le dit !

La météo et le News ne se trompent jamais.

 

 

 

 

mardi, 05 juin 2007

Un Vaudou équin

« Je ne suis pas superstitieux, parce que la superstition ça porte malheur ».

André Jeanson

 

 

« La superstition porte malheur ».

Paul Carvel ( Jets d’Encre )

 

 

 

 

Un Vaudou équin

 

 

Le dioula avait un visage équin.

Enfant, il avait maltraité les chevaux.

Il vendait souvent des pommes surettes.

Un togolais mécontent lui promit

l’œil  mauvais du Vaudou.

Le dioula eut très peur.

Il s’amenda pour esquiver le coup.

Nib !

 

 

Il se mit à bigler,

l’hélix de ses oreilles à enfler,

ses membres à s’effiler

 

 

Il alla voir une prêtresse Vaudou,

pour se faire désenvoûter.

Elle le regarda de la tête aux pieds,

fit amener un cheval pur sang.

Elle lui ouvrit le ventre d’un coup de sabre,

et demanda au dioula de se coucher dedans.

Tout tremblant il s’exécuta.

Sur une incantation le ventre se referma,

et le cheval ressuscita.

 

 

C’est à nouveau un très beau pur sang,

 

avec un seul petit défaut : Il bigle un peu .

 

 

 

La Sagesse du Relieur

« La société la plus spirituelle n’est pas celle que les tailleurs,  mais celle que les relieurs habillent ».

Jean-Paul Richter ( Extrait de Blumen, Frucht und Dornenstücke).                        

« Tous les êtres vivants sont bouddha et ont en eux Sagesse et Vertu ».

Bouddha

 

La Sagesse du Relieur

 

Quand je suis rentré chez mon relieur,

celui-ci glairait la couverture d’un gros livre,

aux armoriales japonaises étranges.

Il m’expliqua la technique du blanc d’œuf.

 

Je lui confiai un vieux livre des Fables de la Fontaine,

à relier.

J’étais devenu son ami.

Il me proposa de visiter son parc, derrière son atelier.

Il s’arrêta devant une mare, où folâtraient des nèpes.

 

Assis sur un banc liégeux, face à l’eau miroitante,

il me parla de ses dernières lectures, sur le shintoïsme ,

et des kamis, ses êtres supérieurs.

 

Un moment, je fermai les yeux et me mis à rêver.

Quand je les rouvris, la mare avait disparu,

et un vieux sage aux cheveux blancs me souriait,

assis sur un grand nénuphar.

 

Il me dit : « La vie n’est qu’un rêve. Il faut simplement ,

à tout instant, penser à être heureux, et méditer souvent,

en fermant les yeux ».

 

Le sage s’évanouit et mon relieur me sourit en me disant :

 

« Vous l’avez vu, j’en suis sûr. Il n’apparaît qu’aux gens

qui rêvent en fermant les yeux. Jean de la Fontaine connaissait

sûrement le rêve éveillé. Sans cela, ses fables ne seraient pas

aussi merveilleuses ».

 

Mon relieur est un sage. Il est aussi mon ami et je l’aime.

Je lui confie non seulement mes livres,

mais aussi mes joies et mes peines,

que mon ciel soit bleu ou nuageux.

Et la réciproque est vraie…

 

« Une amitié née des affaires vaut mieux qu’une affaire née de l’amitié ».

David Rockfeller

           

dimanche, 03 juin 2007

Le Ninja et la buse

« C’est de ta peur que j’ai peur ».

William Shakespeare

 

Le Ninja et la buse

 

Un ninja drayait son champ pour le houer,

en mangeant des relishs.

 

Soudain, dito se défila à l’approche d’une buse

qui planait dans le ciel.

Il fit un vilain quart de tour et tomba dans des gouets.

 

L’affreuse bête  malvenue bouéla et fonça

sur un cargo salope qui dégazait.

La buse asphyxiée tomba

et  creva dans un égout.

 

Le ninja se remit aux arts martiaux

et abandonna son champ pour toujours.

 

Moi, j’étais loin de tous ces évènements,

en plein exam sur la langue inuk,

et envoûté par le twist et le bop.

J’ai bien réfléchi,

je vais m’inscrire aux arts martiaux :

Je crains énormément les buses.

       

samedi, 02 juin 2007

L'Esprit du Guépard

 

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« La superstition est un peu plus humaine que la religion, parce qu’elle manque de morale »

Remy de Gourmont, “Pensées inédites”

 

L'Esprit du Guépard

 

Un guépard se promène,

au. milieu des sylvies.

Un hibou sur sa branche observe le fauve.

Il se tient tranquille

La forêt est silencieuse et reposante la nuit.

 

Dans un étang,

un malart et un coq de bruyère

s’envolent en troublant le silence.

Ils ne tiennent pas à servir de rumstecks.

à ce métèque.

 

Le lendemain, un émondeur

découvre le gîte du guépard. 

Il prend ses jambes à son cou

et ameute le peuple thaïs.

 

On s’arme et on bat la forêt.

Un tireur aperçoit le guépard.

Il ose le tir, le vise et le tue.

On fait la fête toute la nuit.

Le sorcier se penche sur les os du guépard.

Le pronostic est mauvais.

Il parle de fantôme, d’esprit…

Depuis les thaïs sont moins zen.

Il ne sortent plus la nuit,

et ne s’aventurent plus dans la forêt.

Les anciens disent :

« Ce guépard ne nous avait pas  fait de mal,

pourquoi l’avoir détruit ? C’était notre grigri !».

Le peuple thaïs n’est plus le même.

L’esprit du guépard les hantent jour et nuit.

jeudi, 31 mai 2007

Pygmalion

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Jean Chauchard  

http://www.jeanchauchard.com/

 

Pygmalion

 

Prendre un tronc d’arbre de mille ans

Tailler le bois en sens contraire

Sculpter ton buste brute et le peindre

À grands coups jetés de pinceau

 

Tes seins rouges ton sexe rouge

Attendre que ma joie jaillisse

Et poser sur ton cou ta tête

Que je tiens serrée sous mon bras

 

Et que ma volonté soit faite

Et que tu sois la plus parfaite

Que ton corps baigné de lumière

Eblouisse la terre entière.

 

Aphrodite donne-lui vie !

Vénus donne lui ta beauté !

Que ce bois sacré se prosterne

Devant moi, Pygmalion, son Dieu.

   

mardi, 29 mai 2007

La Veuve Rouge

« Les amants à la longue deviennent des maris ».

Catherine Bernard (Riquet à la Houppe).

 

 

« Les femmes ont autant de façons d’aimer que d’amants, de sorte que chacun peut croire qu’il est le premier ».

Alfred Capus

 

 

 

 

La Veuve Rouge

 

 

La jeune veuve, dégantée de noir,

a peint, de rouge, son corsage,

ses lèvres et ses joues.

Le noir ne lui allait pas.

Fière, elle se relooke.

 

 

Dans la zup les hommes  reluquent

ses souliers rouges à talons hauts,

ses bas à résilles et sa jupe d’un jaune

violent.

.

Ils ont des pinçures au cœur.

Ils la flairent ouverte et gémissante.

 

 

Son jules dessinait des bédés.

Il a été dessoudé par qui ? pour quoi ?

Ses seuls défauts :

D’afficher son athéisme à tous crins

et d’exhumer trop souvent

ses vieilles bédés invendues.

De plus, il s’adonnait soi-disant à l’héro…

 

 

Stop les sabliers ! Stop les pendules !

 

 

La veuve s’est arrêtée.

Elle caresse l’or de son collier.

Elle jette un coup d’œil à la fenêtre haute

d’un immeuble

La veuve rouge a un amant !

Tous les hommes suivent son regard

Un jaloux serre déjà les dents.

Il y aura beaucoup d’amoureux marris :

Mais, qu’ils se consolent,

une femme se lasse plus vite d’un amant que d’un mari.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Teilhard de Chardin

Un jour, quand nous aurons maîtrisé les vents, les vagues, les marées
et la pesanteur, nous exploiterons l'énergie de l'Amour...

Alors pour la deuxième fois dans l'histoire du Monde,
l'homme aura découvert le feu.

Teilhard de Chardin

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lundi, 28 mai 2007

Un Amour de Tiki

 

 

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« C’est la destinée de l’homme que de faire des dieux, toujours plus croyables, où il croira de moins en moins. » Jean Rostand ( Pensées d’un Biologiste)

Un Amour de Tiki

Le polynésien bornoya le tiki,
et d’un coup lui planta son épieu,
en plein front.
C’était sa façon à lui
de dire son oraison funèbre,
à ce dieu qu’il avait tant imploré.

Une octave d’attente, après sa supplique,
et il souffrait toujours d’asialie.
Sa prière était restée sans suite.

Un ovate consulté en Gaule.
Rien n’y fit. !
Les conseils d’un juif :
Se recouvrir la tête d’un toled.
Rien n’y fit !
Il était prêt à tout pour retrouver la santé.

Il trempa sa tête en furie,
dans une vasque naturelle,
et il eut une illumination.

Il retourna penaud vers le tiki.
Retira son épieu,
Lui mis un gros pansement,
Lui demanda pardon.

Le tiki tangua, comme un dieu ivre,
et le polynésien retrouva sa salive.

Ne faut-il pas brutaliser un peu nos dieux,
que nous avons créés, pour qu’ils nous exaucent ?

vendredi, 25 mai 2007

Le Giton et la Guenon

« On ne peut nier que la femme a distancé la guenon plus que l’homme le singe ».

Jacques DEVAL ( Afin de Vivre Bel et Bien)

 

 

Le Giton et la Guenon

 

 

Dans un bouchot, sous les embruns, un giton typé,

avec du  blush sur les joues et qui se drogue à  l’héro,

regarde à la jumelle une guenon.

Elle fume un houka et boit de l’ouzo, sur la plage.

Il se dévase et tout flapi, arrive à ses côtés.

Il  lui montre ses biscotos et lui demande son cursus.

Elle le regarde tel un wali en face du dey.

 

 

Il lui remixe la question en plus adulte, avec des gestes ixés.

Elle l’élude, calée sur son derrière.

Il lui propose, avec ses poings, de monter sur le ring.

Futée, cette fois, elle ne se fait pas prier.

Zou !

Il l’attache avec un fune et l’entraîne dans son living.

Telle une hase, elle couine dans le nid du giton,

les jambes en compas et en rhumb.

Excitée, elle crève un paquet de farine qu’elle panifie.

Depuis, elle lui coud ses boutons,

conduit  sa vespa,

l’interdit de jeu,

l’aide à passer ses examens,

et lui sert de vigile,

pour le préserver des assauts de ses ex-partenaires.

 

 

Le soir, ils chantent en chœur des chansons paillardes,

en buvant de l’ouzo et en fumant de l’héro curide avec un houka .

Ils font un boucan du diable !

Les voisins envisagent de les transférer chez les dingues. 

jeudi, 24 mai 2007

Le Garde Champêtre

« Après tout, il faut avoir une jeunesse. L’âge où l’on se décide à être jeune importe peu… »

Henri Duvernois ( La Brebis Galeuse)

 

 

 

 

Le Garde Champêtre

 

 

Le garde champêtre est à la retraite.

Il souffre d’une maladie tubaire.

Sa femme lui a fariné son képi

et mis sous clé son pétun.

Il répand une odeur de tabac vomi.

 

 

Elle a décidé d’apprendre le slow,

et de se faire faire un lifting.

 

 

Ils se sont mariés à Cayenne.

Lui, gardien du bagne, il sacquait dur.

Elle, décousait ce qu’elle avait décousu.

 

 

Il savait bien que sa femme un jour fanerait.

Il ne pensait pas si vite.

 

 

Il se mit à fréquenter un dojo,

à courir, à marcher,

Bref, à rajeunir,

et sa maladie à périr.

 

 

Sa femme point ne s’en aperçut.

Un jour, lui,  il fit le point

et s’éclipsa avec une jeune fille d’un pays lointain.

 

 

Son garde champêtre a pris la poudre d’escampette,

sans tambour ni trompette.

 

 

Il n’est pas prêt de revenir.

 

 

Sa femme n’a pas les moyens pour un lifting.

Elle mange des pommes reinettes à tous les repas.

Il paraît que ça aide à rajeunir et à maigrir.

 

 

Elle raconte partout que son mari reviendra,

la tête basse et la queue entre les jambes,

quand sa pute n’en voudra plus.

 

 

Les gens opinent du bonnet, mais n’en sont pas si sûrs…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

lundi, 21 mai 2007

Marins Relous

« Je sais nager juste assez pour me retenir de sauver les autres ».

Jules Renard

 

 

« Dans un incendie, entre un Rembrandt et un chat, je sauverais le chat »

Alberto Giacometti

 

 

 

 

Marins Relous

 

 

La mer déteste les marins relous.

Il faut savoir amurer son foc

Renifler le zef  et les remous

Barrer sans équivoque.

 

 

Pas nécessaire d’être de l’amirauté

Avoir une casquette à gallons dorés

La mer peut être étale ou secouée

Restez zen, gai, mais toujours prudent

 

 

Bref ! naviguez joyeux

Lâchez du lest de temps en temps.

Les rochers, ne les perdez pas des yeux

Louvoyez, épiez les phares et les courants.

 

 

Contre les requins, serrez les dents.

Soyez dans le vent ! jour et nuit

Je vous conseille tout cela aujourd’hui,

Car j’ai sombré avec ma femme et mon chat.

 

 

J’étais un marin d’eau douce, un marin relou.

Pour revoir ma dulcinée à la Guadeloupe,

J’avais loué un vieux rafiot.

Il repose à plusieurs pouces au fond de l’eau.

 

 

J’ai réussi à m’en tirer à la nage,

En pagayant tant bien que mal,

À cheval sur le grand mât. Mais rassurez-vous,

J’ai réussi, malgré tout, à sauver mon chat…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tu piges ? (3)

Tu Piges ? (3 ) ( divagations sur les grandes surfaces…)

 

 

Moi j’y vais dans ces superbêtes, ces mammouths à merde

Y me fracassent le tire-bouchon,

Y m’font rouler leur chariot d’handicapés

J’suis blousé chaque fois avec leurs étiquettes

Et leur prix en « os »de requin, qui disent en baisse

J’dirais plutôt à la baise moi le nœud !

Tu piges ?

 

 

J’y suis bien obligé d’y aller dans leurs baisiliques

Y faut bien que je bouffe pour ma survie de pensionné

Des nouilles, du riz soi-disant  à bas prix,

A condition que je les prenne par deux où  trois sosies…

L’arnaque quoi !

Des fois je leur pisserais dessus

Y en a qui se gène pas pour bouffer leur saleté sur place

Moi j’oserais pas par pudeur

Je veux pas me salir les badigouinsses à grappiller dans leurs paquetons

J’suis pas un crochu !

Tu piges ?

 

 

Leurs viandes d’empaquetés, quelle saleté

Sûrement de la remballe !

Elle est souvent moisie et crade dans les coins

Les couillons de chalands sont contents

On les poisonne et ils en redemandent

Moi je suis un petit contaminateur

Je les laisse bien faire leur beurre à ces sumos

Et je leur souhaite que du malheur

Et qu’ils aillent se sucer leurs os

Mais pas les nôtres !

Tu piges ? (à suivre…)

 

 

 

 

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