vendredi, 24 juillet 2026
Le silence de Dieu
Le silence de Dieu
Si le bois de la croix n'avait jamais gémi,
Si le ciel était resté muet ce vendredi,
Aurions-nous élevé d'autres temples, d'autres pierres,
Aux dieux du Capitole, aux astres, aux mystères ?
Le latin serait-il le chant de nos berceaux ?
Le grec, l'écho vivant des sages et des mots ?
Jupiter règnerait-il sur nos vieilles mémoires,
Et Vénus guiderait-elle encore nos histoires ?
L'Histoire a fait d'un homme un éternel chemin ;
Quelques clous, une colline, et le destin humain
A changé de visage au détour d'une heure,
Comme un fleuve qui soudain abandonne sa demeure.
Mais pourquoi donc, Seigneur, ce si long anonymat ?
Pourquoi laisser des siècles où nul ne Te voit ?
Pourquoi tant de saisons avant qu'une parole
Ne traverse enfin la nuit des idoles ?
Deux mille ans de silence... ou peut-être davantage.
Des enfants sont passés, des empires, des naufrages ;
Des peuples ont cherché sous mille cieux divers
Le nom de l'invisible caché dans l'univers.
Chaque foi dit : « Voici le sentier véritable. »
Chaque livre promet l'invisible ineffable.
La Torah et la Croix, le Coran, le Veda,
Le Bouddha silencieux, les chants de l'Avesta...
Qui possède la clé ? Qui détient la lumière ?
Le prophète, le moine, ou l'humble solitaire ?
Le savant qui calcule, ou l'enfant émerveillé
Qui regarde une étoile sans vouloir l'expliquer ?
Peut-être que Dieu rit de nos certitudes sages ;
Peut-être aime-t-Il plus les questions que les cages.
Car la foi qui s'impose ressemble au vent mauvais ;
La foi qui se découvre apprend à écouter.
Je marche entre les croix, les mosquées, les pagodes ;
J'écoute les psaumes, les mantras, les odes.
Dans chacune des voix j'entends monter parfois
La même soif d'aimer, la même quête en soi.
Alors je ne sais plus quelle est la vraie rive.
Je sais seulement l'eau qui toujours nous dérive ;
Et qu'au bout du voyage, s'il existe un seul Dieu,
Il reconnaîtra peut-être ceux qui cherchent mieux.
Car la vérité n'est peut-être pas un drapeau,
Ni un temple de pierre, ni le poids des mots.
Elle est peut-être un souffle, un regard, une main,
Une lampe allumée sur le bord du chemin.
Et si Dieu nous attend derrière tous les visages,
Peut-être que nos doutes sont déjà son langage.
GAUDEAMUS
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mercredi, 15 juillet 2026
Ceux qui cherchent Dieu
Ceux qui cherchent Dieu
Avant que la Croix ne dresse son ombre
Sur la colline où tremblait le monde,
Qui Te priait, Seigneur,
Dans le silence des siècles ?
Tu regardais déjà les hommes.
Tu voyais leurs mains levées vers les étoiles,
Leurs temples de marbre,
Leurs feux sacrés,
Leurs chants inconnus
Qui montaient pourtant jusqu'à Toi.
Tu étais là,
Avant que l'on prononce Ton Nom.
Pourquoi tant d'attente ?
Pourquoi ces millénaires
Où les peuples marchaient
Comme des enfants dans la nuit,
Cherchant une lumière
Dont ils ignoraient la source ?
Le temps de Dieu
N'est pas celui des horloges.
Il ressemble à la lente naissance
D'une aurore
Qui prépare depuis toujours
Le premier rayon.
Puis vint un homme,
Pauvre parmi les pauvres,
Qui parlait d'amour
Comme personne n'en avait parlé.
Il ne possédait rien
Sinon un regard
Capable de relever les morts vivants,
Les oubliés,
Les pécheurs,
Les blessés du cœur.
Et les hommes,
Craignant davantage la lumière
Que les ténèbres,
Le clouèrent sur le bois.
Ils pensaient arrêter une voix ;
Ils ouvrirent un chemin.
Depuis,
Les siècles répètent Son Nom.
Des cathédrales montent vers le ciel,
Des cloches répondent aux minarets,
Les synagogues gardent l'Alliance,
Les pagodes veillent dans le silence,
Les sages méditent,
Les mystiques prient,
Et chacun tend les mains
Vers l'Invisible.
Qui donc possède Dieu ?
Personne.
Car Dieu n'est pas une frontière,
Ni un royaume réservé,
Ni un livre refermé.
Il est le souffle
Qui traverse tous les livres,
Toutes les prières,
Tous les visages.
Celui qui aime
Le connaît déjà
Sans toujours savoir Son Nom.
Celui qui pardonne
Le rencontre déjà
Sans avoir vu Son visage.
Celui qui console
Touche déjà
Le bord de Son manteau.
Et moi,
Vieil homme au seuil du soir,
Je n'ai plus tant besoin de réponses.
Les grandes certitudes
Se sont assises auprès de mes doutes
Comme deux amis
Qui regardent ensemble le même coucher de soleil.
Je ne demande plus :
« Quelle est la vraie religion ? »
Je demande seulement :
« Seigneur,
Apprends-moi à Te reconnaître
Sous les traits de chaque être humain.
Fais que je ne confonde jamais
La vérité avec l'orgueil,
La foi avec la peur,
La religion avec le pouvoir.
Si Tu es plus grand
Que tous nos temples,
Plus vaste
Que toutes nos Écritures,
Plus profond
Que toutes nos théologies,
Alors ouvre mon cœur
Plutôt que mon esprit.
Et lorsque viendra pour moi
Le dernier silence,
Que je découvre enfin
Que Tu marchais à mes côtés
Depuis le commencement des siècles,
Bien avant que les hommes
Ne commencent à parler de Toi. »
Gaudeamus
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dimanche, 12 juillet 2026
LE FEU ET LA PROMESSE
LE FEU ET LA PROMESSE
(Poème biblique sur la canicule)
« Les montagnes fondent comme la cire devant le Seigneur. »
(Psaume 97)
Le ciel s'est refermé comme un livre de bronze ;
La canicule étend son manteau sur le monde.
Le soleil, tel un glaive au tranchant éclatant,
Frappe la terre entière et consume le temps.
Les forêts autrefois chantaient comme des psaumes ;
Les pins, les vieux chênes, les fiers peupliers
Élevaient leurs rameaux vers les célestes dômes,
Comme un peuple en prière au cœur de l'été.
Mais voici que le vent, pareil au souffle antique
Qui renversa jadis les palais des orgueilleux,
Devient incendiaire, emportant dans sa fuite
La mémoire des bois jusque sous les hauts cieux.
Les flammes vont, pareilles aux chevaux de colère
Dont parla le voyant sur l'île de Patmos.
Elles courent la plaine, elles gravissent la pierre,
Et semblent annoncer l'ombre des derniers mots.
Les pompiers, revêtus de fumée et de cendre,
S'avancent sans faiblir au milieu des brasiers.
Ils ressemblent à David affrontant les ténèbres,
Sans autre bouclier que leur fidélité.
Au-dessus des sommets, les grands canadaires
Déploient leurs vastes ailes comme des chérubins ;
Ils répandent une eau semblable aux eaux premières
Qui couvraient l'univers avant l'aube du matin.
Les fermes disparaissent, les maisons se consument ;
Les pierres elles-mêmes semblent pousser des cris.
Les animaux s'enfuient vers des vallées sans lune,
Comme l'arche attendait les vivants de la nuit.
Les chevaux épuisés hennissent dans la plaine ;
Le cerf cherche un ruisseau que la chaleur a fui.
Même l'hippocampe, au fond de son domaine,
Sent trembler l'océan jusqu'aux portes de la nuit.
La mer n'a plus ce chant des commencements ;
Elle porte un reflet de cuivre et de silence.
Les vagues semblent dire aux peuples des vivants :
« N'oubliez pas Celui qui donna l'existence. »
Les pleurs montent plus haut que les fumées sombres ;
La souffrance habite les regards des enfants.
Ils demandent à Dieu, dans l'épaisseur des ombres :
« Seigneur, pourquoi ce feu ? Pourquoi tant de tourments ? »
Et Dieu répond peut-être au fond de chaque âme,
Non dans le bruit des vents ni le fracas des cieux,
Mais dans cette douceur qu'entendit le prophète Élie,
Lorsque souffla sur lui le murmure de Dieu.
« Je ne suis pas le feu qui détruit la montagne ;
Je suis la source vive au milieu du désert.
Je ne suis pas la haine où l'orgueil vous entraîne ;
Je suis l'eau qui fait naître un jardin dans la pierre.
Je vous avais confié les arbres pour demeure,
Les oiseaux pour le chant, les rivières pour miroir ;
Pourquoi tant de blessures infligées à cette heure
À l'œuvre de mes mains, à l'éclat de l'espoir ?
La planète n'est point un royaume à conquérir ;
Elle est un don d'amour confié à vos enfants.
Celui qui sait planter apprend aussi à vivre ;
Celui qui sait aimer devient véritablement grand. »
Alors tombe la pluie, longtemps attendue des hommes ;
Elle descend des cieux comme une bénédiction.
Les gouttes font renaître un parfum de royaume ;
La terre ouvre de nouveau son cœur à la création.
Les routes retrouvent leurs voyageurs paisibles ;
Les voitures s'arrêtent auprès des champs fleuris.
Les marcheurs remercient la fraîcheur retrouvée ;
Les rôdeurs disparaissent avec la longue nuit.
Le camping entend rire les enfants sous les tentes ;
Les oiseaux reconstruisent leurs fragiles maisons.
Les forêts reverdissent, patientes et vivantes ;
Les sources recommencent leur antique chanson.
Alors s'éloignent enfin les cataclysmes,
Comme un mauvais songe au lever du matin.
L'ombre de l'Apocalypse perd son terrible abîme
Devant l'espérance qui renaît dans les jardins.
Et l'on comprend enfin la parole première :
La Terre est un Éden confié pour un moment.
Chaque arbre est une prière, chaque source une lumière,
Chaque créature chante le Dieu des vivants.
Heureux celui qui protège la forêt qui respire ;
Heureux celui qui console un cœur dans la douleur.
Car lorsque le monde entier semblera s'obscurcir,
L'amour restera toujours plus fort que la peur.
Et lorsque viendra le soir sous les étoiles infinies,
Le Créateur dira aux artisans de paix :
« Venez, vous qui avez gardé vivante ma création.
Le Royaume commence chaque fois qu'un homme sauve un arbre,
chaque fois qu'il relève son frère,
chaque fois qu'il choisit l'amour plutôt que la destruction. »
GAUDEAMUS
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samedi, 07 mars 2026
Les brumes de l’esprit
Les brumes de l’esprit
Dans l’ombre douce de nos pensées,
Naissent parfois d’étranges idées.
Elles murmurent comme des vérités,
Mais ne sont que mirages déguisés.
Elles disent : « Tu ne peux pas »,
« Le monde est ainsi, ne change pas ».
Elles tracent des murs invisibles
Autour des rêves les plus sensibles.
Comme des nuages devant le soleil,
Elles cachent la lumière et l’émerveille.
Pourtant un souffle de vérité
Peut les dissoudre en liberté.
Car l’esprit qui doute et qui questionne
Brise les chaînes qu’on lui donne.
Et soudain tombe, douce et brève,
La fausse croyance… comme un vieux rêve.
Alors le cœur voit plus loin,
Libre enfin de choisir son chemin.
GAUDEAMUS
17:40 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 04 mars 2026
Plus fort que la nuit
Plus fort que la nuit
Dans le vent froid qui traverse les plaines,
Une terre veille, blessée mais droite.
Sous le ciel lourd où grondent les sirènes,
Des cœurs battent plus fort que la nuit.
Les routes portent la poussière et la cendre,
Mais aussi des pas qui refusent de céder.
Chaque maison, chaque champ, chaque fenêtre
Devient promesse de rester.
Ils ne parlent pas seulement de guerre,
Mais de pain, d’enfants, de printemps à venir.
Et même lorsque l’ombre serre la lumière,
Ils gardent la force de tenir.
Car la résistance n’est pas qu’un mot de bataille :
C’est une voix qui dit « nous sommes là »,
Un peuple debout malgré la mitraille,
Qui défend son ciel, sa langue, ses pas.
Et dans le silence après l’orage,
Quand la neige recouvre les douleurs,
Reste une flamme sous chaque visage :
La liberté, plus têtue que la peur.
GAUDEAMUS
14:27 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 13 novembre 2024
Des drogues terrestres et spirituelles : Lesquelles choisir ?
Des drogues terrestres et spirituelles : Lesquelles choisir ?
Les drogues terrestres sont souvent recherchées pour échapper aux difficultés, chercher des sensations ou un sens. Elles offrent des portes éphémères vers des réalités altérées, mais elles laissent souvent des blessures, des illusions et des dépendances. Elles sont comme des feux follets qui attirent, mais égarent.
Les drogues célestes, quant à elles, ne se trouvent pas dans des substances, mais dans des expériences spirituelles, des états de conscience élevés et une connexion profonde avec le divin. Elles n’anesthésient pas, mais illuminent, éveillant en nous la sagesse, la paix intérieure et une vision du monde transformée. À travers la méditation, la prière, ou même le service aux autres, elles nous offrent une ivresse douce qui libère, sans éroder l’âme.
Les drogues célestes ouvrent des chemins infinis vers des réalités transcendantes, où chaque pas devient une danse, chaque souffle une prière, et chaque battement de cœur un rappel de notre connexion avec le Tout. Remplacer les drogues terrestres par ces expériences célestes, c'est choisir la clarté au lieu de l’oubli, et la liberté intérieure à la place de la dépendance.
Gaudeamus
13/11/2024
12:45 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 18 février 2022
Dans le Parc
Je vais à petits pas dans le parc
Désert
Des feuilles jaunies tombent des arbres
Comme des papillons fatigués
Derniers jours d’été
Le soleil un peu roussi
Fait des grimaces sous les nuages
L’automne pointe son nez.
Un vieil homme passe la porte du parc
Canne à la main
Il me croise
Triste, taciturne, le regard lointain
Que lui est-il donc arrivé ?
Je regrette un peu de l’avoir laissé filer.
GAUDEAMUS
17:56 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 02 octobre 2008
Trottoir
Trottoir
La vie pousse sur le trottoir
Un pissenlit rabougri
Se bat pour la vie
Trois mégots aplatis
Se perdent dans l’oubli
Dans le bitume du trottoir
Des yeux me regardent
Des pas lents ou pressés
Légers ou incertains
Se collent à mes souliers vernis
Sur le trottoir on se bat pour la vie
Lavé par la pluie
Balayé par le vent
Brûlé par le soleil
Le trottoir suit son chemin tranquille
Il chante la vie
Il se moque pas mal de mes souliers vernis…
Gaudeamus
15:13 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (4)
vendredi, 26 septembre 2008
L'homme et son chat
Tel le Mat du tarot,
L’homme arpentait les routes,
Son minet à ses basques,
Cherchant une aventure,
Sûrement improbable.
Un certain soir pourtant,
Il fit une rencontre,
Horrible assurément.
À la branche d’un arbre
Il trouva un pendu…
Il lui tirait la langue,
Le visage barbu,
Les yeux morts et vitreux.
Un chapeau sur la tête.
Un vrai épouvantail.
Il n’osa le toucher.
Il campa près de l’arbre,
Pour mieux le contempler.
Son chat indifférent
Miaulait très affamé.
Il tira de son sac
Un repas de misère,
Pour lui et son minet.
Et se mit à parler
À ce pauvre pendu :
Des mots de compassion,
Pour qu’il prenne des forces,
Et fuir enfin ce monde,
Oublier ses malheurs,
Pour un monde meilleur.
Exténué de paroles,
Il s’endormit d’un bloc,
Son chat à ses côtés.
Quand il se réveilla,
Disparu le pendu !…
À la place de l’arbre,
Dans une aube radieuse,
Un très beau magnolia,
Tout gorgé de soleil,
Etincelait de feux.
GAUDEAMUS
17:28 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (2)
vendredi, 05 septembre 2008
Dévidons le jars*
Dévidons le jars*
Un pauvre giverneur* ,
Après avoir lampé un tord-boyau* ,
S’est fait tortouser* les brancards*,
Par quatre malfrats de la pire espèce.
Ce n’était pas des battaudiers*,
Mais des romanos*.
Ils lui ont tricoté les côtes* ,
Pour lui poisser ses philippes *.
Le giverneur* n’avait hélas rien à accoucher*.
Furieux, ils lui arrachèrent son bénard*,
Et lui enfoncèrent un rossignol* dans le figne*.
Ils l’ont encore trépigné*, tordu la vitelotte* ,
Cassé les apôtres* et crevé les châsses* .
Ils lui épilèrent les hirondelles* ,
Et lui coupèrent les loches*.
N’en pouvant mais, le giverneur* avala sa chique*.
Pour finir, ils lui enlevèrent sa viscope*,
Restée bien vissée sur son caillou*,
Et dénichèrent dans la doublure
Une roue de derrière*.
(Ce n’était pas de la carme à l’estoque*…)
Le cadavre du giverneur*
Fut abandonné à son sort dans le trimard *.
Un troussier * pris de remord
Revint sur ses pas et lui trancha le jabot* avec son amiral*.
Un biffard* de la vergne* les avait pommé marron*.
Il alla en courant rouscailler* aux cognes *
Tout ce qu’il avait reluqué.
Les quatre troussiers* furent accrochés*, entoilés*,
Et condamnés à l’Abbaye de Monte-à-Regret* .
Le faucheur *se fit un plaisir de les raccourcir,
Sans un ratichon* pour les passer au lavoir*,
Ni personne pour les verver*.
Leurs corps n’eurent pas droit à la boîte à domino*.
On jeta de neuil* leurs morceaux dans la mouscaille* ,
Et renvoyés chez le rabouin*…
Bref avec tout ce qui trouillote* .
Abbaye de Monte-à-Regret : guillotine
Accoucher : avouer
Accrocher : arrêter
Amiral : couteau, en argot de bagne
Avaler sa chique : mourir
Battaudier : mendiant
Bénard : pantalon
Biffard : bourgeois
Boîte à dominos :cercueil
Caillou : crâne
Carme à l’estoque : fausse monnaie
Châsses : yeux
Cognes : gendarmes
Dévider le jars : parler argot
Entoiler : emprisonner
Faucheur : bourreau
Figne : anus
Giverneur : vagabond
Jabot : gorge
Lavoir : confessionnal
Les apôtres : les doigts de la main
Les brancards : les jambes
Les hirondelles : moustaches
Les loches : oreilles
Mouscaille : déjections
Neuil : nuit
Poisser ses philippes : prendre son argent
Pommer marron : prendre sur le fait
Rabouin (le) : le diable
Ratichon : prêtre ou abbé
Romano : romanichel
Rossignol : fausse clef
Roue de derrière : pièce de cinq francs
Rouscailler : parler
Tord-boyaux : eau de vie
Tortouser : attacher
Trépigner : battre
Tricoter les côtes : battre
Trimard : chemin
Trouilloter : sentir mauvais
Troussier : assassin
Vergne : ville
Verver : pleurer
Viscope : casquette
Vitelotte : nez
GAUDEAMUS
16:43 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (6)
samedi, 14 juin 2008
Les mouettes
Les mouettes
L’une dans la lumière
Et l’autre dans l’ombre
Ainsi nous allons
Comme ses mouettes
Nos pensées vont et viennent
Ainsi nous vivons
Un jour de chair
Un jour spirituel
Un jour de sexe
Un jour de prière
Un jour de joie
Un jour de peine
Un jour de pleurs
Un jour de fous rires
Qu’importe l’ombre
Qu’importe la lumière
Heureuse ombre
Heureuse lumière
Il nous faut savoir gérer
Le matériel et le spirituel
Nous sommes faits de chair
Nous sommes aussi faits de soleil
Ô ma sœur Ô mon frère
Le Divin est aussi dans le matériel
Ton ordinateur frère le contient
Tes casseroles sœur le contiennent
Ta demeure sur terre n’est pas éternelle
Ta seule résidence unique est dans le ciel.
18:51 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (3)
dimanche, 01 juin 2008
L'Anachorète
L'Anachorète
En mangeant son pain noir, il laissa sa dépouille.
Et reprit son travail en pleine pâmoison,
Ses yeux bleus éperdus, dans une frondaison
D’architecture rare, hérissée de gargouilles.
Il s’en est retourné, tout son être bredouille,
Sa pauvre tête emplie de merveilleux blasons.
Mais il ne savait pas qu’il absorbait poison
Comme au temps d’Halloween, apeuré de citrouilles.
Dans un bar sous la lune, et un peu goguenard,
Il avala ciguë. C’était un traquenard.
Il en sortit ému et perdit sa casquette.
Il jura en criant comme un palefrenier
Qu’il était un saint homme un peu primesautier.
Un couvent l’accueillit , en tant qu’anachorète.
10:16 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (2)
mercredi, 14 mai 2008
Ta porte était ouverte
Ta porte était ouverte
Ta porte était ouverte.
Je t’ai rendu visite Marie.
Dans des gobelets
Des flammes scintillaient.
Je t’ai regardée
Et tu m’as souri.
Merci de m'avoir accueilli.
En un éclair j’ai tout compris…
Je t’ai quittée moins fatigué.
Mais une fois dehors,
J’ai tout oublié,
Et je n’ai plus rien compris…
18:33 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 03 mai 2008
Les œillets rouges (Avril 1974)
Les œillets rouges (Avril 1974)
Avec vos capes noires et vos guitares,
étudiants,
votre fado me fait pleurer.
Oh ! Lisbonne ma Beauté,
Je t’ai confié ma Merveille éplorée.
Pourquoi l’as-tu assassinée ?
Je lui chantais mon fado mélancolique.
Elle me répondait par du Pessoa pathétique.
Oh ! Merveille , Oh ! ma Beauté,
On me l’a assassinée,
sous un ciel noir un peu bas,
un vilain soir d’été.
Son seul tort :
de s’être penchée,
pour ramasser quatre œillets rouges,
un peu fanés,
qu’on avait jetés, sur la route de l’espoir.
Mais pourquoi, à cet endroit précis,
l’a-t-on assassinée ?
12:02 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 13 avril 2008
Au bord de la rivière
Au bord de la rivière
J’ai déformé mes mots,
J’ai cabossé ma tête,
Pour massacrer mes maux,
Pour pouvoir faire la fête.
J’ai roulé des cailloux,
Pour remplir la rivière.
J’ai arraché mes genoux,
À faire des prières.
J’ai cru aux préludes,
Mais l’amour n’y était pas.
Et c’est dans les turpitudes
Que mon cœur a fait les premiers pas.
Roule belle fille de joie.
J’ai laissé ma peau à tes cuisses,
Pour oublier mon désarroi.
Je t’ai bien payée pour ce préjudice.
Un jour, là bas, au bord de la rivière,
Une jeune fille toute pure
M’apparut et me fut très hospitalière.
Elle m’a retenu tendrement dans ses guipures.
Depuis mon cœur chante la joie.
Je sais que l’amour est sauvage,
Bien planqué, mais pas rabat-joie.
Il attend patiemment pour faire un doux ravage.
La rivière murmure toujours comme une abeille.
Des jeunes couples y viennent en riant,
Mais aussi des vieux et des vieilles,
Le dard amoureux toujours aussi vaillant.
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dimanche, 30 mars 2008
Le pied de vigne
LE PIED DE VIGNE
Tout au fond du jardin,
Un pied de vigne mort,
Avec une tête de clown :
Bien triste d’être mort.
Un rayon de soleil,
Quelques gouttes de pluie,
Ne lui redonnent vie.
Pourtant un matin de printemps…
Une corneille malicieuse,
Sur son nez de guignol,
Lui chie sans vergogne
Un gros caca tout blanc.
Le triste pied de vigne
Se remet soudain à sourire.
Il se sait enfin utile,
À satisfaire les besoins des grolles.
15:07 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 19 mars 2008
Entre ciel et terre
Dans la cave
Il y a encore les cris
Les angoisses du petit garçon.
Les sirènes qui déchirent les tympans
Les pleurs d’une maman
Des enfants effrayés
Les tremblements de la voûte
Des bruits assourdissants
Des lueurs des éclairs
Des bombardements
Le vasistas n’est vraiment pas assez fermé
Une petite fille a pris ma main
Elle a pris ma bouche
En me serrant fort
Elle m’a murmuré :
Tu sais, avec toi, je n’ai pas peur .
10:03 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (2)
dimanche, 24 février 2008
Jalousie
Le serpent aux yeux verts.
C’est un amour non partagé :
D'instants faits de feu et de glace.
Le cœur part en toupie et tombe,
S’écrase en vrille, sans tendresse.
Le regard fuit, devient mordant,
Plein de jalousie, de rancune,
D’un passé toujours bien vivant,
Comme un serpent lové en elle,
Tel un lierre tenu, tenace.
Il ne la tente pas de pommes,
Mais plutôt de fermer ses cuisses,
Et de cadenasser son sexe.
Debout elle ronge son frein.
Couchée elle se donne au diable,
En s’offrant seule du plaisir,
Pour se punir et le punir
De ne rien trouver dans ses poches.
Des soupçons nébuleux, informes.
L’homme qui partage sa vie
La croit frigide ou asexuée,
Ou ayant regret d’un amant.
C’est un serpent lové en elle
Il l’emprisonne, la tenaille,
Lui bouffe le cœur, les entrailles.
Qui peut la délivrer du monstre,
L’extirper de sa pauvre tête ?
En vain des psy ont essayé…
Mais le serpent est bien plus fort.
Il est né de la nuit des temps,
Et il œuvre dans les ténèbres.
Il sait enchaîner ses esclaves.
Il possède leur corps, leur âme.
C’est son unique subsistance.
L’espoir a quitté cette femme
Son cœur a épongé l’amour.
Sa vie sur terre est un enfer.
Elle est sous l’emprise infernale
Du cruel serpent aux yeux verts.
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dimanche, 23 décembre 2007
Noël 2007
Noël 2007
Noël est ce qu’il y a de plus beau
Naissance d’un Enfant Divin
Dans le plus grand dénuement
Par amour pour le genre humain
Noël est ce qu’il a de plus beau
Un bœuf et un âne dans une étable
Pour réchauffer de leur souffle
Un enfant né dans une mangeoire
Noël est ce qu’il a de plus beau
Des bergers des rois mages
Qui s’inclinent sur un berceau
Les mains pleines de cadeaux
Noël est ce qu’il y a de plus beau
Une étoile très brillante
Pour guider tout ce monde
Vers le plus majestueux des enfants
Noël est ce qu’il y a de plus beau
La promesse d’une ère nouvelle
Basée sur l’amour universelle
Et la victoire sur la mort
Noël est ce qu’il y a de plus beau
Plus qu’un conte pour enfant
Le retour tous les 25 décembre
Aux merveilles renouvelées de notre enfance
Noël est ce qu’il y a de plus beau
Des anges, des chants, des musiques, des lumières
Des cadeaux qui nous tombent du ciel
Offerts par des mains pleines de tendresse.
Noël est ce qu’il y a de plus beau
De la joie, de la gaieté, des élans d’amour
L’espoir de la fin de tous les conflits
De toute souffrance, de tout emprisonnement…
C’est les vœux que je formule pour ce Noël 2007
Gaudeamus
20:40 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 21 octobre 2007
Un voisin de tout repos
Un voisin de tout repos
Le jardin est en friche,
La maison volets clos.
Mon voisin a quitté
Les plaisirs jardiniers,
Pour un très long voyage,
Dans le champ des étoiles.
Et sa veuve éplorée
Ne quitte plus la chambre.
Les saisons n’y font rien.
Elle attend impuissante
Que l’herbe envahit tout,
Pour calmer son chagrin.
Elle transmet ainsi
Sa grisaille souffrance,
À tous ses bons voisins.
Quand je contemple l’herbe,
Si haute, jaune et dense,
J’ai souvent l’impression
De revoir mon voisin,
Endormi dans ce foin.
Je n’ose réveiller
La cause du chagrin qui dort…
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