mercredi, 15 juillet 2026
Ceux qui cherchent Dieu
Ceux qui cherchent Dieu
Avant que la Croix ne dresse son ombre
Sur la colline où tremblait le monde,
Qui Te priait, Seigneur,
Dans le silence des siècles ?
Tu regardais déjà les hommes.
Tu voyais leurs mains levées vers les étoiles,
Leurs temples de marbre,
Leurs feux sacrés,
Leurs chants inconnus
Qui montaient pourtant jusqu'à Toi.
Tu étais là,
Avant que l'on prononce Ton Nom.
Pourquoi tant d'attente ?
Pourquoi ces millénaires
Où les peuples marchaient
Comme des enfants dans la nuit,
Cherchant une lumière
Dont ils ignoraient la source ?
Le temps de Dieu
N'est pas celui des horloges.
Il ressemble à la lente naissance
D'une aurore
Qui prépare depuis toujours
Le premier rayon.
Puis vint un homme,
Pauvre parmi les pauvres,
Qui parlait d'amour
Comme personne n'en avait parlé.
Il ne possédait rien
Sinon un regard
Capable de relever les morts vivants,
Les oubliés,
Les pécheurs,
Les blessés du cœur.
Et les hommes,
Craignant davantage la lumière
Que les ténèbres,
Le clouèrent sur le bois.
Ils pensaient arrêter une voix ;
Ils ouvrirent un chemin.
Depuis,
Les siècles répètent Son Nom.
Des cathédrales montent vers le ciel,
Des cloches répondent aux minarets,
Les synagogues gardent l'Alliance,
Les pagodes veillent dans le silence,
Les sages méditent,
Les mystiques prient,
Et chacun tend les mains
Vers l'Invisible.
Qui donc possède Dieu ?
Personne.
Car Dieu n'est pas une frontière,
Ni un royaume réservé,
Ni un livre refermé.
Il est le souffle
Qui traverse tous les livres,
Toutes les prières,
Tous les visages.
Celui qui aime
Le connaît déjà
Sans toujours savoir Son Nom.
Celui qui pardonne
Le rencontre déjà
Sans avoir vu Son visage.
Celui qui console
Touche déjà
Le bord de Son manteau.
Et moi,
Vieil homme au seuil du soir,
Je n'ai plus tant besoin de réponses.
Les grandes certitudes
Se sont assises auprès de mes doutes
Comme deux amis
Qui regardent ensemble le même coucher de soleil.
Je ne demande plus :
« Quelle est la vraie religion ? »
Je demande seulement :
« Seigneur,
Apprends-moi à Te reconnaître
Sous les traits de chaque être humain.
Fais que je ne confonde jamais
La vérité avec l'orgueil,
La foi avec la peur,
La religion avec le pouvoir.
Si Tu es plus grand
Que tous nos temples,
Plus vaste
Que toutes nos Écritures,
Plus profond
Que toutes nos théologies,
Alors ouvre mon cœur
Plutôt que mon esprit.
Et lorsque viendra pour moi
Le dernier silence,
Que je découvre enfin
Que Tu marchais à mes côtés
Depuis le commencement des siècles,
Bien avant que les hommes
Ne commencent à parler de Toi. »
Gaudeamus
13:56 Publié dans Blog, Essais, Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (0)


