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mardi, 29 novembre 2005

Mon clochard

 
 

Dans le parc désert

Sous un froid glacial

Un clochard barbu

Et bien mal vêtu

Boit à la bouteille

Les dernières gouttes

De son sang gelé.

Je m’approche de lui

Je lui tends la main.

Son regard perdu

Son regard lointain

Cherche  dans sa tête.

« Est-ce mon ami

Ou un ennemi ? »

« T’as pas un euro ? »

« Plutôt un refuge ? »

« Qu’on me fout’ la paix ! »

Le bonhomme insiste :

« T’as pas un euro ? »

Je lui en sers dix.

Il rit, me sourit.

Il bafouille un mot :

Un petit merci

Et vite m’oublie

Je pars mécontent

Bouillant de colère

Dans mon sang bien chaud

Mais, ai-je le droit

D’obliger un pauvre

A mener la vie

D’un petit bourgeois ?

J’en sais foutre rien.

Sa richesse à lui

C’est son vin. Putain !

 

Gaudeamus

 
 
 

samedi, 26 novembre 2005

Mort comme un chien

 Aujourd’hui 25 novembre 2005  

J’ai effacé de mon blog tous mes écrits, poèmes, etc., pour le dédier à cet homme mort ce matin de froid, et aussi à tant et tant d’autres d’hier, d’aujourd’hui et, hélas ! encore demain…  

Quand cela prendra-t-il fin ? Il y en a marre des bons sentiments, des promesses des hommes politiques, de cette société aveugle, sourde, indifférente au malheur qui les entoure… Il y en a marre, archi marre ! Mais bon dieu ! quand cela prendra-t-il fin ?

 

 

 

Mort comme un chien.

 

Ô mon Dieu pourquoi, mais pourquoi ?

Un homme a été expulsé,

Comme un chien galeux, misérable.

Bien sûr, juste avant les grands froids.

 

On l’a retrouvé ce matin

Mort gelé, mort dans sa voiture

Avec quelque argent dans ses poches

Et des provisions dans son coffre.

 

Ô mon Dieu pourquoi, mais pourquoi ?

Il est mort fier, en plein hiver,

Rejeté, déçu par ses frères

Qui ne savaient pas, mais pourquoi ?

 

Le cœur de l’Abbé Pierre pleure,

Lui, le combattant du malheur.

Je dédie ces quatrains, à Toi,

Pauvre Inconnu, mort comme un chien.

 

Gaudeamus

 

 

vendredi, 25 novembre 2005

Léon Deubel

 

Merci de vos commentaires et je vous répondrais par ce poème de Léon Deubel qui a connu la vie de bohème…avec l’abandon, la détresse et le désespoir.

Une nuit de janvier 1906, sa misère le conduit au Carrrousel, et là, sur un banc, dans l’ombre, il composa cette prière : la prière de l’âme humaine qui souffre, et entrevoit, au travers de ses douleurs, Le Consolateur.

 

 Seigneur ! je suis sans pain, sans rêve et sans demeure.
Les hommes m’ont chassé parce que je suis nu,
Et ces frères en vous ne m’ont pas reconnu
Parce que je suis pauvre et parce que je pleure.
 
Je les aime pourtant comme c’était écrit
Et j’ai connu par eux que la vie est amère,
Puisqu’il n’est pas de femme qui veuille être ma mère
Et qu’il n’est pas de cœur qui entende mes cris.
 
Je sens, autour de moi, que les bruits sont calmés,
Que les hommes sont las de leur fête éternelle.
Il est bien vrai qu’ils sont sourds à ceux qui appellent.
Seigneur ! pardonnez-moi s’ils ne m’ont pas aimé !
 
Seigneur ! j’étais sans rêve et voici que la lune
Ascende le ciel clair comme une route haute.
Je sens que son baiser m’est une pentecôte,
Et j’ai mené ma peine aux confins de sa dune.

Mais j’ai bien faim de pain, Seigneur ! et de baisers !
Un grand besoin d’amour me tourmente et m’obsède,
Et sur mon banc de pierre rude se succèdent
Les fantômes de Celles qui l’auraient apaisé.
 
Le vol de l’heure émigre en des infinis sombres,
Le ciel plane, un pas se lève dans le silence,
L’aube indique les fûts dans la forêt de l’ombre,
Et c’est la Vie, énorme encor qui recommence !


 


lundi, 21 novembre 2005

UN AMI

.

 

                                                                                          
 

La ville m’a pris par la main.                                           

De rues en rues et de places en squares.                           

Je flâne sans souci du lendemain.                         

Le beau kiosque à musique                                           

S’envole dans un claquement d’ardoises.  

 

Les jets d’eau, un moment troublés,                                   

Déversent leurs colliers de perles irisées          

La préfecture en blanc se fait une beauté.                               

J’échafaude les toits et le ciel des mansardes.        

 

Derrière les hauts murs, l’école maternelle               

Piaille d’anges rieurs, insouciants et bruyants.               

Une pervenche colle ses poèmes ,

Sur le front des voitures   

Tous les chevaux de bois     

S’enivrent de soleil, et tournent à tue-tête                

Soudain, un inconnu demande son chemin. 

Je lui offre le mien.                                    

Triste et las  il me dit :     

 « Ah ! mais c’est toi, comment vas-tu ? » 

« Bien, et toi aussi à ce que je vois… »  

Mais je ne l’ai pas reconnu.                                

Il me tourne le dos, en haussant les épaules.               

 

Léger je continue à me baguenauder.                 

La mémoire, soudain, à l’esprit  me revient.     

Je pense à Toi Seigneur.   

Et si  c’était Toi cet ami perdu ?      

Peut-être que Tu me l’as envoyé.                 

 

Je me mets à sa recherche, avec fièvre,  

De rues en rues et de places en squares.

Hélas !Je n’ai pas pu le retrouver.                                              

 

Je suis rentré, chez moi, triste en me maudissant. 

 

Pardon Seigneur, pardon.      

Je ne T’ai pas reconnu ce jour-là.

Cet ami, je ne l’ai pas écouté, 

Je ne l’ai pas guidé.              

Ce jour-là, O Seigneur    

Mon cœur était bien trop léger, bien trop.

Encore pardon, j’étais loin de Toi.                    

 

Plus Tu es près de moi et moins je pense à Toi. 

 
 
 Gaudeamus (mes textes)

dimanche, 20 novembre 2005

Partir

 

 

PARTIR                                                                     

Tout abandonner , 

 Sans se retourner,                   

Sans espoir de retour            

PARTIR                                       

Un soir ou un matin                    

Qu’importe                                 

PARTIR                                            

Sans un quignon de pain                      

Ne compter que sur soi                 

Ses forces et ses mains                     

PARTIR                                      

Tout oublier                   

Ses joies, ses lendemains                      

Ses amours, ses chagrins           

PARTIR                                               

Ne devoir plus rien à personne                    

Même pas la charité du prochain  

PARTIR                      

Tout quitter , disparaître.                          

Prendre un nouveau chemin                    

Devenir un homme nouveau   

Quitter ses oripeaux              

Changer de peau                                          

Garder seulement les meilleurs morceaux  

PARTIR                                              

Se perdre à tout jamais, pour mieux se retrouver .           

.

 

Revenir  un jour vers  les siens            

Un soir ou un matin             

Qu’importe                                          

Se présenter à eux,             

En véritable homme nouveau       

Avec tous ses meilleurs morceaux                           

Les embrasser, comme on embrasse                                  

Pour la première fois quelqu’un qu’on aime.           

Les tenter,  les encourager,                                                            

A faire de même : PARTIR   

Pour s’aimer intégralement soi-même   

Et ainsi, mieux aimer et comprendre les autres.             

 

               

                           

 
 
 
 

 

samedi, 19 novembre 2005

19 novembre 2005

Fermé

Jean Sulivan " La mort"

Fermé

21:00 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 18 novembre 2005

Jean Sulivan

Fermé

22:15 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (1)

"Rhumeurs" Intérieures

Fermé

Prière Indienne

A tous ceux que j'aime et qui m'aiment...

Quand je ne serai plus là, relâchez-moi,

laissez-moi partir,
J’ai tellement de choses à faire et à voir.

Ne pleurez pas en pensant à moi.
Soyez reconnaissants pour les belles années.
Je vous ai donné mon amitié, vous pouvez

seulement deviner
Le bonheur que vous m’avez apporté.

Je vous remercie de l’amour que chacun m’a démontré,
Maintenant, il est temps de voyager seul.
Pour un court moment vous pouvez avoir de la peine,
La confiance vous apportera réconfort et consolation.
Nous serons séparés pour quelque temps.
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur,
Je ne suis pas loin, et la vie continue…

Si vous avez besoin, appelez-moi et je viendrai,
Même si vous ne pouvez pas me voir ou me toucher,

je serai là,
Et si vous écoutez votre cœur, vous éprouverez

clairement
La douceur de l’amour que j’apporterai.
Et quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir.

Absent de mon corps, présent avec Dieu.
N’allez pas sur ma tombe pour pleurer,
Je ne suis pas là, je ne dors pas.

Je suis les milles vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige,
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d’automne,
Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l’étoile qui brille dans la nuit.

N’allez pas sur ma tombe pour pleurer.
Je ne suis pas là. Je ne suis pas morte.


- Prière indienne -


    
 
 
 

 
 

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"Rhumeurs" intérieures

Fermé

René Char

Fermé

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jeudi, 17 novembre 2005

La femme au fruit mûr

                                       

La femme au fruit mûr.                                     

qui va mettre au monde      

tend son ventre au vent,        

au soleil, à la pluie…            

Sa robe, ample, arrondie,                  

son corsage fleuri

au parfum de jonquilles             

cache des trésors                

de douces prairies,             

                 pleines de bon lait,   

                 de fleurs et d’oiseaux 

                                                             

                    

 

               Sa démarche altière    

              lui soutient les hanches.   

                  Cette agitation        

                  va changer sa vie.     

 

       Ses pieds et ses cuisses    

       Sont vraiment immenses      

         pour porter l’enfant ,    

cramoisi, flétri               

comblé de baisers,            

comblé de caresses,             

chargé de promesses,         

 

 qui jaillira de ses flancs, en criant,

 

 pour chanter, pour rire    

et bénir la vie.           

Gaudeamus (Mes textes)

mercredi, 16 novembre 2005

Apaiser l'ombre

                                                               

Apaiser l’ombre                   

Aux créneaux des poings        

Les mots s’étranglent           

Dans des hoquets de sang.                

 

Les chiens policiers                 

Affûtent les couteaux  

Déchirent la haine                      

A crocs acérés                 

             

L’ombre se retire               

Toute lame luisante.                      

Cris perdus dans les murs               

Bouches grandes ouvertes                   

 

Mordre la tempête 

A pleines dents          

Se laver du sang               

Des ordures langagières.        

 

Des hordes déchaînées      

Têtes à bout de piques        

Bavant le mensonge          

Aux  flambeaux rougeoyants.        

 

Soir chargé de grêle               

Trognes rouges dans les vignes.       

Rien ne sera comme avant,

Pour les gorges amères.             

 

Apaiser l’ombre       

Au bas de l’horizon              

Y accrocher                          

Un beau  soleil de juillet.         

 

dimanche, 13 novembre 2005

COULEUR BOCAL


 
 

Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer.
Beaumarchais (Pierre Augustin Caron de)

                                                                                               

Un poisson dans un bocal   

Ça fait couleur bocal,  

Sur un piano à queue               

Avec un beau dandy , 

Barré de ses  bretelles 

Et l’amour de ma vie,   

En porte-jarretelles. 

Enfin c’est ce qu’on dit.  

Regardez  bien l’affiche.   

Vous serez édifié.  

A moins que vous lorgnez  

Par le trou de la serrure,  

Sans tourner la poignée.   

 

Un poisson dans un bocal  

Ça fait couleur bocal,           

A vous saper le moral.   

Avec une sonate de Mozart,    

Genre petite musique de nuit,   

Sans l’amour de ma vie.         

Mais avec un dandy,          

Tout ce qu’il y a de plus réussi     

Et les porte- jarretelles  

De l’amour de ma vie,

Jetées sur le tabouret  

Du piano à queue   

Plein de notes romantiques…       

 

Puisque c’est ainsi, je prends      

Le poisson,  le bocal, 

Le tabouret, le piano   

Le dandy et ses bretelles.

Et les horribles, hideuses

Porte-jarretelles grises.  

 

Plouf ! tout dans le grand bocal

De la piscine profonde    

Avec petite chemise de nuit,    

En guise de musique romantique…      

 

N’ai-je pas réussi cette couleur bocal

En noyant le dandy, ce très vilain dandy ?  

 

Enfin redécouvrir la femme de ma vie

Ell’ ne portera plus de porte-jarretelles

Je ne veux plus les voir, posés sur le clavier

De mon piano à queue de ma chienne de vie.   

 

                                                                                               

Gaudeamus ( Mes textes)


 

 

vendredi, 11 novembre 2005

Nécropole

                                                                            

Murs tronçonnés de croix   

Adossées à l’oubli               

Créneaux

Tutélaires de l’au-delà   

Les feux follets le ressuscitent      

 

Les ifs en boules 

Les sombres cyprès    

Fossoyeurs du vent      

Colportent de vagues pourvois     

 

Une brouette plaintive     

Ronge des os blanchis       

Volés à quelques chiens galeux    

Au fond d’un vieux sarcophage    

 

La pierre affûte la faux.    

Le temps affûte le temps.

Gaudeamus  

mardi, 08 novembre 2005

Pour répondre aux incendiaires

A qui la faute ?

Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?

- Oui.
J'ai mis le feu là.

- Mais c'est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.
Quoi! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs-d'œuvre pleins de foudre et de clartés,
Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire,
Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir,
Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
Dans les poètes! quoi, dans ce gouffre des bibles,
Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
Des Homères, des jobs, debout sur l'horizon,
Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,
Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l'esprit humain tu fais de la fumée !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;
Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine
Il parle, plus d'esclave et plus de paria.
Ouvre un livre.
Platon, Milton, Beccaria.
Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille
L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ;
Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître
À mesure qu'il plonge en ton cœur plus avant,
Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ;
Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre,
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
Car la science en l'homme arrive la première.
Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
C'est à toi comprends donc, et c'est toi qui l'éteins !
Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l'erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un nœud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !

- Je ne sais pas lire.

Victor HUGO

 

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lundi, 07 novembre 2005

Symphonie Automnale ( Ambierte - loire)

   

 

 

Symphonie automnale à Ambierle (Loire)

   

La hotte pourpre et or du cloître bleu vendange

Le soleil de la vigne éclaboussée de sang.

Le pressoir en fusion, entre les doigts d’un ange,

Ecrase les raisins dans un jus ravissant.

 

Le miel des peupliers bruit d’essaims d’abeilles.

Les cierges du coteau, en ordre rassemblés,

Brûlent l’encens roussi des feuilles et des treilles.

Les grives sous les ceps jettent des cris comblés.

 

De la bourgade fleure une moiteur de voûte.

Le prieuré serein, les yeux vermeils, écoute

L’église flamboyante égrener l’air du temps.

 

Le flâneur tresse au ciel des grappes de prières.

Dans cette cuve fauve, aux reflets éclatants,

L’esprit du lieu s’enivre, étourdi de lumière

 

 

Gaudeamus (mes textes)
 

 

vendredi, 04 novembre 2005

Héraclite

« Le grand savoir n’enseigne pas l’intelligence. »
Héraclite

17:05 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 01 novembre 2005

Récite-moi un de nos poèmes.

 

Récite-moi encore                          

 Un de nos beaux poèmes          

Composés pour nous deux.   

 Le bleu vert de tes yeux   

 Riait grand aux éclats   

 Mon cœur tambourinait  

Sur une rime, un vers  

Que tu me récitais, les joues souvent en feu.                              

Je te reprenais, quand tu hésitais.  

Nous étions chaque fois vraiment heureux.  

                       

Mais, parfois tes larmes les murmuraient   

Quand je me bouchais les oreilles   

Pour ne pas entendre ta voix .

Nous déchirions les pages  

Au milieu d’un poème     

Et la fin nous rendait très malheureux.

 

Par une nuit cruelle,   

Une sirène brutale et violente,    

Accompagnée de brancardiers  

T’a emportée 

En plein été.   

 

Ils ne pouvaient savoir qu’ils me laissaient ma peine…

 

La veille nous nous étions disputés  

Pour deux ou trois alexandrins             

Sans importance.               

 

Depuis ce temps              

La poussière de nos poèmes,                

Au vent, à la pluie, au soleil et aux étoiles,    

S’échappe de mes doigts.   

Je ronge mon chagrin                 

Et te redis sans cesse :                     

Tu me manques, je t’aime. 

Gaudeamus