lundi, 17 août 2015
Confucius
J'entends,
j'oublie.
Je vois,
je me souviens.
Je fais,
je comprends.
Confucius (551-479 A.C.)
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vendredi, 14 août 2015
Marx, une critique de la philosophie – Isabelle Garo
Marx est-il un philosophe ? La question est depuis longtemps classique, mais elle ne cesse pas, pour autant, de demeurer féconde. L'oeuvre marxienne, développe en effet un nouveau mode de pensée, nomme critique de l'économie politique. Mais cette critique est aussi bien une critique de la philosophie, qui se présente comme une nouvelle définition du travail théorique et comme une nouvelle conception du rapport de la théorie à la pratique. Ce livre s'attache à montrer que l'oeuvre de Marx se structure selon des moments distincts, fortement articulés et ponctues par la constitution de concepts nouveaux. Ces concepts se démarquent des notions classiques de l'histoire de la pensé : idéologie, dialectique, luttes de classes, révolution, communisme, mais aussi monnaie, marchandise, travail sont donc autant de concepts originaux qui s'éclairent également par leur fonction polémique à l'égard de théories antérieures ou concurrentes.
17:54 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 28 juillet 2015
Le livre de chevet du mari idéal. Convient aussi aux divorcés, aux pacsés et autres concubins - Pierre Antilogus & Jean-Louis Festjens

Description
Le mariage, c’est formidable ! Sauf si ça signifie routine conjugale… Car lorsqu’elle s’installe, rien ne va plus. Les nouilles sont tièdes, le beurre, trop dur pour la friable biscotte. Cela peut se produire au bout de dix ans, trente ans, ou après six mois. On en voit même qui sortent de la mairie l’air déjà excédé… Est-ce évitable ? Eh bien oui ! Il suffit pour cela que Monsieur devienne un Mari Idéal. Et Antilogus et Festjens sont là pour l’y aider. – Peut-on encore plaire à Madame quand on est rondouillard, dégarni et râleur ? – Comment la séduire de nouveau sans se ruiner ni y passer des plombes ? – Pourquoi les femmes n’aiment-elles pas le foot, la bière et les films de requins ? Est-ce uniquement pour nous emmerder ? – Avoir un minimum d’érection après une bonne plâtrée de lasagnes, est-ce possible ? À ces questions comme à bien d’autres, ce livre répond avec une honnêteté toute masculine. Il fera de tout homme un Mari Idéal, quels que soient son âge, son censuré et son taux de triglycérides !
14:36 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 20 juillet 2015
La Voie du chamane - Un manuel de pouvoir & de guérison - Michael Harner
*
Le pouvoir de guérison des chamanes est aujourd'hui pris au sérieux par un nombre croissant de professionnels de la santé. Avec ce livre, l'anthropologue Michael Harner nous emmène à la source de la guérison chamanique. Michael Harner a compilé les pratiques chamaniques communes à diverses traditions et mis au point une méthode simple, à la portée de tous, pour en faire l'expérience. Dans un style très vivant et souvent humoristique, il guide pas à pas le lecteur dans des exercices qui permettent d'atteindre un état modifié de conscience sans utilisation de plantes rituelles, avec la seule aide d'un rythme spécifique. La compréhension du voyage chamanique est facilitée par des récits de Michael Harner (comme l'histoire de son initiation à l'ayahuasca chez les Indiens Jivaro, devenue un morceau d’anthologie) aussi bien que de novices racontant leurs expériences lors d'ateliers organisés par l'anthropologue.
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Frithjof Schuon , 1907-1998

La faute de l'Orient déchu, c'est qu'il ne pense plus ; celle de l'Occident déchu, c'est qu'il pense trop et mal. L'Orient dort sur des vérités, l'Occident vit sur des erreurs.
Frithjof Schuon , 1907-1998
14:57 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 17 juillet 2015
50 Exercices pour terrasser ses ennemis – Philippe Noyac

Exercice n°00 : Ce livre est-il fait pour vous ?
Parmi les propositions ci-dessous, cochez celles qui vous correspondent.
-Votre voisin qui ressemble à Rocky Balboa écoute de la techno à 4 h du matin.
-Cela vous arrangerait bien d'avoir un Dédé le Trancheur dans vos relations.
-Kevin du marketing se sert dans votre bureau comme dans son frigo.
-Votre banquier en plus de nuire gravement à votre compte en banque perturbe votre santé.
-"Si vis pacem para bellum", c'est une formule homéopathique non ?
-Quand on voit les parents d'Achille-Jason, on ne s'étonne pas qu'il ait volé tous les devoirs de votre fils.
-Votre boss a offert la promo de votre carrière à ce crétin de Jean-Claude pour éviter que vous ne lui fassiez de l'ombre.
-Au cours de salsa, Samantha (95 bonnet D) gigote outrageusement devant votre partenaire de vie et de danse.
-C'est la 3e fois que le garagiste ricane ouvertement en vous tendant sa facture.
-Votre belle-mère est une sorte de Cruella. Avec plus de fourrures.
Aucune réponse : vous n'avez aucun ennemi, il faut croire que vous êtes la prochaine mère Térésa.
1 à 5 réponses : la violence c'est salissant, on vous le concède. Mais ce n'est pas une raison pour laisser les malotrus pavoiser. Avec un peu de préparation et quelques techniques simples, éradiquez le nuisible.
6 à 10 réponses : "Qui veut la paix, prépare la guerre" dit la maxime n°5. Hé non, tendre la joue gauche n'est pas le meilleur moyen d'obtenir la tranquillité. Voici 50 exercices qui vous assureront la victoire sur les malintentionnés, escrocs et autres indésirables du quotidien.
14:42 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
Corruption : Nous sommes Tous Responsables - Antoine Peillon
L'auteur à (grand) succès de Ces 600 milliards qui manquent à la France nous invite à l'action. C'est que la corruption, ce mal qui menace de mettre à bas l'édifice de l'Etat et la société tout entière, n'est pas fatale. Elle est le fruit de l'institution du marché, s'est accrue avec le développement des échanges et triomphe à l'heure du règne de l'argent-roi. Comment l'enrayer ? Par l'action politique et la sanction judiciaire, d'un côté, par la prise de conscience que la décadence de notre République se nourrit de la banalité des conflits d'intérêts et des petits arrangements de chacun avec la morale civique. C'est ainsi que si nous devons rappeler sans cesse nos gouvernants à leur devoir de mobiliser tous les moyens propres à lutter contre cette pathologie de la démocratie, il nous faut aussi et surtout comprendre que la corruption traverse - au-delà des hautes sphères dirigeantes - chaque conscience, nous plaçant métaphysiquement devant le choix, à chaque instant, entre le bien et le mal, la vie et la mort, l'humanité et la barbarie. Depuis 2.500 ans, sagesses, philosophies et religions ont édifié un trésor de réflexions métaphysiques et de suggestions pratiques propres à nous apprendre à lutter contre la corruption. En voici l'édifiante synthèse.
14:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 16 juillet 2015
Attachez vos ceintures... décollage immédiat ! : Perles de passagers – Isabelle Tronquet
Les mémoires à peine croyables d’une hôtesse de l’air ! S’il est un métier qui fait fantasmer, c’est bien sûr celui d’hôtesse de l’air ! Depuis une quinzaine d’années, Isabelle Tronquet exerce sur les vols long-courriers d’une célèbre compagnie aérienne et accueille ses passagers avec un large sourire. Parfois, cependant, son métier réserve bien des surprises et les vols ne sont pas tous de tout repos ! Passagers insupportables, questions idiotes, disputes, dragueurs invétérés, demandes délirantes et rencontres improbables peuvent embarquer, au grand désespoir des membres de l’équipage... Il s’en passe de belles en plein vol ! Paris, New York, Cuba, Tokyo, Bali... Isabelle Tronquet parcourt le monde et raconte ces anecdotes incroyables mais vraies avec humour, émotion et style. Son témoignage inédit va vous étonner. Une chose est sûre, vous ne monterez plus jamais à bord d’un avion sans penser à ce livre...
Je suis amoureux
Ma femme s'envoie en l'air
Avec tous les anges.
16:16 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
Redeviens un enfant !

Redeviens un enfant !
Il n’y a pas d’abîme, il n’y a que le vide.
Le temps n’est que présent, passé, futur, néant
Le cosmos est immuable, au ciel aucune ride.
La terre un peu se plisse, vieillit ou rajeunit.
Dans mon cœur un oiseau s’entraîne aux vocalises
Ami(e) d’un jour, d’un soir, tu fais en moi ton nid.
En paix, je dors la nuit, oreiller en valise
Où je garde en secret tous mes rêves enfouis.
J’attends la fin du monde, enragé de vitesse
Comme un i immobile, absorbant le bonheur
Un gros dragon de feu me tient toujours en laisse
Je contemple chaos, pauvreté et malheur.
Je suis pourtant heureux, l’amour se laisse vivre.
Rien à me reprocher, à part quelques péchés.
Je me suis converti en lisant de pieux livres.
Les anges m’ont souri et un chien m’a léché.
Je ne suis pas roublard, sauf pour les gros imberbes
Un petit peu coquin et quelque brin menteur.
Le nez de Pinocchio, je manie bien le verbe,
Enfant intelligent mais manipulateur.
Durant mon internat du temps de mes études
Ânonnant grec, latin, piétinant le français
Pour en sortir le jus, jouant les saints, les prudes.
Mes professeurs m’aimaient, certains me cajolaient.
Un soir dans le dortoir des paroles furtives
A mon oreille chaste une envolée de mots.
Je perdis le sommeil, franchissant l’autre rive,
Je découvris la vie, interdite aux puceaux.
Je n’ai cessé de jouir, tel un angelot rose.
Dieu m’a fait trébucher. J’ai rencontré Satan.
Je me suis confessé en faisant quelques poses.
Puis l’Esprit m’a crié : Redeviens un enfant !
Gaudeamus
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mardi, 30 juin 2015
Causette

Cette maman poule
Se fait griller au soleil
Puis jouira au four.
17:45 Publié dans Haïkus | Lien permanent | Commentaires (0)
L'Obs Hors-Série - Juillet-Août 2015

Si l'engouement pour la
méditation est de plus en plus
spectaculaire dans le monde
occidental, la définition de cette
pratique reste assez floue.
Qu'est-ce, fondamentalement,
que la méditation? Un exercice mental?
Une philosophie? La voie d'accès privilégiée
à une certaine spiritualité?
Pour vous répondre, il faut commencer par dire que
la méditation qui se développe aujourd’hui – et qui
rencontre un impressionnant succès sous les noms
de « méditation », « mindfulness » ou « pleine
conscience » – vient de la tradition bouddhique. Les
diverses techniques qui sont aujourd’hui si populaires,
qui sont même enseignées dans nombre
d’écoles, dans les hôpitaux, dans les entreprises, ont
donc une histoire commune. Que nous dit-elle?
D'abord que la méditation n'est pas la recherche
d’un état de calme – à quoi elle est encore trop souvent
identifiée. En ce sens, elle n’a rien à voir avec
l’héritage des sagesses épicuriennes et stoïciennes
qui, elles, visaient à un état de détachement (l'ataraxie).
Tous les textes de méditation bouddhiques
insistent au contraire sur le piège de chercher le
calme : vous deviendrez au mieux, disent-ils, semblable
à une vache...
PROPOS RECUEILLIS PAR CHARLES GIOL
11:16 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 28 juin 2015
Ni Pardon Ni Talion - RAOUL VANEIGEM
10:29 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 23 juin 2015
Petit traité d'anti-écologie : à l'usage des lecteurs méchants (2015) - H16
Vous aimez les plantes et les petites bêtes, à condition d'avoir la bonne sauce. Vous adorez les éoliennes lorsqu’elles sont installées chez votre lointain cousin. Vous prenez votre vélo pour aller travailler et, avec l’habitude, il ne vous faut plus que deux minutes pour le rentrer dans le coffre de votre voiture diesel. Vous appréciez tendrement le tri de vos déchets qui permet de multiplier l’emploi de gros camions poubelles consommant 70 l/100 km pour chaque nouveau type de poubelles. Vous apprécierez donc ce petit traité d’anti-écologie, qui réconciliera enfin vos observations personnelles avec le discours catastrophile des écologistes politiques.
H16 est un sale type. Il sévit sur le blog H16free.com et à déjà commis Égalité, taxes, bisous ainsi qu’un Petit Dictionnaire incorrect mais vaillamment illustré.
14:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 22 juin 2015
Dostoïevski
Les hommes sont divisés en « ordinaires »
et « extraordinaires ». Les premiers doivent vivre
dans l’obéissance et n’ont pas le droit de violer la loi,
attendu qu’ils sont des hommes ordinaires ;
les seconds ont le droit de commettre tous les crimes
et de transgresser toutes les lois, par cette raison
que ce sont des hommes extraordinaires.
Dostoïevski, Crime et Châtiment
23:36 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0)
L'Empire De La Honte - Jean Ziegler
Nous assistons aujourd'hui à un formidable mouvement de reféodalisation du monde. C'est que le 11 septembre n'a pas seulement été l'occasion pour George W. Bush d'étendre l'emprise des États-Unis sur le monde, l'événement a frappé les trois coups de la mise en coupe réglée des peuples de l'hémisphère Sud par les grandes sociétés transcontinentales. Pour parvenir à imposer ce régime inédit de soumission des peuples aux intérêts des grandes compagnies privées, il est deux armes de destruction massive dont les maîtres de l'empire de la honte savent admirablement jouer : la dette et la faim. Par l'endettement, les États abdiquent leur souveraineté ; par la faim qui en découle, les peuples agonisent et renoncent à la liberté.

Cette formidable machine à broyer et à soumettre ne supporte plus aucune des limitations que le droit international prétendait traditionnellement imposer aux rapports entre les États et entre les peuples. Du coup, c'est le régime de la violence structurelle et permanente qui, partout, gagne du terrain au Sud, tandis que le droit international agonise. Mais qui sont donc ces cosmocrates qui, peu à peu, privatisent jusqu'à l'eau que les peuples doivent désormais leur acheter ? Ce livre traque leurs méthodes les plus sournoises : ici on brevète le vivant, là on casse les résistances syndicales, ailleurs on impose la culture des OGM par la force.
Oui, c'est bien l'empire de la honte qui s'est mis subrepticement en place sur la planète. Mais c'est précisément sur la honte qu'est fondé le ressort révolutionnaire, comme nous l'ont appris les insurgés de 1789. Cette révolution, elle est en marche : insurrections des consciences ici, insurrections de la faim là-bas. Elle seule peut conduire à la refondation du droit à la recherche du bonheur, cette vieille affaire du XVIIIe siècle.
Jean Ziegler, qui témoigne ici d'une connaissance exceptionnelle du terrain, y appelle sans réserve en conclusion. Jean Ziegler est rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels La Suisse lave plus blanc, La Suisse, l'or et les morts, Les Nouveaux maîtres du monde.
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jeudi, 18 juin 2015
Torturer les chiens...

Torturer les chiens
Pour les manger, c'est atroce !
Leur chair est poison.
Chinois vous en crèverez !
Dans des souffrances horribles.
18:09 Publié dans Haïkus | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 16 juin 2015
Quand la vie remplace le silicium - Aux frontieres de la bio-informatique - Dennis Shasha, Cathy Lazere

Quels sont aujourd'hui les domaines de recherche les plus prometteurs en informatique pour des applications à moyen ou long terme ?
Un chercheur de niveau international et une journaliste nous expliquent une quinzaine de sujets qui ouvrent des perspectives souvent étonnantes. Qu'il s'agisse de robots capables de se réparer tout seuls, de systèmes capables d'apprentissage et d'évolution, d'utilisation de molécules d'ADN pour des calculs complexes, etc... Tous ces domaines de recherches ont en commun de se situer à la croisée de l'informatique et des sciences de la vie.
Ecrit dans un style simple et accessible les auteurs ont pris le parti d'associer pour chaque chapitre un sujet et un chercheur de manière à montrer comment la science progresse au quotidien
16:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 13 juin 2015
Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés (2015) - Arto Paasilinna
Le très distingué professeur Surunen, membre finlandais d'Amnesty International, las de se contenter de signer des pétitions, décide de prendre les choses en main. Il s'en va personnellement délivrer les prisonniers politiques qu'il parraine en Macabraguay, petit pays d'Amérique centrale dirigé par un dictateur fasciste sanguinaire. Après le succès de l'évasion de cinq d'entre eux, et non sans avoir goûté à la en torture des geôles locales, Surun accompagne l'un de ses protégés jusqu'au paradis communiste, un pays d'Europe de l'Est baptisé la Vachardoslavie. Là, il découvre le triste sort d'une poignée de dissidents enfermés dans un asile psychiatrique, et s'emploie à les libérer à leur tour. Revisitant à sa façon Tintin au pays des Soviets, Paasilinna renvoie dos à dos les dictatures de tous bords avec une ironie mordante et un sens du burlesque accompli. Arto Paasilinna est né en Laponie finlandaise en 1942. Successivement bûcheron, ouvrier agricole, journaliste et poète, il est l'auteur d'une trentaine de romans, pour la plupart traduits en français et publiés chez Denoël, qui ont toujours rencontré un vif succès critique et public.
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mercredi, 10 juin 2015
Paul Ceylan (poète)

Pour réaliser leur film sur Paul Celan (1920-1970), Ulrich H. Kasten et Hans-Dieter Schütt disposaient de peu de documents d’archives. Seulement quelques images en noir et blanc de Celan lisant. Beau visage, intense, voix harmonieuse : des moments très émouvants, ponctuant le récit. Les auteurs ont choisi une trame biographique, montrant les divers lieux de la vie de Celan. Et ils ont convoqué deux témoins : son fils, Eric (né en 1955), et Bertrand Badiou, l’éditeur, en allemand et en français, de l’œuvre de Celan et de sa correspondance (Seuil, « La Librairie du XXIe siècle »).
C’est à Czernowitz, en Bucovine (désormais en Ukraine), que naît, le 23 novembre 1920, Paul Antschel, qui deviendra Celan après la guerre. Son père est un juif religieux, sa mère l’initie à la musique et à la littérature. Il étudie d’abord dans une école germanophone, puis dans une école hébraïque. L’allemand restera sa langue d’écriture – quand il ira en Israël, à la fin de sa vie, on lui reprochera de s’exprimer dans la langue des bourreaux. Mais il ne trouve de réconfort dans aucune langue pour « mettre en mots les extrémités de l’expérience humaine ».
Descente aux enfers
Le bel adolescent rêveur qui part pour la France en 1938 va très vite commencer une descente aux enfers que rien ne pourra arrêter. Rentré à Czernowitz à l’été 1938, pour les vacances, il ne peut repartir et doit porter l’étoile jaune. Pendant la guerre, ses parents sont déportés en Transnitrie et y meurent. Lui-même passe dix-huit mois dans un camp de travail.
Quand les Russes arrivent à Czernowitz, Celan fuit. D’abord à Bucarest, puis à Vienne. Il participe à une revue littéraire et publie son premier recueil de poèmes. Il se lie à Ingeborg Bachmann (1926-1973), poète et membre du Groupe 47, qui rassemble, après la guerre, de jeunes écrivains allemands.
Le 12 juillet 1948, Celan choisit la France. A Paris, il vit à l’hôtel, il est apatride, sans le sou. Pour survivre, il fait quelques traductions. Il a quelques amours éphémères, avant de rencontrer Gisèle de Lestrange, qu’il épouse en 1952. Leur fils décrit sa mère comme une « femme engagée, révoltée, une grande amoureuse », qui a tenté de rendre à Paul Celan le goût de la vie. C’est pour l’année 1952 qu’on a les images les plus bouleversantes, en Allemagne, devant les écrivains du Groupe 47. Celan lit un poème en mémoire de sa mère, et l’assistance rit aux éclats. C’est une scène épouvantable. Avant de rentrer en France, il se rend sur la tombe d’Hölderlin, avec lequel, souligne Bertrand Badiou, « il entretient un rapport très particulier ».
Malgré la naissance de son fils, la visite, en 1960, de la grande poète Nelly Sachs (1891-1970), qui voudrait le libérer de ses angoisses de persécution, malgré le prix Georg-Büchner, Celan s’enfonce, dit son fils, « dans la maladie mentale », aggravée par l’accusation de plagiat portée contre lui par la veuve du poète Yvan Goll. Il fait plusieurs séjours en hôpital psychiatrique.
Il continue pourtant de se rendre en Allemagne, sa « terre d’angoisse ». En 1967, il rencontre Heidegger et lit devant lui ses poèmes sur la Shoah. « Je voulais qu’il me parle, je voulais lui pardonner », a dit Celan. Son dernier voyage sera à Stuttgart, en mars 1970, pour le bicentenaire d’Hölderlin. Là encore, « ses poèmes se refusent au public ». Dans la nuit du 19 au 20 avril 1970, Paul Celan met fin à son calvaire. Il se jette dans la Seine depuis le pont Mirabeau.
Paul Celan, écrire pour rester humain, d’Ulrich H. Kasten et Hans-Dieter Schütt (All., 2014, 55 min). Mercredi 10 juin à 22h25 sur Arte.
Journaliste au Monde
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2015/06/10/paul-celan-l-ecriture-contre-les-tenebres_4650992_1655027.html#XRM6PrZJy79et1k1.99
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Maximes sur la guerre - René Quinton
PREMIÈRE PARTIE —
MAXIMES SUR LA GUERRE
Maximes sur la Guerre – I
I.
Les hommes peuvent rêver qu'ils n'aiment point la guerre. La nature aime la lutte et la mort.
C'est à la fleur et dans la plénitude de leur âge que la nature voue les mâles à la mort.
La nature crée des espèces ; elle ne crée pas des êtres. L'espèce est la fin ; l'être n'est que le
serviteur de cette fin. C'est le propre de l'individu de s'abuser sur sa destinée et de croire qu'il est né
pour soi-même.(1)
Seuls, les héros soupçonnent qu'ils ne sont point nés pour eux-mêmes. (2)
La guerre ne transforme point les hommes ; elle les rend à leur fin native. La guerre est l'état
naturel des mâles.
Autant l'homme déteste la mort dans les heures calmes de la vie, autant il l'accepte
naturellement dans la lutte.
Dans l'univers, le service de l'espèce impose aux femelles les charges, les risques de la
maternité. Il impose aux mâles d'un même sang la lutte fratricide, le combat entre soi, la mort s'il le
faut (1). Ce que l'instinct impose, l'animal l'accepte naturellement. Les mâles sont organisés pour
mourir, pour accepter du moins les risques de la mort dans la lutte.
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1. L'homme attache du prix à son existence ; la nature, non.
2. La nature crée des hommes pour être sacrifiés au bien commun ; ce sont les héros.
La nature ne veut point la fécondation ; elle veut la fécondation essentielle. La première mission des mâles n'est pas de se reproduire, mais de s'entre-tuer. Dans l'ensemble du monde vivant, leurs
carnages préludent à l'amour. La femelle propage l'espèce ; le mâle, par sa mort, la sélectionne (2).
La nature, qui en bénéficie, crée les mâles pour s'entre-détruire ; elle leur en donne le goût et la
force de risquer (1).
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1. Dans l'univers, la survie de l'espèce impose aux femelles les charges, les risques de la maternité.
Elle impose aux mâles de même sang le duel de mâle à mâle, le combat sans merci, la mort s'il le
faut.
2. La nature veut que les mâles s'affrontent, qu'ils meurent. Dans l'ensemble du monde vivant, les
carnages des mâles préludent à l'amour. La femelle propage l'espèce ; le mâle, par sa mort, la
purifie.
Le mâle qui meurt sert l'espèce, en laissant à d'autres le soin de la propager.
La nature refuse aux mâles le droit de se reproduire, aux races le droit de se perpétuer. Ce droit,
les mâles et les races doivent le conquérir dans la lutte. Le premier devoir que la nature leur dicte
n'est point de vivre, mais de triompher ou de mourir (2).
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1. Un petit nombre de mâles assurent le service de l'espèce. La nature confie à l'ensemble des mâles
le soin de dénier à chacun d'eux le droit de se reproduire. Elle les dote de cœurs ennemis, afin qu'ils
se mesurent et s'entre-détruisent dans la lutte. L'inimitié des mâles est la loi et le salut de l'espèce. –
La nature ne crée l'espèce qu'en y créant les mâles ennemis ; le mâle, par sa mort, la purifie.
2. Un mâle n'a pas le droit de se reproduire. Une race n'a point le droit de se perpétuer. La
nature veut le règne des forts. Elle affronte les mâles, elle affronte les races, afin de les juger, de les
condamner ou de les conserver.
La charge de mourir est aussi naturelle au mâle, qu'à la femelle la charge de porter. La destinée
des mâles est de mettre en jeu leur vie au service de l'espèce. Tout mâle porte en soi la vocation de mourir (1).
La mort se supporte bien à la guerre. À l'heure de la lutte, l'homme naturel méprise la vie. Elle
n'est plus sa fin. Il cesse d'être son champion pour devenir celui de l'espèce.
La guerre n'est point un défi à la nature. Il n'est point contre nature pour le mâle de tuer son
semblable ; il n'est point contre nature pour le mâle d'être tué par son semblable. La loi qui régit les
rapports des mâles à l'intérieur d'une même espèce est une loi de meurtre et de risque. La guerre est
un chapitre de l'amour.
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1. La nature n'aime pas les mâles. – À l'intérieur de chaque espèce, les mâles ont la mission de
s'entre-tuer pour le salut de l'espèce.
Les mâles de la même espèce ont une ivresse à s'entre-déchirer. L'ivresse de la guerre est une
ivresse de l'amour.
L'égoïsme est le faux calcul. La guerre rappelle soudain aux hommes qu'ils ne sont point nés
pour eux-mêmes.
Les êtres ne sont beaux qu'en amour et à la guerre, parce que le dévouement et l'abnégation sont
les deux vertus de l'amour et de la guerre, et les assises de la beauté morale (1).
Il y a des êtres qui croient s'aimer et savent qu'ils ne mourraient point l'un pour l'autre.
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1. La guerre donne aux hommes la beauté morale que la maternité donne aux femmes.
Le pacifisme est un attentat à l'honneur. L'homme n'a qu'une majesté, qui est de savoir mourir.
Le pacifisme la lui dénie (1).
La force qui pousse les hommes au feu est une des plus puissantes du monde. Elle domine celle
qui les pousse à l'amour. Il est peu d'amours sur la terre pour lesquels on soit prêt à mourir. L'amour
du pays en est un (2).
Qui n'a pas désiré mourir n'a jamais aimé.
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1. Le pacifisme est le frère du malthusianisme.
2. L'amour de la Patrie est un amour ombrageux qui ne supporte point d'être nommé. C'est un
amour qui réconcilie tous les hommes, un amour d'accord avec l'honneur, le seul amour auquel
l'honneur permette de se laisser aller.
Ce n'est pas pour atteindre des sommets que des hommes gravissent les montagnes. Le
côtoiement de la mort est si doux, qu'à défaut de la guerre, l'homme s'invente dans des jeux des
occasions de mourir (1).
Aucune espèce animale n'apporte à la mort plus de frénésie que l'homme. Aucune ne s'épure ni
ne s'entre-tue davantage. Chez l'animal, il n'y a que les instincts qui s'affrontent ; chez l'homme, il y
a les idées. Une croyance qui diffère porte en soi un ordre de mort. Tout idéal est un prétexte à tuer
(2).
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1. Les voluptés du risque sont si impérieuses que, la vie de société abolissant certains dangers,
l'homme s'en crée d'artificiels pour s 'exposer et en jouir.
2. Aucune espèce animale n'apporte à la mort plus de frénésie que l'homme. C'est parce qu'il outre
la nature que l'homme outre la mort.
Les voluptés peuvent remplir le monde ; ce sont les idées qui le mènent (1).
La nature ne commande aux êtres de vivre que pour servir. Servir est la fin ; vivre n'est que le
moyen. L'instinct de conservation est au mâle ce que la prudence est à une troupe dans une marche
d'approche. Il amène vivant, à pied d’œuvre, pour le combat, sa fin dernière, l'être créé pour lutter et
mourir.
Les instincts de vivre et de reproduire sont les instincts mineurs. L'instinct de servir est l'instinct majeur. Que m'importe que tu vives, si tu ne me sers ; que tu reproduises, si tu n'engendres que des
morts ! Ma volonté est la vie. Je la jette dans la lice entre les mâles. Fuis, triomphe ou succombe,
mais ne me donne que des serviteurs qui continueront à servir mon désir. Je suis le gardien de la
durée ; je t'ai associé à mon oeuvre : c'est peu que pour m'en payer tu consentes au risque et à la mort.
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1. Les êtres ne sont que le serviteur de l'idée. – La mort volontaire est un tribut de l'homme aux idées. – Les races se fondent sur les idées.
Il faut que l'amant obéisse à des fins puissantes pour tuer tout ce qu'il aime (1). Le mâle tue la
femelle souillée, comme le mâle. Plutôt point de progéniture qu'une progéniture qui ne soit mienne.
Point de monde qui ne me ressemble.
Ma vertu est la vertu. C'est peu que rien ne m'égale ; rien ne me ressemble. L'imperfection du
monde vient de ce que nul n'y est créé à ma ressemblance (2).
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1. Il faut bien que le mâle qui tue obéisse à des fins puissantes pour sacrifier tout ce qu'il aime. – La
joie de tuer est profonde. Il y a dans le meurtre un assouvissement de l'instinct, une volupté de
l'âme.
2. L'ordre de la nature est de haïr qui n'est point soi, ou ne collabore point avec soi. – Chaque être
doit défendre sa cause, jouer son jeu, et par conséquent mépriser les autres, les haïr, les trouver mal.
Le bien n'est autre que moi.
Le nouvel époux tolère mal les enfants du premier père. La haine du mâle pour la progéniture
d'un autre mâle est telle qu'il la mange.
L'amant pardonne parfois aux filles de l'autre père.
La haine est la grande affaire de la vie. Les sages qui ne haïssent plus sont mûrs pour la stérilité
et pour la mort.
La figure du mâle qui combat est hideuse. Elle respire le vice et intime l'ordre de frapper. Le
mâle est horrible au mâle. Il est ce qui doit être exterminé.
1. Tes enfants me plaisent, si je ne t'aime. Mais si je t'aime ? L'amant qui aime hait les enfants du père.
L'ennemi le plus mortel du mâle est le mâle de sa propre espèce. Ce n'est pas à l'agneau que le
loup est terrible. C'est pour le loup d'abord que le loup est le loup.
Voluptés du corps : rancœurs, remords. L'être sait qu'il trahit. Il n'est de béatitude que de l'âme,
et de lauriers que de l'espèce (1).
La recherche du bonheur est impie. etc.(aux lecteurs et lectrices d'en juger...Gaudeamus)
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