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mercredi, 12 novembre 2008

Hérodiade -L'égérie noire de mon PDG -

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Hérodiade ( l’égérie noire de mon PDG)

 

C’est une vraie Hérodiade.

Elle a agrippé son Hérode Antipas.

Elle est le secret interne,

Et la  maîtresse de mon PDG.

Si vous déplaisez à cette intrigante

Votre tête est irrémédiablement coupée.

Cette punaise est une malédiction !

Mais quand donc recevra-t-elle sa punition ?

Mon PDG est un homme faible.

Les artifices de son Hérodiade

Le rendent complètement benêt.

 

Plusieurs têtes sont déjà tombées :

Des rivales ou des hommes trop influents,

Trop perspicaces, quant à ses manigances.

Les procès des têtes coupées ne lui font pas peur.

Mon PDG paie rubis sur l’ongle ;

Il est loin d’être fauché…

 

Je vous avoue en toute confidence :

Je me suis amouraché de cette punaise.

Je lui fais honteusement un brin de cour.

Elle adore qu’à son cœur on roucoule.

Demain soir je vais lui faire sa fête :

Je vais l’accueillir dans mon deux pièces,

L’embobiner, la renverser, l’enivrer de baisers.

 

Elle va ramper à mes pieds.

Me manger dans la main,

Et se mettre en levrette.

Bref, je vais la déculotter, et l’en…..

 

Lui faire subir tous les sévices de mes vices,

Lui faire perdre complètement la tête.

Je sauverai ainsi la mienne,

Pas toujours bien ajustée...

 

O ma douce, ma divine, tu vas m’idolâtrer.

Je vais te faire croire assurément

que je suis ton bon toutou à tes pieds.

Tu n’y verras que du feu ma belle !

Je te ferai croire que je t’aime.

Je vais, sur toutes les coutures, te niquer.

 

Tu raffoles de l’amour pervers, sado/maso.

Je serai ton maître et toi mon esclave.

Je vais te souiller, te saigner à coups de fouet,

T’enchaîner, te faire crier, t’en faire baver.

Je vais pétrir tes gros nichons,

Et y mordre à pleines dents.

Tu vas jouir immonde cochonne,

Et braire comme une truie qu’on égorge.

Par tous tes orifices tu vas exulter !

Tu me supplieras encore et encore de t’en redonner.

Salope, tu n’es qu’une horrible punaise,

Et comme telle, mon jus, mêlé à ton jus,

Je vais, avec délice, sale garce t’écrabouiller…

 

Signé : Zorro et Cie pour nous venger.

 

 

 

 

 

 

 

mercredi, 04 juin 2008

Métamorphose

Métamorphose

 

Charogne ce vent !

Il pue et il s’évente !

La fosse vomit son purin.

La ferme a fermé tous ses volets.

Ils auraient grand besoin d’être peints.

 

Soudain , elle apparaît :

Robe longue à fleurs et à volants

Souliers rouges à hauts talons

Une tzigane sûrement

Le port princier

Ses cheveux d’or dans le vent.

Un seau à la main

Elle va au puits puiser de l’eau

 

J’en reste coi et tout ballot !

 

Les volets deviennent bleus

Des hortensias poussent dans le purin

Mes narines hument un parfum de jasmin.

 

La petite ferme est métamorphosée.

La poulie du puits me chante un refrain.

Coquin ce vent, très très coquin !

 

lundi, 02 juin 2008

C'est un rêve, une caresse

 

C'est un rêve, une caresse

 

C'est un rêve, une caresse
Le bruissement de l'eau sur les cailloux
Ton souffle, au creux de mon oreille
Et ta voix, comme un doux bruissement d’abeilles

 

Des chansons d’enfants dans le verger
Des cris de joie dans le ruisseau
Des chants d’oiseaux que personne ne dérange
Et cet orage qui soudain gronde sur le clocher.

 

Dans le soleil, des cœurs qui chantent à l’unisson

Un aboiement de chien à la lune enrobée d’or
Un berger qui appelle une brebis égarée

C’est tout ça  et bien d’autres choses encore

 

Qui me font t’aimer.

 

C’est un rêve une caresse

Toi mon amour qui m’émeut et me ravit

Je te serre dans mes bras et te roule dans mes draps

Toute joie et lumière retrouvées

 

Comment pourrais-je vivre sans toi

Comment pourrais-tu vivre sans moi

On ne serait que des miroirs déformés

Nous ne sommes que deux cœurs enlacés

 

C’est un rêve une caresse

Un nuage rose dans notre ciel d’automne

Des flocons de neige dans nos cheveux

 Et la promesse d’un hiver chaud et  heureux.

 

Rien ne pourra nous empêcher de nous aimer.

 

 

 

vendredi, 25 avril 2008

Absence de Toi

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Absence de Toi

 

Etreintes abstraites

Bien loin des fusions charnelles

Orgasmes d’images...

   

Absence de Toi

 

Je cire mes mots.

Je les griffe je les bats.

Je leur donne vie et les étrangle,

Sur ton corps absent, loin de moi.

 

Dans la poussière du soleil,

Vautré sur mon lit,

Je t’attends,

Enroulé dans mes draps.

 

Tu passes distraite,

Dans le miroir de ma chambre ,

Sourire aux lèvres,

Provocante…

 

La lumière sculpte,

A son gré nos lits nomades,

Dans tous les hôtels,

De notre passé d’errance.

 

Ce fauteuil doré

Où nos deux corps enlacés

Se sont mis à crier

Au cours d’une chevauchée flamboyante.

 

Cette nuit une étoile posée sur ton front

A illuminé ton corps assouvi et ton visage souriant..

La fenêtre grande ouverte sur l’été étouffant

A battu toute la nuit comme nos deux cœurs.

 

L’orage grondait bien trop loin

Oublieux de tout,  nous ne redoutions rien.

 

Dans le matin radieux,

Main dans la main,

La mer à nos pieds s’est enroulée,

Comme mille serpents

Qui devaient à tout jamais nous désunir

Dans un immense désarroi…

 

(Notre jeunesse insouciante déplaisait bien trop aux bourgeois…)

 

vendredi, 04 avril 2008

Sainte Catin

Sainte Catin

 

Tu jouis en bites.

Ta bouche se targue de gui.

Ta langue furète et serpente,

Dans les cavités mâles intimes.

 

Tu es payée pour le faire,

Mais ton plaisir est intense.

Tu te fais lécher le croupion,

Et tu y prends du plaisir.

 

Ton clitoris sonne les clochettes.

Ton vagin exulte d’un jus exquis.

Tes seins se tendent et grossissent,

Pour être pétris par des mains

Fines ou grossières.

Qu’importe tu y prends du plaisir.

 

Tu ne commets pas le péché.

Marie-Madeleine avait trop de scrupules.

Et tu n’es pas une femme adultère.

Ton jules du moment en est fier,

Tu lui apportes du grisbi.

 

Sur ton corps d’albâtre,

On bande, on mord, on lèche, on suce...

Aucune bave spumeuse,

Aucune morsure ne te salit.

 

On prend plaisir en ta compagnie.

Tu écoutes les plus infâmes délits,

Les grandes détresses du lit.

Tu acceptes les plus ignobles orgies.

Quand tu te reposes, tu souris,

Repue, contente du travail accompli.

 

Tu es une sainte,

Catin sans vergogne, certes…

Mais pleine de compassion,

Pour ces hommes perdus,

Qui sans toi,

L’amour serait un délit…

   

mercredi, 02 avril 2008

Une vierge aux abois

Une vierge aux abois

 

Chasublée de roses

Cœur épris au petit matin

Dans ses voiles de vierge

Elle râle sous ses draps

 

Les yeux pleins de confettis

Dépucelée de ses doigts

Elle lance des cris de biche

Prise dans les rets de sa chair

 

L’homme ne viendra pas encore

L’aube n’est pas assez parfumée

De phéromones mâles

Elle attendra un matin de hussard

 

De bottes de barbe et de violence

C’est ce qui lui faudra à cette biche

Pour lui déchirer ses voiles

Et la faire crier dans son sang

 

Alors les cors sonneront

La forêt la déshabillera

Un soleil triomphant sur les cuivres

Lui écartera ses cuisses toutes grandes

 

Pour se donner corps et bien à son hussard

Un homme de passage un homme des bois

Qui la laissera exsangue pour un certain temps

Car une vierge déchirée n’attend pas…

 

Elle renfile de partout les phéromones mâles …

   

jeudi, 31 mai 2007

Pygmalion

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Jean Chauchard  

http://www.jeanchauchard.com/

 

Pygmalion

 

Prendre un tronc d’arbre de mille ans

Tailler le bois en sens contraire

Sculpter ton buste brute et le peindre

À grands coups jetés de pinceau

 

Tes seins rouges ton sexe rouge

Attendre que ma joie jaillisse

Et poser sur ton cou ta tête

Que je tiens serrée sous mon bras

 

Et que ma volonté soit faite

Et que tu sois la plus parfaite

Que ton corps baigné de lumière

Eblouisse la terre entière.

 

Aphrodite donne-lui vie !

Vénus donne lui ta beauté !

Que ce bois sacré se prosterne

Devant moi, Pygmalion, son Dieu.

   

jeudi, 22 mars 2007

Le Mat et la Gitane

 

 

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Le Mat et la Gitane

 

J’ai assouvi ma soif, ma faim,

À ton printemps trop vite éclos,

À ta virginité pesante,

Et au vin noir de ta luxure.

 

Tu me jetais un œil sauvage,

Regard hautain, sans complaisance ,

Dans la roulotte du tarot,

Où trônait le cristal du Diable.

 

Tes cartes parfois biseautées

Tiraient soit l’amour où la mort

La réussite où la faillite,

Avec une aisance hasardeuse.

 

L’Arcane sans nom, l’Amoureux,

La Lune, avec la Maison Dieu,

  toute autre lame majeure,

Charmaient tes instincts de gitane.

 

En Papesse majestueuse!

Couverte d’or de pacotille,

Coiffée d’un fichu exotique,

Tu subjuguais tes consultant(e)s.

 

Tes longues mains fines, volages,

Endurcies aux peurs et aux larmes,

Brassaient et retournaient les cartes,

Sans remords sur leur destinée.

 

Un soir d’orage et de brisure,

L’enfant qui remuait dans ton ventre

Fut englouti dans un siphon

De sang, de chair et de souillures.

 

Il est retourné sans un cri

Dans les limbes, chez les exclus,

Dans l’espoir la prochaine fois

D’un tirage en croix plus clément :

                                                          

Revenir pour danser avec Le Monde,

Sur la terre, dans l’air, l’eau et le feu.     

 

Nos deux cœurs, meurtris, divisés,

En désarroi et en charpie,

Se demandent toujours pourquoi

Notre ombre est plus grande que nous.

 

« Ô gitane tu ne vois qu’une petite portion des images.

   Il n’y a que Dieu qui voit la totalité des arcanes ».

 

 

Le Mat a repris son chemin,

Son  bourdon et son  baluchon.

Il s’est lancé à la conquête

Des moulins à blé du Soleil.

 

   Gaudeamus

   

mercredi, 14 mars 2007

Le cerisier

 

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Le cerisier

 

Il est toujours là

Le poids de son ombre sur tes yeux

Le murmure de ses feuilles dans tes cheveux

Le sucre de ses fruits sur tes lèvres.

 

Il est toujours là

L’échelle appuyée à son tronc

Tes jambes douces, blanches et nerveuses aux barreaux

Mon regard empli de trouble, sous ta robe fleurie.

Des cerises, pendants à tes d’oreilles et ton large sourire.

 

Il est toujours là

Gravé de nos serments et témoin du bonheur enfui.

Plein de nos baisers de fruits rouges,

Confident  de nos jeux interdits, sous son feuillage parure,

Aux branches luisantes, noires, striées de blanc

Où défilent, gardiennes du mémorial, des colonies de fourmis.  

 

Il est toujours là

L’échelle un peu branlante

Secoué par le vent

Picoré par les merles

Brûlé par le soleil

 

 Il est toujours là

Des enfants y viennent parfois

Reproduire nos jeux de mémoire

Se cacher derrière son tronc

Pour échanger, au cœur du cerisier,

Des promesses solennelles, condamnées à l’exil.

 

 

                       

vendredi, 02 mars 2007

Soleil noir

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                                                "TROU NOIR" de Clotilde Chabaud-Sauvage (décembre 2005)

http://www.atelierdeclotilde.fr/

Soleil Noir

 

Un éclair froid dans ses yeux

bleus.

 

Sur son front, une mèche rebelle

blonde.

 

Un blouson de cuir marron,

mal fermé, égratigné par le temps.

 

Jean bleu, cendré,  troué, délavé, trop grand.

 

Des bottes rouges, à talons plats.

 

Une cigarette cassée à ses lèvres

rouges.

 

« T’as du feu mec ? »

« Je ne fume pas »

« T’es un trouduc ! »

« Si tu le dis… mais toi t’es belle, comme un soleil noir !»

«  Ah bon, si tu le dis…mec ! »

 

Soudain !

Des myosotis dans ses yeux.

Des flammes d’or dans ses cheveux.

Un sourire de pivoine, sous une coulée de neige…

 

Brutale, elle me tourne le dos, en me lançant :

           « Je te la souhaite bonne, mon mignon ! »

 

La ruelle étroite et sale prend un air de fête.

Dans le bar d’en face, le saxo de John Coltrane

joue des notes, rudes et rauques…Une merveille !

 

Je repars, persuadé que les soleils noirs cachent des trésors.

 

 

Gaudeamus

   

mardi, 20 février 2007

Rencontre

 

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Rencontre

 

Elle à les cheveux blonds ,

collés au chapeau.

Un œil bleu sur la joue droite.

Le nez dans l’autre œil

Les dents peignent ses cheveux

La bouche sur le front.

Une marguerite au menton.

Une oreille pendue au plafond.

L’autre écoute du jazz sur un grille pain.

De son sein gauche, très généreux,

coulent du miel et des abeilles.

Son sourire est partout.

Dans  les rideaux, Chagall a épinglé des anges,

pour emmerder Picasso.

Elle est plus femme que jamais.

Je ne la connais pas encore.

Ses doigts dansent sur un clavier d'ordinateur.

Ses pieds tricotent des nuages légers.

Elle chante et crie  à toute la planète

Qu’il faut la remettre sur pieds.

 

Je recolle les morceaux.

L’habille, la déshabille,

La coiffe, la décoiffe,

Je lui coule une robe azur,

piquée de petits pois verts.

Coup de foudre !

J’en tombe complètement cinglé.

Je cours l’épingler sur « Amoureux.com ».

     

vendredi, 04 août 2006

Porte-malheur

 

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Porte-malheur

 

Elle était jeune

Elle était belle

Le temps n'avait aucune prise sur elle

Elle l'ignorait

Et pensait le contraire

Elle se trouvait laide

L'amour l'a prise par surprise

Il incendia son cœur

Ce fut son malheur

Celui qu'elle aimait

Ne l'aimait pas

Elle alla se pendre un 1er mai

A un brin de muguet.

Un quidam de passage

Lui montra un soleil de pissenlit

Elle lui remit son âme dans un sourire.

 

mercredi, 08 mars 2006

Amour de neige

 

Ce matin, le soleil  est comme un œuf crevé

Qui couve sous la cendre, au bas de l'horizon.

Des crinières de givre encerclent tous les arbres.

Sur les chemins bouclés, on casse du cristal.

On ratisse les toits, on écroule les tuiles.

Les couteaux de la nuit taillent dans le silex.

 

Tu es à la fenêtre, Ô mon amour de neige !

Tes cheveux d'or croulant, sur tes épaules nues.

Tu regardes le jour qui se lève avec peine.

Tu me demandes l'heure et puis tu te recouches.

Est-ce les derniers froids et les dernières neiges ?

Blottie entre mes bras, tu décides d'attendre

 

Que le soleil allume un  gros bouquet de roses.

mardi, 14 février 2006

Valentin à Valentine

 

 

 

 

 

"L'amour ce n'est jamais trop long ; c'est toujours trop court"

Gaudeamus

 

Valentin à Valentine

 

Ce soir pour la Saint-Valentin,

Nous dînerons en amoureux,

Accompagnés d'un bon champagne

Celui que tu aimes le mieux.

Nous allumerons des bougies

Pour que je vois briller tes yeux.

Une musique langoureuse

Avec la mer et le ciel bleu.

Nous danserons comme des fous

Cœur à cœur et bouche à bouche.

Nous aurons la tête qui tourne,

Franchement même un peu pompette

Mais c'est le Bon Saint qui le veut,

Pour Lui la joie est dans la chair.

Nous finirons dans notre chambre,

D'un bleu et d'un jaune très tendre,

Pour y boire un alcool de feu.

Je tomberai tes dessous fins

Avec des doigts de magicien.

Les draps auront été changés

Pour qu'ils soient frais et parfumés.

Ils seront couleur lavande

Pour calmer un peu nos élans.

Nous nous enroulerons dedans,

Nus, dans cette pâte vivante,

Avec des plis, des creux, des bosses,

Comme la forme de nos corps,

Noués, dénoués, jamais repus.

Je t'offrirai tout mon amour

De baisers, de câlins, de cris

Qui seront les tiens et les miens,

Avec des oiseaux dans nos mains

Et sur nos lèvres du jasmin.

Quand viendra le petit matin,

Nos corps tout auréolés d'or,

Chanteront un hymne à l'aurore.

Merci à Toi, ô très Grand Saint,

Car ce soir, comme chaque année,

Seront conçus et par milliers,

Des poupons rieurs et joufflus,

Des Valentins, des Valentines.

Plus tard, quand ils sauront aimer,

Ils fêteront, à leur façon,

Chaque quatorze février :

Ce jour sacré et très coquin

Qu'on dit de la Saint-Valentin.

vendredi, 27 janvier 2006

Un jour et une nuit

 

Je plane sur les toits comme les hirondelles.

Je niche dans ta coiffe, épinglée de clous d’or.

Dans tes ciseaux si doux je cueille des airelles.

Ma tête sur ton ventre où je rêve et m’endors.

 

Dans les coquelicots, les bleuets des prairies,

Je brasse le soleil de ton corps, nu, parfait.

Sur les autels en fleurs, la Madone je prie.

Reviens-moi en riant des larmes de regret

 

Un jour et une nuit de joie et de folie,

Dans les rues, un hôtel, nous nous sommes aimés

Mon cœur s’est embrasé et s’est mis en charpie,

 Et puis on s’est quitté, avec les yeux mouillés.


 

 

Tu étais bien trop jeune, innocente, insouciante.

Moi j’étais déjà vieux et j’avais tout raté.

Je rêvais d’un amour fougueux comme l’enfance.

Tu me l’as bien servi, mais j’en reste blessé.

 
 

dimanche, 15 janvier 2006

Rien que le vent

Une sainte peut tomber dans la boue et une prostituée monter dans la lumière, mais jamais ni l'une ni l'autre ne pourra devenir une honnête femme.
Léon Bloy


                                        

Rien que le vent dans tes cheveux  

Et de la cendre dans mes poings.   

Que ton corps tendu comme un arc  

Et mon visage appuyé sur le tien.   

Rien que les mots de notre couche,   

Les écrits en feu de nos lèvres.   

Rien que toi au sommet des vagues  

Et cet amour impossible car acheté,    

Au carrefour d’une rue détestable.   

Je t’y ai enlevée au cours d’un soir d’orage.

Belle des caresses de tous les hommes 

De leurs désirs et de leur cruauté.      

Rien qu’un éclair, un songe dans ma tête 

Et tout fut changé pour l’éternité.  

Tout amour surtout misérable   

Reste inscrit dans les gènes de l’humanité.  

De notre humanité et de nos vanités. 

Croire qu’un Dieu en nous pourra tout contrôler.

Bénie soit notre folie réprouvée

Cet amour impossible en nos corps torturés.

Tu cultivais en toi ce chancre de la mort  

Tu m’en a protégé, pleurant larmes de rage,

Fuyant les eaux troubles de nos désirs 

Les passions prohibées de nos abîmes 

Les joies enfumées au bout de nos doigts .

Pourtant nos  étreintes nous ont trahis.

Nous avons su que l’enfer nous était promis.

Je t’ai quittée et tu ne m’as pas retenu,  

Car tu n’étais qu’une fille maudite

Rien qu’un amour de passage pour me punir

D’avoir bien trop aimé les masques de la nuit. 

Gaudeamus

http://www.sosfemmes.com

 

 

 
   
 

jeudi, 15 décembre 2005

Les promesses de l'aurore

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L’incendie rose, 

D’une aurore joyeuse,

Embrase une vitre de la cuisine, 

Où flotte une forte odeur de café.

 

A la table rustique, en bois chêne doré,

Elle se tient assise, inondée de lumière,

Dans son déshabillé de soie bleue, rouge et jaune,

Aux motifs japonais qui jouent dans le soleil.

 

Dans sa tasse, elle avale, à petites gorgées,

Ses rêves de la nuit, dans des méandres mauves.   

 

Nos ébats amoureux  se lisent sur ses lèvres.

Sa nuque blonde auréolée de gloire

Etincelle de grâce et de douceur. 

Je pose ma main sur sa cuisse chaude,

Son genou frissonnant et mon cou plein d’abeilles.  

 

D’un sourire, elle appuie, à ma joue un baiser.  

Elle tourne vers moi ses grands yeux verts et  graves,

Chargés des embruns clairs, de toutes nos étreintes.    

 

D’un coup, un oiseau de feu

Tape du bec dans la vitre.

Il m’invite à danser et brûler avec elle,

Dans le soleil éclatant .  

 

Ensemble nous entrons dans une ardente aurore ,

Aux promesses radieuses .

Toutes les  féeries ne sont vécues qu’à deux .

Et tout ce qui fait ombre, au dedans, au dehors,

Ne peut rien contre nous.

 

 

Gaudeamus

 
 
 
 
           

lundi, 12 décembre 2005

Discorde

 

La pomme de discorde, en nos  cœurs coléreux.

Quelques larmes de sel, au canevas « je t’aime. »

Dans la ferme isolée, un coq, toujours le même,

Lance un cocorico, tel un roi amoureux.

 

Tu t’enroules sur toi, dans nos draps en charpie.

La chambre est trop petite et le lit bien trop grand.

Sur nos deux oreillers, brillent de faux diamants.

On mange du pain noir. On boit, jusqu’à la lie

 

Un café noir amer, dans deux bols mal lavés.

Dans la salle de bains, la douche goutte-à-goutte

M’empêche de pleurer. Mais ce que je redoute

Voilà, des pleurs, des cris qui vont tout raviver.

 

Des reproches passés, des querelles anciennes.

Nous n’avons plus le temps de nous raccommoder.

Le soleil est brûlant. Le coq est fatigué.

Je  ferme ma valise et  ouvre les persiennes.

 

On se tourne le dos. On est tout dépeignés.

N’ai-je rien oublié ? Je vais payer la note.

Tu me suis, et très fort, tu m'étreins et chuchotes :

« Nos deux brosses à dents sont restées dans l’évier. »

Gaudeamus  (Poésies)

 
 
 
 
 

vendredi, 09 décembre 2005

Prémonition

    « c'est l'époque où, faute de dryades, on embrasse, sans dégoût, le tronc des chênes » (Baudelaire).

 
 

 

 Prémonition

 
 

Mes doutes, mes espoirs

Survolent tous les toits

Du village endormi

 

La lune mauve hésite

Entre grosse ou petite

 

Le clocher de l’église

Part en petits morceaux

Dans le ciel étoilé

Poursuivi par les ombres.

 

Sous un vieux  chêne énorme,

Je guette l’avenir.

Mes mains caressent l’arbre

Soyeux comme une épaule

D’une femme endormie.

 

De sa crinière rouge

Soudain des glands, des dés

Se collent à mes doigts.

Je couds mes yeux aux siens

Et ma  bouche à la sienne

Toute chair confondue.

 

Voilà, c’est sûr, l’annonce

De la survenue proche

D’une dryade rousse

Déliée de tout serment.

 

Créature plus douce

Créature plus belle

Qu’inattendue ce soir.

 

Dryade ensorceleuse.

Elle arrive porteuse

De toutes les rumeurs

Sauvages, cajoleuses

De cette féerique

Etrange nuit d’été.   

Gaudeamus   (mes textes)                                     

 

 

 

jeudi, 17 novembre 2005

La femme au fruit mûr

                                       

La femme au fruit mûr.                                     

qui va mettre au monde      

tend son ventre au vent,        

au soleil, à la pluie…            

Sa robe, ample, arrondie,                  

son corsage fleuri

au parfum de jonquilles             

cache des trésors                

de douces prairies,             

                 pleines de bon lait,   

                 de fleurs et d’oiseaux 

                                                             

                    

 

               Sa démarche altière    

              lui soutient les hanches.   

                  Cette agitation        

                  va changer sa vie.     

 

       Ses pieds et ses cuisses    

       Sont vraiment immenses      

         pour porter l’enfant ,    

cramoisi, flétri               

comblé de baisers,            

comblé de caresses,             

chargé de promesses,         

 

 qui jaillira de ses flancs, en criant,

 

 pour chanter, pour rire    

et bénir la vie.           

Gaudeamus (Mes textes)