dimanche, 26 mars 2006
Adieu l'ami
Je marche dans les rues, des braises plein les mains
Le museau de l'hiver, bien au chaud dans mes poches
Mon cœur un peu transi a pris froid au soleil
Je sais que le printemps y remettra bon ordre
Il me faudra du temps pour oublier la mort.
Elle a fauché plein fouet un de mes amis chers.
On avait beaucoup ri , dans la roue d'un manège,
En prenant des photos, dans les airs et le froid.
Mes larmes sont taries et je serre les dents,
Je ne suis qu'une impasse, inquiète dans le noir,
Cherchant toujours l'ami, souffrant et las de vivre
Qui a mangé du chanvre, au lever d'un jour sombre.
Cet horrible matin, que pouvions-nous pour toi ?
As-tu connu la peur, sur ce nouveau manège ?
Nous étions pourtant là, pour t'aider, te parler.
Mais tu as préféré partir, seul, sans paroles.
Tu nous laisse groggy et nous t'aimons très fort.
Malgré notre chagrin, va, continue ta route.
Des êtres tant aimés vont te prendre la main.
La Lumière t'attend, au bout de ton chemin.
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vendredi, 17 mars 2006
Un village et deux enterrements
Un village et deux enterrements
Il fait plus noir qu'au fond d'un puits.
Il fait plus noir que du charbon.
L'église au loin sonne le glas,
Pour un inconnu du village.
Il y aura beaucoup de monde.
Les gens aiment les respectables.
Ils ont pouvoir sur les vivants.
Le potard guette l'ordonnance
Et le médecin le malade.
Le gros boucher le bon vivant.
Le charcutier, le gros cochon.
Le coiffeur guette les hirsutes
Les deux cafés les croque-morts.
Et le curé son goupillon,
Son requiem de tradition.
Le p'tit village tout entier
A pris une tête d'enterrement.
Le cimetière est en beauté
Pour y loger cet inconnu.
Il y aura beaucoup de monde.
Les gens aiment les respectables,
Ils ont pouvoir sur les vivants.
L'église au loin sonne le glas.
C'est la fin de l'enterrement.
Le p'tit village tout entier
Reprend sa tête de tous les jours,
Sa tête de bon vivant.
Demain les cloches sonneront,
A pleines volées dans le ciel,
Pour des mariés très inconnus.
Il y aura beaucoup de monde.
Les gens aiment les respectables,
Ils ont pouvoir sur les vivants.
Le p'tit village tout entier
Aura la tête en tourbillon.
Les deux cafés seront ouverts,
Pour un tout autre enterrement :
Celui d'une vie de garçon !
13:55 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (2)
lundi, 20 février 2006
Le festin de pierre
Je vois les somptueux palais
De Rome et de la Grèce antique,
Entre tes seins lourds dérobés.
Le lac des cygnes et les flamands roses
ne sont rien à côté.
Les singes au cul vert et rouge t’ont léchée.
J’ai senti sur toi leur haleine
De poivre et de laine mouillée.
Que pensent les cloches à manivelles
Qui tournent très souvent autour de toi ?
Rien ne peut m’échapper,
Dans l’iceberg de mon cœur.
Les éléments tordus de mes neurones
N’ont rien à envier
Aux forçats enchaînés.
Moi seul sait que tes cuisses sont de verre
Ta bouche de granit grenât.
D’autres que moi ne savent pas
Que ton ventre couvert de lierre
Gémit sous mes tenailles, mes ébats.
Tu ries à la rivière emperlée dans la mousse
Que j’ai mis à ton cou, un jour de grand orage. .
Je n’ai pas eu besoin de Cupidon.
Tes fesses de reine
Jouissent de mes larmes.
Je hais les pigeons impolis
Qui fientent et forniquent
Sur ta prunelle aveugle.
Viens un soir dans mes bras.
Notre festin, sera un vrai festin de roi
Et tu seras ma reine et je serai ton roi.
Un festin de pierre et de lierre.
Le plus merveilleux,
Jamais contemplé des étoiles.
22:50 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 15 février 2006
OCEANO NOX
Fricassées de marins
Aux pompons alcooliques
En bordées de vauriens
Aux sexes mécaniques
Jurons jupitériens
Ecarte les que j'te nique
Au fond des sous-marins
Musique océanique
Et les mains vont bon train
Sur l'anguille érotique
Dans les placards mesquins
Aux pin-up pathétiques
Le regard très lointainOh rien de romantique !
La soupe brasse les marins
Vomissures diarrhéiques
Pour la pâtée des requins
Aux infos télescopiquesDes messages lointains
Pas toujours sympathiques
L'océan fouette les marins
Souvent schizophréniques
Qu'on pris un sale grain
Dans des orages cyclothymiques.
Mais voici que d'horribles crapoussins
Aboyeurs, pas très catholiques,
Sur un horizon de feu, surgissent en essaim
Au présage sombre et dramatique
Et retournent, d'un coup, nos p'tits marins
Dans les fonds profonds, pour un requiem océanique.
Gaudeamus
13:30 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (1)
mardi, 07 février 2006
Hommage à ton visage
Visage perdu, visage arraché,
Visage reçu, visage remodelé,
Visage vivant !
Les masques ont quitté ta nuit.
Ô femme, tu es la plus belle !
Tu embellis nos journées.
Toutes les fleurs de la terre
ne suffiraient pas à combler ton bonheur
ni le nôtre
Ô beauté ! infinie, retrouvée.
Tes Pygmalions méritent bien d'être encensés.
Merci de nous permettre
d'admirer ton visage ensoleillé.
http://sciences.nouvelobs.com/sci_20060118.OBS2546.html
16:25 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 04 février 2006
DIS PAPA... ?
Un bouquet de plumes
Dans un ciel d'acier
L'oiseau tombe en vrille
Le chasseur l'a touché
Le feu a roussi les feuilles du peuplier
La fin de cette journée traîne
Une odeur de fumier
La fourche est bien trop lourde pour le soulever.
Tiens, j'ai des perles de sang
Au bout des doigts
J'attendrai
Que l'hiver déshabille les bois,
Pour les essuyer.
Nuit sans étoiles
Un chat-huant s'est pendu
Maladroitement
En voulant crier.
Dans l'âtre de la cheminée
Les bûches dansent contentes
Elles vont quitter un monde parfait
Mais sans joie.
Comme chaque soir,
La télévision touille la même soupe,
Epicée et amère.
Dis papa, pourquoi les gens sont aussi méchants?
11:00 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (2)
Je est un autre...
Je divague souvent dans des contrées austères,
Sous un ciel de métal, où mon esprit se perd.
Je est vraiment un autre. Aux confins de ces terres
Des êtres mystérieux s’emparent de mes vers.
Il faudra bien un jour arrêter ma toupie.
Partir à tout jamais, sans espoir de retour.
Tirer ma révérence : adieu la compagnie,
Errer au marécage, au pays des vautours.
Il me faudra goûter, de ce carton putride,
Attendant ce soleil, caché, présent en moi.
Il jaillira d’un coup, de mon corps apatride.
Je le serrerai fort, pour calmer mes émois.
Ce soleil radieux irradiera mon âme
Et je n’aurai plus peur, car enfin délivré
De ce carcan hideux où souvent je me pâme
Pauvre hère perdu, au milieu des crevés.
Mon départ imminent, s'inscrit dans les étoiles
Dans mon jardin, les fleurs caressent doucement
Ma belle âme araignée, accrochée à la toile
La jacinthe me chante l'air pour un amant
Je ne suis pas pressé de quitter l’éphémère
Les rêves de maya emplissent mes sabots
J’avoue, en vérité, j'aime ton giron, terre,
Ma douce prostituée, aux mensonges si beaux.
06:15 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (1)
Que veulent les hommes ?
Mon poing au pelochon, à tête de requin.
Graver un myosotis au lobe de l'oreille.
Brailler un chant paillard lorsque tombe la nuit.
Faut bien tuer le temps plutôt que les baleines.
La barque du pêcheur ballotte sur les flots.
La lamproie va mourir et oublier la mer.
Chasser et massacrer est à l'ordre du jour
Tous les loups et les ours vont quitter notre terre.
Une perle d'étoile est nichée dans un lys.
Un chat émerveillé regarde un oiseau mort.
Rien ne vaut une vie, au bas même du cœur.
L'enfant casse ses jouets, comme le fait son père.
Les cerisiers en fleurs ont envie de pleurer;
Ils voudraient bien savoir ce que veulent les hommes.05:44 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (2)
jeudi, 02 février 2006
Un évangile pour un enfant
J'ai vu hier mille corbeaux dans un champ.
C'est pas possible dit son ami,
Comment as-tu pu les compter ?
Sur mes doigts.
Ce n'est pas possible lui dit son ami :
Tu n'as pas assez de doigts ?
Si, j'ai pris mes dix doigts,
et les dix doigts de tous ceux que j'aime :
Mon père, ma mère, mon frère, ma sœur,
Un africain, un chinois, un indien, un papou, un américain.
Tu pourras le faire toi aussi demain.
Les mille corbeaux reviennent dans le même champ tous les matins.
Son ami s'en alla triste, il ne pouvait pas :
Il s'était fâché avec son frère le jour même…
05:50 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (2)
mercredi, 04 janvier 2006
Instant de Bonheur

"Mozart danse au bras de la lumière qui meurt" ((Christian Bobin "Mozart et la pluie")
Sous un ciel de laine
Grands arbres crucifiés, en très beaux pains de sucre,
Poudrés, tels des acteurs de théâtre givrés.
Mains et bras suppliants, accueillants, c’est selon…
Au fond, la cathédrale, en dentelles de verre,
Illuminée par un soleil pâlot
Qui couve sous des pelotes de cendres.
Craquements étouffés, sous des coussins de neige.
Temps suspendu, figé et un peu irréel.
Dans le ciel, sept corbeaux, à petits cris froissés,
Comme une craie sur une ardoise d’écolier,
Ecrivent ces deux noms, liés en un seul nom :
Beauté Tendresse
Soudain, grimpe à mon âme, en joie, émerveillée,
Aux barreaux d’une échelle, appuyée à mon cœur,
Une sonate pure et douce de Mozart.
Adagio et andante, allegro, puis piano
Pour finir de pincer la harpe de mon être.
Toute beauté mérite un instant de tendresse.
Toute Beauté Tendresse, accueille une musique,
La musique de l’Âme.
Gaudeamus
12:05 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (3)
samedi, 24 décembre 2005
NOEL

Un arbre de Noël et trois flocons de neige,
Tous les cœurs sont en fête et le monde est changé .
Dans la cour de l’école, un bonhomme de neige,
Tel un clown au soleil, fond des joues et du nez.
Dans les yeux des enfants, des étoiles de rêve…
Ils en font un poème ou de jolis dessins.
Ils ont l’esprit ailleurs, mais sont de bons élèves.
Ils attendent Noël, ce délicieux matin.
En paillettes d’argent, les rues et les boutiques
Jettent tous leurs éclats, sur les piétons pressés.
Certains flânent gaiement au son de la musique
Qui sort d’un peu partout, pour mieux les caresser.
On achète de tout, mais surtout ce qui brille.
Le réveillon approche, on se couchera tard .
Une bougie de plus et le vin blanc pétille.
Le bonheur est partout, même chez les clochards .
Les anges dans les cieux, chantant Paix sur la terre
Et le Père Noël, la hotte sur le dos,
Annoncent qu’un enfant peut supprimer la guerre.
Mais accepterons-nous ce merveilleux cadeau. ?
Il est né sur la paille et par une nuit fraîche,
Un âne et un gros bœuf lui soufflent de l’air chaud.
Le petit Jésus dort, dans une pauvre crèche.
Marie parle tout bas, Joseph un peu trop haut...
11:00 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (3)
lundi, 21 novembre 2005
UN AMI

.
La ville m’a pris par la main.
De rues en rues et de places en squares.
Je flâne sans souci du lendemain.
Le beau kiosque à musique
S’envole dans un claquement d’ardoises.
Les jets d’eau, un moment troublés,
Déversent leurs colliers de perles irisées
La préfecture en blanc se fait une beauté.
J’échafaude les toits et le ciel des mansardes.
Derrière les hauts murs, l’école maternelle
Piaille d’anges rieurs, insouciants et bruyants.
Une pervenche colle ses poèmes ,
Sur le front des voitures
Tous les chevaux de bois
S’enivrent de soleil, et tournent à tue-tête
Soudain, un inconnu demande son chemin.
Je lui offre le mien.
Triste et las il me dit :
« Ah ! mais c’est toi, comment vas-tu ? »
« Bien, et toi aussi à ce que je vois… »
Mais je ne l’ai pas reconnu.
Il me tourne le dos, en haussant les épaules.
Léger je continue à me baguenauder.
La mémoire, soudain, à l’esprit me revient.
Je pense à Toi Seigneur.
Et si c’était Toi cet ami perdu ?Peut-être que Tu me l’as envoyé.
Je me mets à sa recherche, avec fièvre,
De rues en rues et de places en squares.
Hélas !Je n’ai pas pu le retrouver.
Je suis rentré, chez moi, triste en me maudissant.
Pardon Seigneur, pardon.
Je ne T’ai pas reconnu ce jour-là.
Cet ami, je ne l’ai pas écouté,
Je ne l’ai pas guidé.
Ce jour-là, O Seigneur
Mon cœur était bien trop léger, bien trop.
Encore pardon, j’étais loin de Toi.
Plus Tu es près de moi et moins je pense à Toi.
Gaudeamus (mes textes)
20:45 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (1)
dimanche, 20 novembre 2005
Partir

PARTIR
Tout abandonner ,
Sans se retourner,
Sans espoir de retour
PARTIR
Un soir ou un matin
Qu’importe
PARTIR
Sans un quignon de pain
Ne compter que sur soi
Ses forces et ses mains
PARTIR
Tout oublier
Ses joies, ses lendemains
Ses amours, ses chagrins
PARTIR
Ne devoir plus rien à personne
Même pas la charité du prochain
PARTIR
Tout quitter , disparaître.
Prendre un nouveau chemin
Devenir un homme nouveau
Quitter ses oripeaux
Changer de peau
Garder seulement les meilleurs morceaux
PARTIR
Se perdre à tout jamais, pour mieux se retrouver .
.
Revenir un jour vers les siens
Un soir ou un matin
Qu’importe
Se présenter à eux,
En véritable homme nouveau
Avec tous ses meilleurs morceaux
Les embrasser, comme on embrasse
Pour la première fois quelqu’un qu’on aime.
Les tenter, les encourager,
A faire de même : PARTIR
Pour s’aimer intégralement soi-même
Et ainsi, mieux aimer et comprendre les autres.
14:05 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 16 novembre 2005
Apaiser l'ombre

Apaiser l’ombre
Aux créneaux des poings
Les mots s’étranglent
Dans des hoquets de sang.
Les chiens policiers
Affûtent les couteaux
Déchirent la haine
A crocs acérés
L’ombre se retire
Toute lame luisante.
Cris perdus dans les murs
Bouches grandes ouvertes
Mordre la tempête
A pleines dents
Se laver du sang
Des ordures langagières.
Des hordes déchaînées
Têtes à bout de piques
Bavant le mensonge
Aux flambeaux rougeoyants.
Soir chargé de grêle
Trognes rouges dans les vignes.
Rien ne sera comme avant,
Pour les gorges amères.
Apaiser l’ombre
Au bas de l’horizon
Y accrocher
Un beau soleil de juillet.
18:20 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 11 novembre 2005
Nécropole
Murs tronçonnés de croix
Adossées à l’oubli
Créneaux
Tutélaires de l’au-delà
Les feux follets le ressuscitent
Les ifs en boules
Les sombres cyprès
Fossoyeurs du vent
Colportent de vagues pourvois
Une brouette plaintive
Ronge des os blanchis
Volés à quelques chiens galeux
Au fond d’un vieux sarcophage
La pierre affûte la faux.
Le temps affûte le temps.
Gaudeamus
11:00 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 07 novembre 2005
Symphonie Automnale ( Ambierte - loire)



Symphonie automnale à Ambierle (Loire)
La hotte pourpre et or du cloître bleu vendange
Le soleil de la vigne éclaboussée de sang.
Le pressoir en fusion, entre les doigts d’un ange,
Ecrase les raisins dans un jus ravissant.
Le miel des peupliers bruit d’essaims d’abeilles.
Les cierges du coteau, en ordre rassemblés,
Brûlent l’encens roussi des feuilles et des treilles.
Les grives sous les ceps jettent des cris comblés.
De la bourgade fleure une moiteur de voûte.
Le prieuré serein, les yeux vermeils, écoute
L’église flamboyante égrener l’air du temps.
Le flâneur tresse au ciel des grappes de prières.
Dans cette cuve fauve, aux reflets éclatants,
L’esprit du lieu s’enivre, étourdi de lumière
Gaudeamus (mes textes)
13:50 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (1)
jeudi, 27 octobre 2005
LES VIVANTS

Pourquoi pleurer, prier,
Et refleurir les pierres
De ce petit coin de terre
Ou le ciel est absent ?
Les tourterelles y viennent
Les lézards, les pigeons
Pour nous dire qu’il existe une autre terre,
Où vivent les Vivants.
Lumineux dans leur beau corps de lumière
Ils sourient avec chagrin de nous voir,
En face d’eux, moins vivants.
Nous alourdissons nos chaînes
Et leurs corps de lumière
Avec nos pleurs, nos fleurs et nos prières
Nous les rendons moins vivants.
Nous irons tous dans cet immense éden
Où le ciel nous comblera de musique,
De chants célestes, au milieu de treilles,
Gorgées d’un divin nectar très puissant.
Réjouissons-nous, nous irons tous un jour
Nous enivrer de ciel et de soleil ,
Dans le jardin des Vivants.
Gaudeamus (Poésies et essais)
17:55 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (2)
lundi, 24 octobre 2005
Nuits blanches

ô nuits blanches !
Tu me mets sur le flanc des pires cauchemars,
A l’heure la plus sombre et basse de la nuit.
Les morts vivants sont imprenables.
Dans mes veines circule un sang d’encre et de mort.
Une lave brûlante au cœur de mes artères.
Le globe renversé de tes yeux
N’y voit rien à redire.
Les traites dorment bien au chaud ,
Quand les chauves- souris
Se balancent au ciel de mon lit.
Un boa y a laissé des plumes
Et une pincée de myosotis.
Au petit matin, les enfants,
Le nez piqué dans leur bol,
Astiquent de leurs poings
Les éclats de porcelaine bleue
Que leur a légués la nuit.
Moi, le ressuscité blafard,
Epuisé par une si longue attente,
Chasse à grands coups de draps humides
Le soleil des vivants…
Au fond d’une seringue,
Ou d’une boîte en carton
J’y trouverai mon compte
Pour passer la journée, au ralenti et vide.
Regardant hébété les hauts murs décrépis
De ma misérable vie.
Au moment du coucher,
Sur la table de nuit,
Je reverrai, à coup sûr,
Le grand magicien noir
Ricaner de toutes ses dents
Qu’on dit de nuits blanches...
Gaudeamus ( Poésies et textes)
09:15 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (1)
lundi, 17 octobre 2005
Nuits blanches
ô nuits blanches !
Tu me mets sur le flanc des pires cauchemars,
A l’heure la plus sombre et basse de la nuit.
Les morts vivants sont imprenables.
Dans mes veines circule un sang d’encre et de mort.
Une lave brûlante au cœur de mes artères.
Le globe renversé de tes yeux
N’y voit rien à redire.
Les traites dorment bien au chaud ,
Quand les chauves- souris
Se balancent au ciel de mon lit.
Un boa y a laissé des plumes
Et une pincée de myosotis.
Au petit matin, les enfants,
Le nez piqué dans leur bol,
Astiquent de leurs poings
Les éclats de porcelaine bleue
Que leur a légués la nuit.
Moi, le ressuscité blafard,
Epuisé par une si longue attente,
Chasse à grands coups de draps humides
Le soleil des vivants…
Au fond d’une seringue,
Ou d’une boîte en carton
J’y trouverai mon compte
Pour passer la journée, au ralenti et vide.
Regardant hébété les hauts murs décrépis
De ma misérable vie.
Au moment du coucher,
Sur la table de nuit,
Je reverrai, à coup sûr,
Le grand magicien noir
Ricaner de toutes ses dents
Qu’on dit de nuits blanches...
Gaudeamus (Poésies)
12:35 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (2)
lundi, 10 octobre 2005
La maison abandonnée

La pluie a transformé ma toiture en éponge.
L’horizon est barré d’un rideau blanc perlé.
Je sais que je ne suis pas de ce monde.
Mon âme voyage au gré des saisons,
Dans des royaumes connus que de moi.
Quelques fois, des enfants jouent dans ma cour,
A la marelle ou à des jeux d’adultes.
Au bord de mon puits des paysans viennent
Y boire leur piquette.
Les oiseaux m’accueillent comme leur frère :
Leur monde est le mien, mon monde est le leur.
Je voyage très haut sur ma planète immense.
Les milliards d’inconnus de l’autre rive
Me sourient le matin, me veillent au coucher.
Le temps est révolu des prières obscènes.
Un ermite, en mes murs, récite ses prières.
Les étangs bleus de ma mémoire ont éclaté
Des nénuphars volent groupés dans les nuages.
Reconnaissez mes chers maîtres,
Je ne vous ai pas trahis.
Je vous ai bien étudiés.
Ne vous ai pas oubliés,
Dans les rochers jaunis de mes vieux souvenirs.
A l’heure du berger, un génie m’accompagne.
Il m’explique un ancien texte enfoui dans les lierres.
L’esprit souffle la nuit, sur les plaines des hommes.
Plaines imaginaires.
Mes maîtres, aurez-vous le temps d’hausser la voix ,
Pour que la vérité éclate de plein fouet,
Aux sommets de ces monts qui couronnent mes jours ?
Une primevère, un perdreau hardi
M’ont salué ce matin.
Un enfant m’a dit bonjour, à demain.
Sa tignasse soleil m’est familière
Dans mes rêves, j’étais lui. Et lui moi.
Un message est enterré dans mes ruines,
Croyez-en le génie, qui veille sur mon toit.
Aux âmes pures, sera dévoilé
Son grand hermétisme.
Pour le décrypter, il faut, dans le mot,
Le lire à haute voix.
Des passants amoureux sont passés à côté,
Redoutant mon secret…
Ma plume a bu l’encre de l’encrier.
Et une araignée, châtaigne des bois,
Lorgne par la serrure
De la maison abandonnée.
N’y voyez rien d’étrange,
Mais la seule et unique vérité.
Gaudeamus ( Essais)
20:35 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (0)


