lundi, 03 août 2026
Quand Dieu aura fini
Quand Dieu aura fini
Les saints ne sont pas ceux
qui ont vaincu la nuit.
Ils sont ceux
qui ont laissé la nuit
devenir transparente.
Ils n'ont pas changé le monde
à force de puissance.
Ils ont laissé Dieu
le traverser.
Ils ressemblent
à ces vitres anciennes
des petites églises de campagne.
On ne les regarde pas.
Mais lorsque le soleil paraît,
elles disparaissent presque,
tant la lumière
les habite.
Ainsi l'âme.
Longtemps
elle se croit pierre,
bois,
terre lourde,
pauvre poignée de poussière.
Puis Dieu travaille.
Il taille
sans bruit.
Il enlève
ce qui n'est pas Lui.
Chaque joie,
chaque épreuve,
chaque attente,
chaque pardon
retire un voile.
Et l'homme souffre
de perdre ce qu'il appelait
« moi ».
Mais Dieu sourit.
Car Il sait
qu'au cœur de cette perte
naît enfin
le véritable visage.
Alors vient un jour
où l'âme ne dit plus :
« Je veux être sainte. »
Elle murmure seulement :
« Que rien en moi
n'empêche Ta lumière. »
C'est tout.
Et c'est immense.
Car la sainteté
n'est peut-être
que cela :
quand Dieu
a enfin assez d'espace
dans une créature
pour aimer le monde
avec son propre Cœur.
Alors le ciel
n'est plus au-dessus de nous.
Il respire en nous.
Et le dernier souffle
n'est pas une fin.
C'est une porte
qui s'ouvre de l'intérieur.
Nous croyons mourir.
Dieu,
Lui,
achève simplement
Son œuvre.
Gaudeamus ( Méditation sur les saints)
14:37 Publié dans Blog, Essais | Lien permanent | Commentaires (0)
Avant la sainteté
Avant la sainteté
Je croyais que les saints marchaient
dans un matin qui ne finit pas,
le visage lavé de lumière,
les mains pleines d'étoiles.
Mais j'ai vu
qu'ils portaient la même boue
au bord de leurs souliers,
la même fatigue au fond des yeux,
et parfois la même nuit.
Ils ne savaient pas davantage
où le chemin tournait.
Ils faisaient seulement,
jour après jour,
un pas vers Toi.
Ils ramassaient le pauvre sourire
tombé d'un enfant,
la peine oubliée d'une vieille femme,
le silence d'un homme
qui n'osait plus prier.
Ils ne demandaient pas
que leur nom demeure.
Ils demandaient seulement
que Ton souffle
ne les quitte pas.
Seigneur,
la sainteté n'est peut-être
qu'une petite lampe
que Ton vent menace toujours
et qui tremble,
sans vouloir s'éteindre.
Fais de mon cœur
non pas un soleil,
mais cette humble flamme
qui veille encore
quand la maison dort,
et qui attend l'aube
sans savoir
si elle viendra.
Car il suffit peut-être,
pour Te ressembler un peu,
d'aimer encore
lorsque tout semble perdu,
et de Te dire
dans la pauvreté du soir :
« Me voici,
avec mes mains vides.
Fais en ce qu'il Te plaira. »
Gaudeamus
14:30 Publié dans Blog, Film | Lien permanent | Commentaires (0)


