mercredi, 04 octobre 2006
Misère est son nom
Misère est son nom.
Les cornettes blanches alignées
Dessinent sur les murs des créneaux protecteurs.
Dans les mouroirs, rideaux sales ou paravents
Râles et chuchotements
On meurt avec les sacrements.
Le puits boit aussi bien dans un seau tout percé
Qu’au creux de la main
Misère
Tu me lèche les mains
Tu n’es pas mon chien, passe ton chemin.
Dans les lavoirs, l’eau se trouble de taches brunes
Les battoirs du soleil se font rageurs
Bras haut levés et corsages dégrafés.
« Femmes, quel Dieu priez-vous donc,
pour être si sûres de vous ?
Vous avez les genoux tellement calleux. »
Naître du mauvais côté
c’est vivre et mourir en bête
Naître du bon côté
c’est vivre et mourir en maître.
D’un côté du soleil,
on se lève bien mieux ou moins bien le matin.
On rit on danse sous le ciel
On sue on meurt sous la terre
Les chevaux aux yeux crevés
Roulent leur tête entre leurs jambes
Soleil noir
Une forêt d’arbres retient des monceaux de terre
Meurtrière
Tout peut s’écrouler à tout moment.
Riches ou pauvres on se chauffe
Comme on peut
Avec des truffes gorgées de sang.
Misère tu me lèches la main
Tu n’es pas mon chien, passe ton chemin.
Les mains se sont alourdies de pierres
Eclairs dans l’air
Des architectes en goguette
Improvisent des barricades hétéroclites
On y danse on y chante
On y râle et on y meurt
Grêle de frelons, d’abeilles
De face ou dans les meurtrières obliques
Le sang est une rivière
L’Internationale est son nom.
Le rouge a beaucoup déteint entre deux lunes.
La carriole du teinturier
N’en finit pas de fouetter le vent
Elle caracole un peu partout dans le monde.
Misère est son nom.
15:35 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (5)
Nuages
Les nuages aux visages masqués
Avancent
Lourds de présages
Cruels parfois
Jamais indifférents
Les nuages nous montrent le chemin
Joyeux ou pleins de menaces
Observe-les
Ecoute-les
Ils sont vraiment vivants
Apprends à les décrypter
Ils sont porteurs de grands messages
Ils ont réponse à toutes tes questions
Ils sont là dans le ciel
Au-dessus de ta tête
Pour toi
Regarde-les et avance.
09:29 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (2)
mercredi, 27 septembre 2006
Les souces de l'Esprit
Les sources de l'Esprit me remplissent de joie.
Le Vent qui souffle en moi est celui des hauteurs.
Une musique douce, une musique claire,
Parmi les herbes bleues, où danse la lumière.
La moindre goutte d'eau comble les océans.
La moindre feuille d'arbre appelle la forêt,
Et l'oiseau dans sa cage échappe à sa prison.
La vie est infinie au cœur de mes cellules.
La femme qui s'en va emporte mon bonheur
Et me laisse au passage une part de son corps,
Le blanc de sa cheville et le bas de son ventre.
La naissance du monde, au plissé de sa robe.
Le ciel est inversé et la terre s'éveille.
La nature est en liesse, au plus profond des pierres.
Le minéral gémit, scintille dans ses veines.
Des êtres merveilleux habitent dans les fleurs.
Le temps est aboli au tympan de la vie
Un nuage s'envole en corolle de pluie
Le ciel tel un miroir reflète le soleil
La lune s'ouvre en deux et fait voir ses trésors
Dans la prairie en fleurs, des filaments de feu
Nettoient toute la terre et jouent avec les elfes.
Dans la mare tranquille, une ondine souriante
Bien assise sur l'eau m'explique son royaume.
Les sources de l'Esprit me remplissent de joie.
Le Vent qui souffle en moi est celui des hauteurs.
Une musique douce, une musique claire,
Parmi les herbes bleues, où danse la lumière.
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14:35 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (4)
mercredi, 22 février 2006
Infinitude
Rongeur furtif
Gravitation lente
Le temps prend son temps
L'horloge gratte son arbre
Bruit d'une arme qu'on arme
Inquiétude de l'ombre
Clarté sur les plats
Noir dans les creux
Avance de pas
Dos au mur
Bruit énorme sans bruit
Une poutre enfonce le néant
Douleur, stupeur, tourbillons,
Douceur, apaisement
Emerveillement
Une lumière dans le tunnel
Des brassées d'amis par milliers
Infinitude je te souris.
18:25 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (4)



