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lundi, 10 octobre 2005

La ronde des visages

 

 

 

Regardez les visages

Que vous côtoyez chaque jour

Ils reflètent l’image

Du malheur, du bonheur, de l’amour.

                       

Les lèvres sensuelles

Papillent de désir

Aux confins des ruelles

Des plus petits plaisirs.

 

Et les yeux s’émerveillent

De ceci de cela

Des raisins de la treille

Ou d’un brin de lila.

 

Le burin des années

A creusé ses sillons

Dans les faces tannées

Au soleil des grillons.

 

Des relents de mansardes

Flottent sur les amants

Et en moi s’acagnardent

Comme des vieux serments.

 

Au lourd chagrin des veuves

Aux pleurs des orphelins

Que tous les cœurs s’émeuvent

Et se fassent câlins.

 

Les visages en ronde

Tournent, tournent en moi

Ils font le tour du monde

Et m’emplissent d’émoi.

Gaudeamus (Poésies)

 
 

.

 
 
 
 
 

 

 

 

 

Au participe passé

Le combat de Jacob et l'Ange de Delacroix en l'église St Sulpice à Paris.

                                                                                   

Jacob, dont le nom indique celui qui supplante, sera décrit sous les aspects d'un personnage fourbe et menteur dans l'Ancien Testament. Il ravira le droit d'aînesse à son frère Esaü par ruse. Son comportement sera profondément modifié après ce combat qui durera jusqu'à l'aube dans le ravin de Yabboq. Son adversaire lui dira : On ne t'appellera plus Jacob mais Israël, car tu as lutté avec Dieu et avec les hommes, et tu l'as emporté (Genèse 32, 29-31).
Jacob lui demandera :
"De grâce, indique moi ton nom".
"Et pourquoi, dit-il, me demandes-tu mon nom ?"
Là même, il le bénit.
Jacob appellera ce lieu Peniel, c'est-à-dire face de Dieu, car j'ai vu Dieu face à face et ma vie a été sauvée.

 
 
 

         (rêve du 03/11/02)

 

Je me raconte parfois ce mensonge,                       

Honteux à souhait    

De ma lointaine enfance                         

                                                                             

 

Oserais-je conter cette histoire fort louche      

Derrière les grilles             

De ma  noire conscience,                     

Sur l’étole blanche de ma mémoire ?                      

 

L’amour, la jalousie  

M’ont piégé dans des embrouilles furtives.

Dans des chemins de traverse, je fuis. 

Aucune cachette n’est confortable.     

Un œil me poursuit dans mes embuscades, 

Avec ses références.   

 

Je reviendrai encore à mon enfance :    

Contes immoraux

Maladies à prétexte.     

Il est  grand temps pour moi de sortir du préau,    

Afin d’aller jouer, dans la cour des grands.  

 

Je voudrais tant réparer les dégâts                        

D’une écriture amoureuse, perverse,                    

Fade et violente.                                                      

 

Il me faudra relire

Cette très ancienne histoire biblique 

Du combat de Jacob, jusqu’à l’aube, avec l’Ange.

 Je sens la solution de l’énigme être là .              

Mon  problème est resté, jusqu’alors insoluble.                         

 

Ce vieil amour me reviendra mal ravaudé.    

Rancune ou indulgence ?                                              

Comment retrouver toute sa confiance ?. 

La partie est très loin d’être gagnée d’avance.   

 

Dans l’eau lustrale d’un  puits très ancien,

Connu de moi seul,                       

Où  je me laverai en larges ablutions,

Je reprendrai des forces,    

Bravoure, à toute épreuve. 

 
 

Il  m’est indispensable  

De me ressourcer 

De revenir à l’homme primitif.

 

Et je me battrai nu, tel Jacob avec l’Ange. 

A poings découverts, 

 

A la face des hommes.

 

Je contemplerai Dieu. Je changerai de nom

 

 Et je serai sauvé.

 
 
 

Derrière les murs

 

Le temps s’accroche aux rideaux.

Les soliloques n’y peuvent plus rien

Un soleil glacial et rusé

S’invite à la table

Dans un bol blanc ébréché

 

Sur le tablier de la cheminée

Une grosse pipe défunte

Baille au crucifix pendu

L’âtre a perdu ses brillants

Un chaudron enrobé de suie

Marche à trois pieds

Dans un univers sépulcral.

Soudain la grosse armoire

En chêne verni se met à crier

Une petite fille espiègle, ébouriffée

Blonde comme les blés

Remue tout en entrant

 

Les ombres glissent sous les meubles

Et s’acagnardent dans les coins

 

Elle plaque un baiser furtif et négligent,

Sur les joues de l’aïeule, assise sur sa chaise 

« Mamie il faudrait bouger.

Ma maman dit que tu ne bouges pas assez »

« Oui ma petite fille mais mes jambes, mes jambes… »

 

« Je te laisse le pain mamie…  »

Puis, un autre baiser étourdi, insolent.

Tout se remet en place

La vieille horloge à balancier

A replacé ses doigts sur le cadran du temps

A petits bruits

A pleines dents.

 

 

Gaudeamus (mes textes)

 

Dans la nuit, un Cri...

 

 

 

Dans la nuit, un cri

D’une femme folle

Perdue dans les murs.

 

Un silence

Une porte claque

Des voix de brume

Des sanglots de gorge étouffés

Une chandelle qui s’allume

Derrière des rideaux perlés

Des pas montent dans le ciel

Bas et sourd

 

O nuit 

Je te vomis !

Tu as fauché le rire d’un enfant

 

Je hais tes mains sales 

 

Pour ce rite de sang

Je voudrais te tordre le cou

Et te noyer dans la rivière

 

Qui pleure à mes pieds…des larmes de sang.

 

Le Grand Héritage

Les électrons-éons, quasi immortels, constitueraient  les éléments de notre propre survie après la mort, mais sous une forme très différente de celle de notre corps. De ce fait, quelque chose de nous est immortel : " Mort, voici ta défaite ! "

Les sources profondes de mon corps  

Charrient les éons                          

Que de siècles en siècles                

Nos ancêtres ont déposé     

Au fond des océans et dans tout le limon.            

 

Sur les berges, les plages, les plaines,  les monts. 

Ils ont creusé les sillons                                              

De leurs rêves, de leurs joies , de leurs misères.   

 

J’ai appris leurs leçons                               

Que  j’ai ânonnées sur les bancs                          

Avec des cancres et des génies.                          

Dans les cours de récréation                                   

J’ai découvert les jeux  de la procréation 

Interdits.                

Que se transmettent  filles et garçons         

De génération en génération.         

 

Les sources profondes de mon corps   

Charrient les éons     

Que de siècles en siècles 

Nos ancêtres ont hérités   

Qu’ils nous ont transmis 

Que nous retransmettrons à nos enfants  

Pour qu’ils  deviennent à leur tour    

Des éons

Immortels.          

 

Les Mutants

.« On ne voit bien qu’avec le cœur »

« Moi, se dit le Prince, si j’avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais  vers une fontaine. »

Antoine de Saint-Exupéry

 
 
 
                                                                                                  

L’éclair n’est pas vengeance      

Mais seulement le germe, à la survie des hommes.  

La foudre la semence   

Le tonnant sa parole.    

 

L’œil de la création nous a jeté un sort.  

Son jugement, en d’autres temps, fut rejeté,     

D’où le serpent de feu, l’éclair pour les vivants.     

Et l’écho fragmenté, en réponse à la voix.       

 

Enfant, ma crainte allait au tonnerre, aux éclairs.  

L’écho m’émerveillait.        

Il y a bien longtemps, j’ai quitté la quiétude  

Des montagnes, des champs.

Pour le charivari, les braises des néons.     

 

J’entends souvent des voix : les mutants sont en marche.  

A nos yeux invisibles.   

Ces géants silencieux avancent à grands pas.

Je les rencontrerai un jour à la margelle   

D’une fontaine ardente :  

Ces êtres de lumière, aux cerveaux d’or, d’argent  

Et aux yeux de cristal.

 

Leurs discours fracassants ébranleront nos cœurs.

Nous serons transformés, au profond de nous-mêmes.

Allons vers les fontaines

Allons à leur rencontre.

Ces mutants prodigieux connaissent nos questions.

Ils sauront y répondre.

Nous deviendrons comme eux

Des Géants.

Gaudeamus (essais)

 

La Légende du Chardonneret

 

 

 

La légende du chardonneret.

 

Quand Jésus fut cloué sur le ciel et la terre,

Un oiseau se posa au sommet de la croix.

A petits coups de bec, il tapota le bois.

Le Christ, dans sa douleur, lui fit cette prière :

 

« J’offre mon sang, ma mort et ma souffrance entière

Mais cette épine au front, oiseau enlève moi. »

On entendit un chant, en réponse à la Voix.

L’oisillon se pencha sur la couronne altière.

 

Très doux, avec son bec, l’épine il retira.

Jésus ouvrit les yeux et le remercia.

Et depuis, un oiseau nous montre sur sa tête

 

Sa belle tache rouge, en mémoire du fait.

Ecoutez la chanson, dans les chardons en fête,

Du bon chardonneret, familier à souhait.

 

Gaudeamus (mes textes)