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samedi, 04 février 2006

Que veulent les hommes ?

 

 

 

Mon poing au pelochon, à tête de requin.

Graver un myosotis au lobe de l'oreille.

Brailler un chant paillard lorsque tombe la nuit.

Faut bien tuer le temps plutôt que les baleines.

 

 

La barque du pêcheur ballotte sur les flots.

La lamproie va mourir et oublier la mer.

Chasser et massacrer est à l'ordre du jour

Tous les loups et les ours vont quitter notre terre.

 

 

Une perle d'étoile est nichée dans un lys.

Un chat émerveillé regarde un oiseau mort.

Rien ne vaut une vie, au bas même du cœur.

 

 

L'enfant casse ses jouets, comme le fait son père.

Les cerisiers en fleurs ont envie de pleurer;

Ils voudraient bien savoir ce que veulent les hommes.

jeudi, 02 février 2006

Un évangile pour un enfant

J'ai vu hier mille corbeaux dans un champ.

C'est pas possible dit son ami,

Comment as-tu pu les compter ?

Sur mes doigts.

Ce n'est pas possible lui dit son ami :

Tu n'as pas assez de doigts ?

Si, j'ai pris mes dix doigts,

et  les dix doigts de tous ceux que j'aime :

Mon père, ma mère, mon frère, ma sœur,

Un africain, un chinois, un indien, un papou, un américain.

 
 

Tu pourras le faire toi aussi demain.

Les mille corbeaux reviennent dans le même champ tous les matins.

 

Son ami s'en alla triste,  il ne pouvait pas :

Il s'était fâché avec son frère le jour même…

 

mercredi, 04 janvier 2006

Instant de Bonheur

"Mozart danse au bras de la lumière qui meurt" ((Christian Bobin "Mozart et la pluie")

                   

Sous un ciel de laine

Grands arbres crucifiés, en très beaux pains de sucre,

Poudrés, tels des acteurs de théâtre givrés.

Mains et bras suppliants, accueillants, c’est selon…

 

Au fond, la cathédrale, en dentelles de verre,

Illuminée par un soleil pâlot

Qui couve sous des pelotes de cendres.

 

Craquements étouffés, sous des coussins de neige.

Temps suspendu, figé et un peu irréel.

 

Dans le ciel, sept corbeaux, à petits cris froissés,

Comme une craie sur une ardoise d’écolier,

Ecrivent ces deux noms, liés en un seul nom :

Beauté Tendresse

 

Soudain, grimpe à mon âme, en joie, émerveillée,

Aux barreaux d’une échelle, appuyée à mon cœur,

Une sonate pure et douce de Mozart.

Adagio et andante, allegro, puis piano

Pour finir de pincer la harpe de mon être.

 
 

Toute beauté mérite un instant de tendresse.

Toute Beauté Tendresse, accueille une musique,

La musique de l’Âme.

Gaudeamus

samedi, 24 décembre 2005

NOEL

 

 

Un arbre de Noël et trois flocons de neige, 

Tous les cœurs sont en fête et le monde est changé .

Dans la cour de l’école, un bonhomme de neige,

Tel un clown au soleil, fond des joues et du nez.

 

Dans les yeux des enfants, des étoiles de rêve…

Ils en font un poème ou de jolis dessins.

Ils ont l’esprit ailleurs, mais sont de bons élèves.

Ils attendent Noël, ce délicieux matin.

 

En paillettes d’argent, les rues et les boutiques

Jettent tous leurs éclats, sur les piétons pressés.

Certains flânent gaiement au son de la musique

Qui sort d’un peu partout, pour mieux les caresser.

 

On achète de tout, mais surtout ce qui brille.

Le réveillon approche, on se couchera tard .

Une bougie de plus et le vin blanc pétille.

Le bonheur est partout, même chez les clochards .

 

Les anges dans les cieux, chantant Paix sur la terre

Et le Père Noël, la hotte sur le dos,

Annoncent qu’un enfant peut supprimer la guerre.

Mais accepterons-nous ce merveilleux cadeau. ?

 

Il est né sur la paille et par une nuit fraîche,

Un âne et un gros bœuf lui soufflent de l’air chaud.

Le petit Jésus dort, dans une pauvre crèche.

Marie parle tout bas, Joseph un peu trop haut...

  

 

lundi, 21 novembre 2005

UN AMI

.

 

                                                                                          
 

La ville m’a pris par la main.                                           

De rues en rues et de places en squares.                           

Je flâne sans souci du lendemain.                         

Le beau kiosque à musique                                           

S’envole dans un claquement d’ardoises.  

 

Les jets d’eau, un moment troublés,                                   

Déversent leurs colliers de perles irisées          

La préfecture en blanc se fait une beauté.                               

J’échafaude les toits et le ciel des mansardes.        

 

Derrière les hauts murs, l’école maternelle               

Piaille d’anges rieurs, insouciants et bruyants.               

Une pervenche colle ses poèmes ,

Sur le front des voitures   

Tous les chevaux de bois     

S’enivrent de soleil, et tournent à tue-tête                

Soudain, un inconnu demande son chemin. 

Je lui offre le mien.                                    

Triste et las  il me dit :     

 « Ah ! mais c’est toi, comment vas-tu ? » 

« Bien, et toi aussi à ce que je vois… »  

Mais je ne l’ai pas reconnu.                                

Il me tourne le dos, en haussant les épaules.               

 

Léger je continue à me baguenauder.                 

La mémoire, soudain, à l’esprit  me revient.     

Je pense à Toi Seigneur.   

Et si  c’était Toi cet ami perdu ?      

Peut-être que Tu me l’as envoyé.                 

 

Je me mets à sa recherche, avec fièvre,  

De rues en rues et de places en squares.

Hélas !Je n’ai pas pu le retrouver.                                              

 

Je suis rentré, chez moi, triste en me maudissant. 

 

Pardon Seigneur, pardon.      

Je ne T’ai pas reconnu ce jour-là.

Cet ami, je ne l’ai pas écouté, 

Je ne l’ai pas guidé.              

Ce jour-là, O Seigneur    

Mon cœur était bien trop léger, bien trop.

Encore pardon, j’étais loin de Toi.                    

 

Plus Tu es près de moi et moins je pense à Toi. 

 
 
 Gaudeamus (mes textes)

dimanche, 20 novembre 2005

Partir

 

 

PARTIR                                                                     

Tout abandonner , 

 Sans se retourner,                   

Sans espoir de retour            

PARTIR                                       

Un soir ou un matin                    

Qu’importe                                 

PARTIR                                            

Sans un quignon de pain                      

Ne compter que sur soi                 

Ses forces et ses mains                     

PARTIR                                      

Tout oublier                   

Ses joies, ses lendemains                      

Ses amours, ses chagrins           

PARTIR                                               

Ne devoir plus rien à personne                    

Même pas la charité du prochain  

PARTIR                      

Tout quitter , disparaître.                          

Prendre un nouveau chemin                    

Devenir un homme nouveau   

Quitter ses oripeaux              

Changer de peau                                          

Garder seulement les meilleurs morceaux  

PARTIR                                              

Se perdre à tout jamais, pour mieux se retrouver .           

.

 

Revenir  un jour vers  les siens            

Un soir ou un matin             

Qu’importe                                          

Se présenter à eux,             

En véritable homme nouveau       

Avec tous ses meilleurs morceaux                           

Les embrasser, comme on embrasse                                  

Pour la première fois quelqu’un qu’on aime.           

Les tenter,  les encourager,                                                            

A faire de même : PARTIR   

Pour s’aimer intégralement soi-même   

Et ainsi, mieux aimer et comprendre les autres.             

 

               

                           

 
 
 
 

 

mercredi, 16 novembre 2005

Apaiser l'ombre

                                                               

Apaiser l’ombre                   

Aux créneaux des poings        

Les mots s’étranglent           

Dans des hoquets de sang.                

 

Les chiens policiers                 

Affûtent les couteaux  

Déchirent la haine                      

A crocs acérés                 

             

L’ombre se retire               

Toute lame luisante.                      

Cris perdus dans les murs               

Bouches grandes ouvertes                   

 

Mordre la tempête 

A pleines dents          

Se laver du sang               

Des ordures langagières.        

 

Des hordes déchaînées      

Têtes à bout de piques        

Bavant le mensonge          

Aux  flambeaux rougeoyants.        

 

Soir chargé de grêle               

Trognes rouges dans les vignes.       

Rien ne sera comme avant,

Pour les gorges amères.             

 

Apaiser l’ombre       

Au bas de l’horizon              

Y accrocher                          

Un beau  soleil de juillet.         

 

vendredi, 11 novembre 2005

Nécropole

                                                                            

Murs tronçonnés de croix   

Adossées à l’oubli               

Créneaux

Tutélaires de l’au-delà   

Les feux follets le ressuscitent      

 

Les ifs en boules 

Les sombres cyprès    

Fossoyeurs du vent      

Colportent de vagues pourvois     

 

Une brouette plaintive     

Ronge des os blanchis       

Volés à quelques chiens galeux    

Au fond d’un vieux sarcophage    

 

La pierre affûte la faux.    

Le temps affûte le temps.

Gaudeamus  

lundi, 07 novembre 2005

Symphonie Automnale ( Ambierte - loire)

   

 

 

Symphonie automnale à Ambierle (Loire)

   

La hotte pourpre et or du cloître bleu vendange

Le soleil de la vigne éclaboussée de sang.

Le pressoir en fusion, entre les doigts d’un ange,

Ecrase les raisins dans un jus ravissant.

 

Le miel des peupliers bruit d’essaims d’abeilles.

Les cierges du coteau, en ordre rassemblés,

Brûlent l’encens roussi des feuilles et des treilles.

Les grives sous les ceps jettent des cris comblés.

 

De la bourgade fleure une moiteur de voûte.

Le prieuré serein, les yeux vermeils, écoute

L’église flamboyante égrener l’air du temps.

 

Le flâneur tresse au ciel des grappes de prières.

Dans cette cuve fauve, aux reflets éclatants,

L’esprit du lieu s’enivre, étourdi de lumière

 

 

Gaudeamus (mes textes)
 

 

jeudi, 27 octobre 2005

LES VIVANTS

                                                 
 

Pourquoi pleurer, prier, 

Et refleurir les pierres   

De ce petit coin de terre  

Ou le ciel est absent ?     

 

Les tourterelles y viennent   

Les lézards, les pigeons    

Pour nous dire qu’il existe une autre terre,  

Où vivent les Vivants.    

 

Lumineux dans leur beau corps de lumière   

Ils sourient avec chagrin de nous voir,      

En face d’eux, moins vivants.    

 

Nous alourdissons nos chaînes     

Et leurs corps de lumière            

Avec nos pleurs, nos fleurs et nos prières   

Nous les rendons moins vivants.      

 

Nous irons tous dans cet immense éden    

Où le ciel nous comblera de musique,             

De chants célestes, au milieu de treilles,       

Gorgées d’un divin nectar très puissant.    

 

Réjouissons-nous, nous irons tous un jour  

Nous enivrer de ciel et de soleil ,    

Dans le jardin des Vivants.   

Gaudeamus (Poésies et essais) 

lundi, 24 octobre 2005

Nuits blanches

 


ô nuits blanches !                                                   

Tu me mets sur le flanc des pires cauchemars,        

A l’heure la plus sombre et basse de la nuit.       

Les morts vivants sont imprenables.                                     

Dans mes veines circule un sang d’encre et de mort.            

Une lave brûlante au cœur de mes artères.                             

 

Le globe renversé de tes yeux                       

N’y voit rien à redire.                                    

Les traites dorment bien au chaud ,                       

Quand les chauves- souris                     

Se balancent au ciel de mon lit.   

Un boa y a laissé des plumes                       

Et une pincée de myosotis.                             

 

Au petit matin, les enfants,                  

Le nez piqué dans leur bol,  

Astiquent de leurs poings                             

Les éclats de porcelaine bleue                          

Que leur a légués la nuit.                             

 

Moi, le ressuscité blafard,                                 

Epuisé par une si longue attente,                        

Chasse à grands coups de draps humides              

Le soleil des vivants…                                  

 

Au fond d’une seringue,                          

Ou d’une boîte en carton                           

J’y trouverai mon compte                                

Pour passer la journée, au ralenti et vide.      

Regardant hébété les hauts murs décrépis       

De ma misérable vie.                       

 

Au moment du coucher,                  

Sur la table de nuit,                               

Je reverrai, à coup sûr,                     

Le grand magicien noir              

Ricaner de toutes ses dents             

Qu’on dit de nuits blanches...           

  

 

Gaudeamus ( Poésies et textes)

 

lundi, 17 octobre 2005

Nuits blanches

 

 

ô nuits blanches !

Tu me mets sur le flanc des pires cauchemars,

A l’heure la plus sombre et basse de la nuit.

Les morts vivants sont imprenables.

Dans mes veines circule un sang d’encre et de mort.

Une lave brûlante au cœur de mes artères.

 

Le globe renversé de tes yeux

N’y voit rien à redire.

Les traites dorment bien au chaud ,

Quand les chauves- souris

Se balancent au ciel de mon lit.

Un boa y a laissé des plumes

Et une pincée de myosotis.

 

Au petit matin, les enfants,

Le nez piqué dans leur bol,

Astiquent de leurs poings

Les éclats de porcelaine bleue

Que leur a légués la nuit.

 

Moi, le ressuscité blafard,

Epuisé par une si longue attente,

Chasse à grands coups de draps humides

Le soleil des vivants…

 

Au fond d’une seringue,

Ou d’une boîte en carton

J’y trouverai mon compte

Pour passer la journée, au ralenti et vide.

Regardant hébété les hauts murs décrépis

De ma misérable vie.

 

Au moment du coucher,

Sur la table de nuit,

Je reverrai, à coup sûr,

Le grand magicien noir

Ricaner de toutes ses dents

Qu’on dit de nuits blanches...

 

Gaudeamus (Poésies)

lundi, 10 octobre 2005

La maison abandonnée

 

 

 

 

La pluie a transformé ma toiture en éponge. 

L’horizon est barré d’un rideau blanc perlé. 

Je sais que je ne suis pas de ce monde. 

Mon âme voyage au gré des saisons,     

Dans des royaumes connus que de moi.   

 

Quelques fois, des enfants jouent dans ma cour,

A la marelle ou à des jeux d’adultes.  

Au bord de mon puits des paysans viennent

Y boire leur piquette. 

Les oiseaux m’accueillent comme leur frère  :   

Leur monde est le mien, mon monde est le leur. 

 

Je voyage très haut sur ma planète immense.

Les milliards d’inconnus de l’autre rive  

Me sourient le matin, me veillent au coucher.  

 

Le temps est révolu des prières obscènes. 

Un ermite, en mes murs,  récite ses prières.

 

Les étangs bleus de ma mémoire ont éclaté  

Des nénuphars volent groupés dans les nuages.

Reconnaissez mes chers maîtres,    

Je ne vous ai pas trahis.        

Je vous ai bien étudiés.  

Ne vous ai pas oubliés, 

Dans les rochers jaunis de mes vieux souvenirs.

 

A l’heure du berger, un génie m’accompagne.  

Il m’explique un ancien texte enfoui dans les lierres.

L’esprit souffle la nuit, sur les plaines des hommes.

Plaines imaginaires.

Mes maîtres, aurez-vous le temps d’hausser la voix ,

Pour que la vérité éclate de plein fouet,       

Aux sommets de ces monts qui couronnent mes jours ? 

Une primevère, un perdreau  hardi

M’ont salué ce matin. 

Un enfant m’a dit bonjour, à demain.     

Sa tignasse soleil m’est familière      

Dans mes rêves, j’étais lui. Et lui moi.  

 

Un message est enterré dans mes ruines,  

Croyez-en le génie, qui  veille sur mon toit.   

Aux âmes pures, sera dévoilé

Son grand hermétisme. 

Pour le décrypter, il faut, dans le mot,

Le lire à haute voix.

Des passants amoureux sont passés à côté,

Redoutant mon secret… 

 
 

Ma plume a bu l’encre de l’encrier.

Et une araignée, châtaigne des bois, 

Lorgne par la serrure  

De la maison abandonnée.

 

N’y voyez rien d’étrange, 

Mais la seule et unique vérité. 

Gaudeamus ( Essais)

 
 
 
 

Les petits anges

 
 

Les enfants qui ont quitté  tôt

Le sein de leur mère en sanglots

Mettent leur destinée de marbre

Dans la sève et le cœur des arbres

 

Leur envol rend les blés féconds

Donne aux fleurs belle floraison

Le vent effeuille leurs paroles

Aux cahiers des enfants d’école

 

Ils nichent avec les oiseaux

Ils chantent au fond des ruisseaux

Ils goûtent le miel des abeilles

Les baies des haies et les airelles

 

On les voit en toutes saisons

Nulle n’a leur prédilection.

Ils s’amusent avec la neige,

Les cerf-volants et les manèges.

 

Dans nos peines et nos chagrins,

Ils nous tiennent fort par la main.

Ils nous regardent, nous respectent

Nous accompagnent dans nos fêtes

 

Chers parents ouvrez grand les yeux

Pour vos petits anges des cieux

Ils sont au ciel et sur la terre

Joie et puissance tutélaire.

 

Gaudeamus (Poésies)

La ronde des visages

 

 

 

Regardez les visages

Que vous côtoyez chaque jour

Ils reflètent l’image

Du malheur, du bonheur, de l’amour.

                       

Les lèvres sensuelles

Papillent de désir

Aux confins des ruelles

Des plus petits plaisirs.

 

Et les yeux s’émerveillent

De ceci de cela

Des raisins de la treille

Ou d’un brin de lila.

 

Le burin des années

A creusé ses sillons

Dans les faces tannées

Au soleil des grillons.

 

Des relents de mansardes

Flottent sur les amants

Et en moi s’acagnardent

Comme des vieux serments.

 

Au lourd chagrin des veuves

Aux pleurs des orphelins

Que tous les cœurs s’émeuvent

Et se fassent câlins.

 

Les visages en ronde

Tournent, tournent en moi

Ils font le tour du monde

Et m’emplissent d’émoi.

Gaudeamus (Poésies)

 
 

.

 
 
 
 
 

 

 

 

 

Au participe passé

Le combat de Jacob et l'Ange de Delacroix en l'église St Sulpice à Paris.

                                                                                   

Jacob, dont le nom indique celui qui supplante, sera décrit sous les aspects d'un personnage fourbe et menteur dans l'Ancien Testament. Il ravira le droit d'aînesse à son frère Esaü par ruse. Son comportement sera profondément modifié après ce combat qui durera jusqu'à l'aube dans le ravin de Yabboq. Son adversaire lui dira : On ne t'appellera plus Jacob mais Israël, car tu as lutté avec Dieu et avec les hommes, et tu l'as emporté (Genèse 32, 29-31).
Jacob lui demandera :
"De grâce, indique moi ton nom".
"Et pourquoi, dit-il, me demandes-tu mon nom ?"
Là même, il le bénit.
Jacob appellera ce lieu Peniel, c'est-à-dire face de Dieu, car j'ai vu Dieu face à face et ma vie a été sauvée.

 
 
 

         (rêve du 03/11/02)

 

Je me raconte parfois ce mensonge,                       

Honteux à souhait    

De ma lointaine enfance                         

                                                                             

 

Oserais-je conter cette histoire fort louche      

Derrière les grilles             

De ma  noire conscience,                     

Sur l’étole blanche de ma mémoire ?                      

 

L’amour, la jalousie  

M’ont piégé dans des embrouilles furtives.

Dans des chemins de traverse, je fuis. 

Aucune cachette n’est confortable.     

Un œil me poursuit dans mes embuscades, 

Avec ses références.   

 

Je reviendrai encore à mon enfance :    

Contes immoraux

Maladies à prétexte.     

Il est  grand temps pour moi de sortir du préau,    

Afin d’aller jouer, dans la cour des grands.  

 

Je voudrais tant réparer les dégâts                        

D’une écriture amoureuse, perverse,                    

Fade et violente.                                                      

 

Il me faudra relire

Cette très ancienne histoire biblique 

Du combat de Jacob, jusqu’à l’aube, avec l’Ange.

 Je sens la solution de l’énigme être là .              

Mon  problème est resté, jusqu’alors insoluble.                         

 

Ce vieil amour me reviendra mal ravaudé.    

Rancune ou indulgence ?                                              

Comment retrouver toute sa confiance ?. 

La partie est très loin d’être gagnée d’avance.   

 

Dans l’eau lustrale d’un  puits très ancien,

Connu de moi seul,                       

Où  je me laverai en larges ablutions,

Je reprendrai des forces,    

Bravoure, à toute épreuve. 

 
 

Il  m’est indispensable  

De me ressourcer 

De revenir à l’homme primitif.

 

Et je me battrai nu, tel Jacob avec l’Ange. 

A poings découverts, 

 

A la face des hommes.

 

Je contemplerai Dieu. Je changerai de nom

 

 Et je serai sauvé.

 
 
 

Derrière les murs

 

Le temps s’accroche aux rideaux.

Les soliloques n’y peuvent plus rien

Un soleil glacial et rusé

S’invite à la table

Dans un bol blanc ébréché

 

Sur le tablier de la cheminée

Une grosse pipe défunte

Baille au crucifix pendu

L’âtre a perdu ses brillants

Un chaudron enrobé de suie

Marche à trois pieds

Dans un univers sépulcral.

Soudain la grosse armoire

En chêne verni se met à crier

Une petite fille espiègle, ébouriffée

Blonde comme les blés

Remue tout en entrant

 

Les ombres glissent sous les meubles

Et s’acagnardent dans les coins

 

Elle plaque un baiser furtif et négligent,

Sur les joues de l’aïeule, assise sur sa chaise 

« Mamie il faudrait bouger.

Ma maman dit que tu ne bouges pas assez »

« Oui ma petite fille mais mes jambes, mes jambes… »

 

« Je te laisse le pain mamie…  »

Puis, un autre baiser étourdi, insolent.

Tout se remet en place

La vieille horloge à balancier

A replacé ses doigts sur le cadran du temps

A petits bruits

A pleines dents.

 

 

Gaudeamus (mes textes)

 

Dans la nuit, un Cri...

 

 

 

Dans la nuit, un cri

D’une femme folle

Perdue dans les murs.

 

Un silence

Une porte claque

Des voix de brume

Des sanglots de gorge étouffés

Une chandelle qui s’allume

Derrière des rideaux perlés

Des pas montent dans le ciel

Bas et sourd

 

O nuit 

Je te vomis !

Tu as fauché le rire d’un enfant

 

Je hais tes mains sales 

 

Pour ce rite de sang

Je voudrais te tordre le cou

Et te noyer dans la rivière

 

Qui pleure à mes pieds…des larmes de sang.

 

Le Grand Héritage

Les électrons-éons, quasi immortels, constitueraient  les éléments de notre propre survie après la mort, mais sous une forme très différente de celle de notre corps. De ce fait, quelque chose de nous est immortel : " Mort, voici ta défaite ! "

Les sources profondes de mon corps  

Charrient les éons                          

Que de siècles en siècles                

Nos ancêtres ont déposé     

Au fond des océans et dans tout le limon.            

 

Sur les berges, les plages, les plaines,  les monts. 

Ils ont creusé les sillons                                              

De leurs rêves, de leurs joies , de leurs misères.   

 

J’ai appris leurs leçons                               

Que  j’ai ânonnées sur les bancs                          

Avec des cancres et des génies.                          

Dans les cours de récréation                                   

J’ai découvert les jeux  de la procréation 

Interdits.                

Que se transmettent  filles et garçons         

De génération en génération.         

 

Les sources profondes de mon corps   

Charrient les éons     

Que de siècles en siècles 

Nos ancêtres ont hérités   

Qu’ils nous ont transmis 

Que nous retransmettrons à nos enfants  

Pour qu’ils  deviennent à leur tour    

Des éons

Immortels.          

 

Les Mutants

.« On ne voit bien qu’avec le cœur »

« Moi, se dit le Prince, si j’avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais  vers une fontaine. »

Antoine de Saint-Exupéry

 
 
 
                                                                                                  

L’éclair n’est pas vengeance      

Mais seulement le germe, à la survie des hommes.  

La foudre la semence   

Le tonnant sa parole.    

 

L’œil de la création nous a jeté un sort.  

Son jugement, en d’autres temps, fut rejeté,     

D’où le serpent de feu, l’éclair pour les vivants.     

Et l’écho fragmenté, en réponse à la voix.       

 

Enfant, ma crainte allait au tonnerre, aux éclairs.  

L’écho m’émerveillait.        

Il y a bien longtemps, j’ai quitté la quiétude  

Des montagnes, des champs.

Pour le charivari, les braises des néons.     

 

J’entends souvent des voix : les mutants sont en marche.  

A nos yeux invisibles.   

Ces géants silencieux avancent à grands pas.

Je les rencontrerai un jour à la margelle   

D’une fontaine ardente :  

Ces êtres de lumière, aux cerveaux d’or, d’argent  

Et aux yeux de cristal.

 

Leurs discours fracassants ébranleront nos cœurs.

Nous serons transformés, au profond de nous-mêmes.

Allons vers les fontaines

Allons à leur rencontre.

Ces mutants prodigieux connaissent nos questions.

Ils sauront y répondre.

Nous deviendrons comme eux

Des Géants.

Gaudeamus (essais)