jeudi, 22 mars 2007
Le Mat et la Gitane


Le Mat et la Gitane
J’ai assouvi ma soif, ma faim,
À ton printemps trop vite éclos,
À ta virginité pesante,
Et au vin noir de ta luxure.
Tu me jetais un œil sauvage,
Regard hautain, sans complaisance ,
Dans la roulotte du tarot,
Où trônait le cristal du Diable.
Tes cartes parfois biseautées
Tiraient soit l’amour où la mort
La réussite où la faillite,
Avec une aisance hasardeuse.
L’Arcane sans nom, l’Amoureux,
La Lune, avec la Maison Dieu,
Où toute autre lame majeure,
Charmaient tes instincts de gitane.
En Papesse majestueuse!
Couverte d’or de pacotille,
Coiffée d’un fichu exotique,
Tu subjuguais tes consultant(e)s.
Tes longues mains fines, volages,
Endurcies aux peurs et aux larmes,
Brassaient et retournaient les cartes,
Sans remords sur leur destinée.
Un soir d’orage et de brisure,
L’enfant qui remuait dans ton ventre
Fut englouti dans un siphon
De sang, de chair et de souillures.
Il est retourné sans un cri
Dans les limbes, chez les exclus,
Dans l’espoir la prochaine fois
D’un tirage en croix plus clément :
Revenir pour danser avec Le Monde,
Sur la terre, dans l’air, l’eau et le feu.
Nos deux cœurs, meurtris, divisés,
En désarroi et en charpie,
Se demandent toujours pourquoi
Notre ombre est plus grande que nous.
« Ô gitane tu ne vois qu’une petite portion des images.
Il n’y a que Dieu qui voit la totalité des arcanes ».
Le Mat a repris son chemin,
Son bourdon et son baluchon.
Il s’est lancé à la conquête
Des moulins à blé du Soleil.
Gaudeamus
19:00 Publié dans Poésies sur l'amour, les femmes.. | Lien permanent | Commentaires (4)
Commentaires
j'aime bien venir sur votre blog il est enrichissant
Écrit par : Versanne | mardi, 27 mars 2007
Écrit par : Gaudeamus | jeudi, 29 mars 2007
le poème a un rythme parfait il est réussi cet enfant englouti dans un siphon m'a angoissée pourtant
Écrit par : adeline | mardi, 04 septembre 2007
Écrit par : Gaudeamus | mardi, 04 septembre 2007
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