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jeudi, 02 octobre 2008

Trottoir

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Trottoir

 

La vie pousse sur le trottoir

Un pissenlit rabougri

Se bat pour la vie

Trois mégots aplatis

Se perdent dans l’oubli

 

Dans le bitume du  trottoir

Des yeux me regardent

Des pas lents ou pressés

Légers ou incertains

Se collent à mes souliers vernis

 

Sur le trottoir on se bat pour la vie

Lavé par la pluie

Balayé par le vent

Brûlé par le soleil

Le trottoir suit son chemin tranquille

Il chante la vie

Il se moque pas mal de mes souliers vernis…

15:13 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (4)

vendredi, 26 septembre 2008

L'homme et son chat

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Tel le Mat du tarot,

L’homme arpentait les routes,

Son minet à ses basques,

Cherchant une aventure,

Sûrement improbable.

 

Un certain soir pourtant,

Il fit une rencontre,

Horrible assurément.

À la branche d’un arbre

Il trouva un pendu…

 

Il lui tirait la langue,

Le visage barbu,

Les yeux morts et vitreux.

Un chapeau sur la tête.

Un vrai épouvantail.

 

Il n’osa le toucher.

Il campa près de l’arbre,

Pour mieux le contempler.

Son chat indifférent

Miaulait très affamé.

 

Il tira de son sac

Un repas de misère,

Pour lui et son minet.

Et se mit à parler

À ce pauvre pendu :

 

 

Des mots de compassion,

Pour qu’il prenne des forces,

Et fuir enfin ce monde,

Oublier ses malheurs,

Pour un monde meilleur.

 

Exténué de paroles,

Il s’endormit d’un bloc,

Son chat à ses côtés.

Quand il se réveilla,

Disparu le pendu !…

 

À la place de l’arbre,

Dans une aube radieuse,

Un très beau magnolia,

Tout gorgé de soleil,

Etincelait de feux.

 

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17:28 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (2)

vendredi, 05 septembre 2008

Dévidons le jars*

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Dévidons le jars*

 

Un pauvre giverneur* ,

Après avoir lampé un tord-boyau* ,

S’est fait tortouser*  les brancards*,

Par quatre malfrats de la pire espèce.

Ce n’était pas des battaudiers*,

Mais des romanos*.

Ils lui ont tricoté les côtes* ,

Pour lui poisser ses philippes *.

 

Le giverneur* n’avait hélas rien à accoucher*.

Furieux, ils lui arrachèrent son bénard*,

Et  lui enfoncèrent un rossignol* dans le figne*.

Ils l’ont encore trépigné*, tordu la vitelotte* ,

Cassé les apôtres* et crevé les châsses* .

Ils lui épilèrent les hirondelles* ,

Et lui coupèrent les loches*.

N’en pouvant mais, le giverneur* avala sa chique*.

 

Pour finir, ils lui enlevèrent sa viscope*,

Restée bien vissée sur son caillou*,

Et dénichèrent dans la doublure

Une roue de derrière*.

(Ce n’était pas de la carme à l’estoque*…)

 

Le cadavre du giverneur* 

Fut abandonné à son sort dans le trimard *.

Un troussier * pris de remord

Revint sur ses pas et lui trancha le jabot* avec son amiral*.

 

Un biffard* de la vergne*  les avait pommé marron*.

Il alla en courant rouscailler* aux cognes *

Tout ce qu’il avait reluqué.

Les quatre  troussiers* furent accrochés*, entoilés*,

Et condamnés à l’Abbaye de Monte-à-Regret* .

 

Le  faucheur *se fit un plaisir de les raccourcir,

Sans un ratichon*  pour les passer au lavoir*,

Ni personne pour les verver*.

Leurs corps n’eurent pas droit à la boîte à domino*.

 

On jeta de neuil* leurs morceaux dans la mouscaille* ,

Et renvoyés chez le  rabouin*…

Bref avec tout ce qui trouillote* .

 

 

Abbaye de Monte-à-Regret : guillotine

Accoucher : avouer

Accrocher : arrêter

Amiral : couteau, en argot de bagne

Avaler sa chique : mourir

Battaudier : mendiant

Bénard : pantalon

Biffard : bourgeois

Boîte à dominos :cercueil

Caillou : crâne

Carme à l’estoque : fausse monnaie

Châsses : yeux

Cognes : gendarmes

Dévider le jars : parler argot

Entoiler : emprisonner

Faucheur : bourreau

Figne : anus

Giverneur : vagabond

Jabot : gorge

Lavoir : confessionnal

Les apôtres : les doigts de la main

Les brancards : les jambes

Les hirondelles : moustaches

Les loches : oreilles

Mouscaille : déjections

Neuil : nuit

Poisser ses philippes : prendre son argent

Pommer marron : prendre sur le fait

Rabouin (le) : le diable

Ratichon : prêtre ou abbé

Romano : romanichel

Rossignol : fausse clef

Roue de derrière : pièce de cinq francs

Rouscailler : parler

Tord-boyaux : eau de vie

Tortouser : attacher

Trépigner : battre

Tricoter les côtes : battre

Trimard : chemin

Trouilloter : sentir mauvais

Troussier : assassin

Vergne : ville

Verver : pleurer

Viscope : casquette

Vitelotte : nez

16:43 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (6)

samedi, 14 juin 2008

Les mouettes

 

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Les mouettes

 

L’une dans la lumière

Et l’autre dans l’ombre

Ainsi nous allons

Comme ses mouettes

Nos pensées vont et viennent

Ainsi nous vivons

 

Un jour de chair

Un jour spirituel

Un jour de sexe

Un jour de prière

 

Un jour de joie

Un jour de peine

Un jour de pleurs

Un  jour de fous rires

 

Qu’importe l’ombre

Qu’importe la lumière

Heureuse ombre

Heureuse lumière

Il nous faut savoir gérer

Le matériel et le spirituel

Nous sommes faits de chair

Nous sommes aussi faits de soleil

 

Ô ma sœur Ô mon frère

Le Divin est aussi dans le matériel

Ton ordinateur frère le contient

Tes casseroles sœur le contiennent

Ta  demeure sur terre n’est pas éternelle

Ta seule résidence unique est dans le ciel.

18:51 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (3)

dimanche, 01 juin 2008

L'Anachorète

L'Anachorète

 

En mangeant son pain noir, il laissa sa dépouille.

Et reprit son travail en pleine pâmoison,

Ses yeux bleus éperdus, dans une frondaison

D’architecture rare, hérissée de gargouilles.

 

Il s’en est retourné, tout son être bredouille,

Sa pauvre tête emplie de merveilleux blasons.

Mais il ne savait pas qu’il absorbait poison

Comme au temps d’Halloween, apeuré de citrouilles.

 

Dans un bar sous la lune, et un peu goguenard,

Il avala ciguë. C’était un traquenard.

Il en sortit ému et perdit sa casquette.

 

Il jura en criant comme un palefrenier

Qu’il était un saint homme un peu primesautier.

Un couvent l’accueillit , en tant qu’anachorète.  

10:16 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (2)

mercredi, 14 mai 2008

Ta porte était ouverte

Ta porte était ouverte

 

 

Ta porte était ouverte.

Je t’ai rendu visite Marie.

Dans des gobelets

Des flammes scintillaient.

Je t’ai regardée

Et tu m’as souri.

Merci de m'avoir accueilli.

 

 

En un éclair j’ai tout compris…

 

 

Je t’ai quittée moins fatigué.

Mais une fois dehors,

J’ai tout oublié,

Et je n’ai plus rien compris…

18:33 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 03 mai 2008

Les œillets rouges (Avril 1974)

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Les œillets rouges (Avril 1974)

 

Avec vos capes noires et vos guitares,

étudiants,

votre fado me fait pleurer.

Oh ! Lisbonne ma Beauté,

Je t’ai confié ma Merveille éplorée.

Pourquoi l’as-tu assassinée ?

 

Je lui chantais mon fado mélancolique.

Elle me répondait par du Pessoa pathétique.

Oh ! Merveille , Oh ! ma Beauté,

On me l’a assassinée,

sous un ciel noir un peu bas,

un vilain soir d’été.

 

Son seul tort :

de s’être penchée,

pour ramasser quatre œillets rouges,

un peu fanés,

qu’on avait jetés, sur la route de l’espoir.

Mais pourquoi, à cet endroit précis,

l’a-t-on assassinée ?

12:02 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 13 avril 2008

Au bord de la rivière

Au bord de la rivière

 

 

J’ai déformé mes mots,

J’ai cabossé ma tête,

Pour massacrer mes maux,

Pour pouvoir faire la fête.

 

 

J’ai roulé des cailloux,

Pour remplir la rivière.

J’ai arraché mes genoux,

À faire des prières.

 

 

J’ai cru aux préludes,

Mais l’amour n’y était pas.

Et c’est dans les turpitudes

Que mon cœur a fait les premiers pas.

 

 

Roule belle fille de joie.

J’ai laissé ma peau à tes cuisses,

Pour oublier mon désarroi.

Je t’ai bien payée pour ce préjudice.

 

 

Un jour, là bas, au bord de la rivière,

Une jeune fille toute pure

M’apparut et me fut très hospitalière.

Elle m’a retenu tendrement dans ses guipures.

 

 

Depuis mon cœur chante la joie.

Je sais que l’amour est sauvage,

Bien planqué, mais pas rabat-joie.

Il attend patiemment pour faire un doux ravage.

 

 

La rivière murmure toujours comme une abeille.

Des jeunes couples y viennent en riant,

Mais aussi des vieux et des vieilles,

Le dard amoureux toujours aussi vaillant.

 

 

 

 

 

 

 

 

16:56 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (4)

dimanche, 30 mars 2008

Le pied de vigne

LE PIED DE VIGNE

 

 

Tout au fond du jardin,

Un pied de vigne mort,

Avec une tête de clown :

Bien triste d’être mort.

 

 

Un rayon de soleil,

Quelques gouttes de pluie,

Ne lui redonnent vie.

Pourtant un matin de printemps…

 

 

Une corneille malicieuse,

Sur son nez de guignol,

Lui chie sans vergogne

Un gros caca tout blanc.

 

 

Le triste pied de vigne

Se remet soudain à sourire.

Il se sait enfin utile,

À satisfaire les besoins des grolles.

 

 

 

 

15:07 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 19 mars 2008

Entre ciel et terre

Entre ciel et terre 

 

Dans la cave

Il y a encore les cris

Les angoisses du petit garçon.

Les sirènes qui déchirent les tympans

Les pleurs d’une maman

Des enfants effrayés

Les tremblements de la voûte

Des bruits assourdissants

Des lueurs des éclairs

Des bombardements

Le vasistas n’est vraiment pas assez fermé

 

 

Une petite fille a pris ma main

Elle a pris ma bouche

En me serrant fort

Elle m’a murmuré :

Tu sais, avec toi, je n’ai  pas peur .

10:03 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (2)

dimanche, 24 février 2008

Jalousie

Le serpent aux yeux verts.

 

C’est un amour non partagé :

D'instants faits de feu et de glace.

Le cœur part en toupie et tombe,

S’écrase en vrille, sans tendresse.

Le regard fuit, devient mordant,

Plein de jalousie, de rancune,

D’un passé toujours bien vivant,

Comme un serpent lové en elle,

Tel un lierre tenu, tenace.

 

Il ne la tente pas de pommes,

Mais plutôt de fermer ses cuisses,

Et de cadenasser son sexe.

Debout elle ronge son frein.

Couchée elle se donne au diable,

En s’offrant seule du plaisir,

Pour se punir et le punir

De ne rien trouver dans ses poches.

Des soupçons nébuleux, informes.

 

L’homme qui partage sa vie

La croit frigide ou asexuée,

Ou ayant regret d’un amant.

C’est un serpent lové en elle

Il l’emprisonne, la tenaille,

Lui bouffe le cœur, les entrailles.

Qui peut la délivrer du monstre,

L’extirper de sa pauvre tête ?

En vain des psy ont essayé…

 

Mais le serpent est bien plus fort.

Il est né de la nuit des temps,

Et il œuvre dans les ténèbres.

Il sait enchaîner ses esclaves.

Il possède leur corps, leur âme.

C’est son unique subsistance.

L’espoir a quitté cette femme

Son cœur a épongé l’amour.

Sa vie sur terre est un enfer.

Elle est sous l’emprise infernale

Du cruel serpent aux yeux verts.

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dimanche, 23 décembre 2007

Noël 2007

 

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Noël 2007

 

Noël est ce qu’il y a de plus beau

Naissance d’un Enfant Divin

Dans le plus grand dénuement

Par amour pour le genre humain

 

Noël est ce qu’il a de plus beau

Un bœuf et un âne dans une étable

Pour réchauffer de leur souffle

Un enfant né dans une mangeoire

 

Noël est ce qu’il a de plus beau

Des bergers des rois mages

Qui s’inclinent sur un berceau

Les mains pleines de cadeaux

 

Noël est ce qu’il y a de plus beau

Une étoile très brillante

Pour guider tout ce monde

Vers le plus majestueux des enfants

 

Noël est ce qu’il y a de plus beau

La promesse d’une ère nouvelle

Basée sur l’amour universelle

Et la victoire sur la mort

 

Noël est ce qu’il y a de plus beau

Plus qu’un conte pour enfant

Le retour tous les 25 décembre

Aux merveilles renouvelées de notre enfance

 

Noël est ce qu’il y a de plus beau

Des anges, des chants, des musiques, des  lumières

Des cadeaux qui nous tombent du ciel

Offerts par des mains pleines de tendresse.

 

Noël est ce qu’il y a de plus beau

De la joie, de la gaieté, des élans d’amour

L’espoir de la fin de tous les conflits

De toute souffrance, de tout emprisonnement…

 

C’est les vœux que je  formule pour ce Noël 2007

Gaudeamus

             

20:40 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 21 octobre 2007

Un voisin de tout repos

Un voisin de tout repos

 

Le jardin est en friche,

La maison volets clos.

Mon voisin a quitté

Les plaisirs jardiniers,

Pour un très long voyage,

Dans le champ des étoiles.

 

Et sa veuve éplorée

Ne quitte plus la chambre.

Les saisons n’y font rien.

Elle attend impuissante

Que l’herbe envahit tout,

Pour calmer son chagrin.

 

Elle transmet ainsi

Sa grisaille souffrance,

À tous ses bons voisins.

 

Quand je contemple l’herbe,

Si haute, jaune et dense,

J’ai souvent l’impression

De revoir mon voisin,

Endormi dans ce foin.

 

Je n’ose réveiller

La cause du chagrin qui dort…

 

22:45 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (1)

mercredi, 05 septembre 2007

Rien de sérieux

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Rien de sérieux

 

 

Tout le monde aujourd’hui vit en parfaite erreur

On débroussaille à fond toute pensée fatale

Philosophes, savants, religieux ont très peur

D’afficher une idée aux rumeurs sépulcrales

 

 

Les manifestations aux sordides taudis

 

Vont et viennent partout même sous les tropiques

Un vrai unijambiste ira au paradis

 

Et une femme enceinte restera pathétique

 

 

Au soleil, sous la lune, un caravansérail

Fouette un monde nouveau en danger de pirouettes

Les droits sont éventrés, et la femme éventail

Dort aux bras de la nuit, jupée en salopette.

 

 

Agitateurs reclus ou dans les vents braillards

La ville s’émoustille en compagnie jalouse

Un vieux radote et roule un tabac égrillard

Les jeunes jouent au foot en saignant la pelouse

 

 

Pourquoi s’égosiller, pourquoi tant de raffut

Demain nous mourons tous, en belle mélodie

Les yeux éteints, crevés et les sourcils touffus

Alors marchons tête haute et la mine ravie.

17:15 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 31 août 2007

S'Ouvrir

S’Ouvrir

 

 

S’ouvrir au monde

De l’esprit

Des monstres

Des anges

Des assassins

Des démons

Des saints

S’ouvrir au monde

Du sexe

Des corps

Des âmes

Des simples

Des cupides

Des avares

Des luxurieux

Des enfants

S’ouvrir au monde

Des gays

Des pédophiles

Des prêtres

Des voyants

Des druides

De tous les corps

De métiers

Des femmes enceintes

Des guerriers

Des peintres

Des écrivains

Des artistes

Des fourbes

Des comédiens

S’ouvrir à un monde

Virtuel

Réel

Passé

Présent

Futur

Eh ! merde

S’ouvrir au cloaque du monde

Pour

Le comprendre

Le haïr

L’aimer

Le détester

En faire un Dieu

De Majesté

En pleine pourriture

En pleine transformation

Pour sa résurrection….

 

 

 

 

 

 

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vendredi, 18 mai 2007

Du fond des âges

Du fond des âges

 

D’autres âges cherchent à naître

Le matin plane sur les eaux

Terre âpre de tous nos ancêtres

Leurs combats, c’étaient leurs drapeaux

Terre née dessus le chaos

Plaintes des ruptures célestes

 

Vous n’avez pas ce beau nom d’arbre

Vallon ignore le vallon

L’oiseau se découvrait un nom

La Parole une ombre qui passe

Les eaux se présentaient de face

L’espérance fleur aux buissons

 

Dans la salive du langage

La vision de Qui se nommait

Les bouleaux grandissent l’espace

Les  montagnes sans leurs sommets

Le mot majesté l’approuvait

L’outil luit comme une cuirasse

 

Tous ces mots signifiaient Lumière

La nuit obtint qu’on la nommât

On vit des yeux dans les ténèbres

Chaque souffle fut un combat

Le cri qui nous dresse une croix

L’homme prit sa lampe-tempête

 

Déluge accablant de vocables

Babel effondrée te répond

Le pain la pierre de la fable

Séparer farine du son

Le berger mettra ses moutons

Au ciel à la secrète étable.

 

Condamnés à planète terre

Cherchant aussi le Merveilleux

Les travaux conduisent aux cieux

Aimons l’esprit moins que la chair

La grande école du mystère

Ceux-là multipliant les dieux

 

Paysans des mots, des labours

Conduisant l’Eternel sillon

Village, il nous faut des faubourgs

Les mots tristes de nos prisons

Ces mots que nous apprivoisons

Et  seuls avec le monde autour

 

Ce monde à qui donner son âme

Fait la somme de nos raisons

Paysans des mots, des étoiles

Ouvriers en morte-saison

La source où l’eau redevient flamme

Promis à la Rédemption

 

Chantons au fond des puits aveugles

Encor l’amour et le malheur

Témoins de nos tristes épreuves

Voici plongés dans la douleur

Soumis de l’errance à l’erreur

La mort comme une jeune veuve.

23:00 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (1)

Rêve d'écorce

Rêve d’écorce

 

Je vois un essaim de paupières

Dans un grand jet d’eau de lumière

Et des ailes en mouvement

Des fronts de lèpres et de pierres

Un monde bleu en  bercement

 

Passants sous les toits de la ville

Des soirs aux lampes difficiles

Des gares où sanglotent des trains

Pour nous un calme domicile

Avec des brouillards du matin

 

Inquiets les oiseaux de passage

Ils nous rapportent nos visages

Transfigurés des pays froids

Vieilles années dans des sillages

Cœurs glacés, soleil dans les bois.

 

Ton corps cherche la transparence

Au bord des vallées de silence

Tes mains sur les harpes du vent

Et dans tes yeux  tu recommences

A rouler un sable ignorant.

 

Etés parcourus de fontaines

Migration d’arbres vers la plaine

Rajeunissement du troupeau

Lumineux de joie et de peine

Rêve d’écorce sur ta peau

 

Je m’avance comme un feuillage

Mon sang continue son voyage

Il soupèse ferme ta joue

Ta chair sculptée à mon image

Un épi entre nos genoux

     

12:50 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (1)

jeudi, 05 avril 2007

Une bouteille à la mer...

 

À celle qui comprendra et le lira peut-être…

 

Tu as coupé le fil,

Le fallait-il vraiment ?

Ton choix indéfectible,

De bon sens sûrement.

 

Tes courriels routiniers,

Bien moins faits pour l’amour,

Mais plus pour l’amitié,

M’auraient porté secours.

 

Quand vient mon désarroi

Le chat sur ma fenêtre

Me sert de baromètre

C’est du beau temps pour toi.

 

Alors comme dans le sonnet de Félix Arvers :

Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle :

"Quelle est donc cette femme?" et ne comprendra pas.

 

Gaudeamus

18:30 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (2)

Hôpital SILENCE !

 

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Hôpital SILENCE !

 

 

Parallélépipèdes

Tous les mêmes

Forteresse

Espace clos

Ouvert à tous les vents

Stérilisé

Naître, Guérir, Mourir

La chance tourne selon le vent.

 

 

Hôpital SILENCE !

Combattre l’ennemi du dedans

Le chasser du dehors

Staphylocoques

Abhorrés !

Blouses immaculées

Masquées

Seringues uniques à jeter

Sida

Hépatite virale

Sang contaminé

Phase terminale

Vivre avec ! 

 

Hôpital SILENCE !

On ouvrir, on  ferme, on rouvre, on referme,

On Coud, on découd, on recoud,

Endormir,

Mauvais  réveil !

Nausée, vomir,

Naître, Guérir, Mourir,

Qu’importe on ferme les portes

Noria des jours tous les mêmes

Monotonie abject

Rire, pleurer, verdict accepté ou non

Peur au ventre, diarrhée,

Compter les jours

Température 39°

Contagieux !Garder le lit !

Ici on soigne les corps.

Les âmes ?

Inconnues, on ne les opère pas.

 

Hôpital SILENCE !

Aujourd’hui on trépasse

Le linge sale on le lave et on le repasse.

 

 

Hôpital SILENCE !

Les jours, les nuits n’en finissent pas

Les stéthoscopes s’en balancent.

 

 

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mercredi, 04 avril 2007

Du Gois à Noirmoutier

 

 

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 Du Gois à Noirmoutier

 

 

Quand la mer décoiffe le Gois,

Que Moise élève la voix,

Les chevaux piaffent d’impatience,

Entre l’île et le continent.

 

 

De chaque côté des pavés,

Les eaux mouvantes se divisent,

Se battent à contre-courant,

Laissant passer les fugitifs.

 

 

Armés de seaux et de râteaux,

Cueillir la coque avec les dents,

Fouiller la vase où l’œil éclot,

En brisant le miroir de l’eau.

 

 

La peau noire du sol remue.

Le coquillage fait la moue.

Fixe ton regard dans la boue

Et scrute ton butin qui mue.

 

 

Ce n’est pas l’heure des palabres.

Garde-toi à droite et à gauche.

Les flots mutins pourraient t’enceindre.

Et la chaussée pas vraiment sure.

 

 

Les balises à plate formes,

Dites à perroquet où non,

Seraient ton unique secours ,

Si l’étau montant t’enserrait.

 

 

Heures comptées, chevaux lâchés,

Le flux et le reflux avalent

Le soleil, le vent et la lune.

Seul, au loin le sable des dunes.

 

 

Aux pêcheurs à pied, ébahis :

Le passage à gué effacé,

Le ciel et les rochers lavés,

Le paysage reconquis.

 

Les bateaux sont remis à flots.

Les marins ne disent plus mot,

Quand sur le Gois l’astre se couche,

On entend qu’un peu de remous.

 

 

 Les voitures des parcs s’en vont.

La nuit tombe subitement.

D’une rive à l’autre, les feux

Se répondent en clignotant.

 

 

Le phare se prend pour un paon

Et jette des cris de lumière.

Au large une corne de brume.

A mes pieds des franges d’écume.

 

 

Noirmoutier au loin se prépare,

A passer la nuit en goguette.

Les vacanciers vont s’amuser.

Et les amoureux s’embrasser.

 

 

Noirmoutier va prendre le large.

Les bateaux seront astiqués.

Les poissons bien asticotés.

Tranquille, je vais me coucher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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