dimanche, 13 mai 2007
Christ Interlope
« Ton Christ est juif, ta pizza est italienne, ton café est brésilien, ta voiture est japonaise, ton écriture est latine, tes vacances sont turques, tes chiffres sont arabes et… tu reproches à ton voisin d’être étranger ! ».
Julos Beaucarne
Christ Interlope
Je ne vois rien d’outrageant,
de malsain, d’incorrect, de sacrilège,
d’imaginer un Christ interlope,
avec comme disciples :
un chef sioux
un apache
trois moines bouddhistes
trois tommy
trois harkis
un violeur
Je les imagine parfaitement
au repas de la Cène,
dans un kondo
buvant du rioja et du kéfir
et rompant des galettes de sésame.
Pour finir,
Le Christ acceptant d’être proprement
Pendu.
Avec, autour du gibet,
sa mère et ses douze apôtres,
dansant un rigodon,
pour le rachat de nos péchés.
Cela n’aurait sans doute rien changé,
aux sectes, aux croyances,
et aux guerres de religion.
Une chose cependant est sûre,
Bethléem, Jérusalem, Israël, La Palestine,
ne seraient pas aujourd’hui
le théâtre du massacre des innocents.
15:20 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (2)
Un Mouloud chez les Orques
« Une chute du troisième étage fait autant de dégâts qu’une chute du centième étage. Si je dois tomber, qu’au moins je tombe de très haut ».
Paulo Coelho ( Sur le bord de la rivière Piédra )
Un Mouloud chez les Orques
Il s’en souviendra :
C’était le Mouloud ;
Il voulut fêter le prophète à sa façon.
I l décida de faire du parapente.
Il était tétanisé.
On lui avait affirmé qu’il était incassable,
comme du Pirex
Il se sentait malgré tout menotté.
Il sortait péniblement d’une pyrexie.
Il osa et prit son envol comme un aigle,
avec une envie folle de dégueuler.
Il se mit à raser les usines, le fleuve Rhône,
les arbres, …les mottes… et…à dégringoler.
Il n’eut pas le temps d’aviser.
Il atterrit dans un bassin,
au milieu des orques.
Les spectateurs l’applaudirent
ou le raillèrent,
en lui criant : Va te rhabiller ! Quel vol de mouette !
ou : Eh ! t’apprends à nager ?!
Il dégueula sur les orques, pas du tout contrariés.
Son Mouloud fut un baptême de l’air, très « orquanisé ».
15:05 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (3)
Un Rhyton Rhésus
« Si l’homme descend du singe, il peut aussi y remonter ».
Buster Keaton
Un rhyton Rhésus
Dans l’antiquité, les chasseurs buvaient,
dans des rhytons : coupes en forme de corne,
ou de tête d’animal.
Aujourd’hui le chasseur orgueilleux se prend
pour un preux.
Il fait empailler ses trophées de chasse,
par taxidermie.
Il les exhibe dans sa maison,
ou son pavillon de chasse.
Jamais il ne s’en lasse…
Les musées en sont très friands.
J’ai vu une tête de rhésus dans un musée.
Un nègre perplexe la regardait bizarrement.
Il se frottait le crâne craintivement
Les élèves d’un lycée riaient niaisement.
Pauvre rhésus, pauvre nègre, pauvres lycéens.
On dit que l’homme descend du singe.
Ne serait-ce pas l’inverse ?
Darwin n’a peut-être pas complètement raison.
Des racistes appellent encore les nègres des singes.
Eux sont sûrement des infectes babouins qui s’ignorent.
J’ai zoomé sur le rhésus et le gardien m’a fustigé.
Il devait être au smic, manger bio le dimanche,
et cuire à la vapeur ses aliments.
Il était trop propret pour être honnête et intelligent.
« Vous allez abîmé la tête, m’a-t-il dit, et aujourd’hui
on ne peut plus se le permettre. Les singes sont protégés »
Je lui ai répondu :
« Heureusement ! mais la vôtre n’est pas protégée.
Prenez-y garde ! »
Il m’a traité de tous les noms d’animaux qu’il connaissait.
Je l’ai remercié et j’ai zoomé sur sa tête.
« Elle est trop belle !
j’en ferai faire un rhyton pour pisser dedans! » lui ai-je lancé.
Il m’a traité de pt’it con.
14:45 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (3)
jeudi, 10 mai 2007
SemblableS et DifférentS
« Tolérance : c’est quand on connaît des cons et qu’on ne dit pas les noms ».
Pierre DORIS
« La tolérance, c’est la civilisation par excellence ».
Gilles Perrault ( Extrait d’un entretien avec Didier Sénégal – Juin 1994)
SemblableS et DifférentS
Quelle différence peut-il y avoir,
entre un Sioux,
avec son arc et ses flèches empennées.
un Japonais avec sa biwa,
et un Chinois Ming confucéen déterminé ?
Ils peuvent très bien avoir le même âge,
Boire ensemble un bon vin français,
Du rioja ou de l’arak.
Manger une farofa, sans ergoter.
Ecouter la biwa du japonais sans se fâcher
Bref ! être tous des gens pondérés.
Les races et les hommes ne sont pas englués.
19:02 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (2)
La Fin d'un Mac
« Le visage est l’image de l’âme »
CICERON
La fin d’un mac
Sa meuf, il la maque dur, dur.
Lui, il ne se déplace qu’en tilbury.
Il ne mange que du maquée,
le seul fromage qu’il apprécie.
Sa vanité n’a pas de bornes.
Il est infoutu de travailler.
Il s’abîme dans le Fitou.
Son ivresse, seule, le tient debout.
Il se iodle la gorge,
pour ne pas faire de bruit.
Il porte le soir un masque,
de peur de se noyer,
dans les grandes cités.
Il ne manque jamais
Dallas à la télé.
Il ne se veut le valet de personne.
Le fric, il le rapine,
quand se meuf ne tapine pas.
Un matin, il s’est vu , dans son miroir,
le visage tavelé, comme passé au bédane.
Un aspect horrible.
Il a pris son masque de carnaval.
Il s’est converti en dealer.
Un beau soir, on l’a trouvé, râlant sur le trottoir,
assassiné, à coups d’égoïne.
18:53 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 09 mai 2007
Mahomet est avec moi
« Puisque la montagne ne vient pas à nous, allons à la montagne ».
MAHOMET
« Assiste ton frère qu’il soit oppresseur ou opprimé ».
Mahomet
Mahomet est avec moi
Je suis belge hutois,
J’aire comme koteur, en face d’une mosquée,
bâtie sur des versets rocheux.
Dans l’iwan, j’oralise mes sourates,
quand le temps est pluvieux.
L’imam m’a surpris et chassé,
à coups de knout.
Selon lui, je parodiais le prophète.
Je lui ai cloué le chou, en le frappant.
Il avait une abeille sur la tempe.
Il m’avait tout l’air d’un démon.
Je ne suis pas son amigo,
mais il se leurre.
Je le prendrai dans mes filets, tout de go.
Je ne suis pas un clabaud.
Le divin m’excite,
et le ciel m’aidera
Je travaille comme garçon de café.
Le baes m’a converti au bouddhisme.
Je porte l’habit des moines.
Je vais, de ce pas, rendre visite à mon imam,
et lui réciter mon coran , versus à ses versets
qui lapident les femmes voilées,
interdisent le cochon, y compris le petit salé.
Je suis belge hutois, et je vous le dis,
l'imam va entendre parler de moi.
Mahomet est avec moi.
20:35 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (2)
La Lady et le Zingaro
« On ne badine pas avec l’amour ».
A. de MUSSET ( Titre d’une comédie)
La Lady et le Zingaro
La lady s’épile les jambes.
Le velux tombe en claquant.
Elle sursaute et relève la tête.
Un zingaro court sur son toit.
Il cherche son lapin.
Où a-t-il pu se clapir ?
La lady relève le velux
Le lapin exténué lui tombe dans les bras.
Elle lance un grand cri.
Le zingaro se précipite
et tombe dans ses draps.
Plus tard, le zingaro épila son lapin ,
et offrit à la lady une douce paire de bas angora.
14:55 | Lien permanent | Commentaires (2)
Les Fugitifs
« La liberté est comme la peste. Tant qu’on a pas jeté à la mer le dernier pestiféré, on n’a rien fait » Stendhal (Journal)
Les Fugitifs
L’adav abuta le silt.
Le bruit du moteur fit fuir,
tous les hôtes de la forêt.
Au loin la mer dansait,
sur une rivière de diams.
Un mec descendit de la carlingue,
avec un sax,
suivi de trois autres individus,
porteurs d’instruments musicaux.
Ils formèrent un combo.
Ils jouèrent sur la plage un jazz,
éploré,
à vous arracher les tripes.
Ils s’étaient tous enfuis d’un pénitencier,
pour s’aérer.
Le cinquième avait été tué,
au début de leur cavale,
tiré comme un lapin,
par leur geôlier.
Ils jetèrent son corps à la mer.
Ils jouèrent des heures et des heures,
sur cette île déserte, un jazz requiem.
Ils reprirent l’adav.
Subitement il hoqueta,
et s’abîma dans la mer.
La musique, dit-on, adoucit les mœurs,
mais on reste toujours prisonnier.
11:27 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (2)
lundi, 07 mai 2007
Le Golem
« Créer n’est pas un jeu quelque peu frivole.
Le créateur s’est engagé dans une aventure effrayante,
qui est d’assumer soi-même, jusqu’au bout, les périls risqués par ses créatures »
Jean Genet ( Journal du Voleur)
Le Golem
Le golem avait disparu.
Son créateur, un rabbin,
lança un gros juron et courut à sa recherche.
Il le trouva au zoo, en face d’un sajou.
Le golem paraissait ému et émerveillé.
Le mot EMET, écrit sur son front,
était presque effacé.
Le rabbin s’approcha du golem et le sermonna.
Celui-ci le regarda durement.
Il lui mit les deux mains autour de son cou.
Le rabbin anhéla et perdit son souffle.
Le golem le prit dans ses bras,
et le jeta aux caïmans.
Des visiteurs horrifiés, hurlèrent en courant.
Le gardien armé d’un fusil visa le golem en plein front.
Le golem s’écroula sans aucune goutte de sang.
Stupéfaction !
Un kabbaliste allemand, amateur de robots humanoïdes,
se pencha sur le corps en murmurant :
« La créature ne s’entend pas forcément avec son créateur »
Pour le golem, se fut le seul sermon.
Pour les reliques du rabbin, on fit un très bel enterrement.
22:55 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)
La Ballade des Thugs
« La critique est aisée, et l’art est difficile » DESTOUCHES, Le Glorieux (faussement attribué à Boileau)
La Ballade des Thugs
Son oratorio était tellement magnifique
qu’on le jalousait.
Des compositeurs lui opposèrent Haendel et Bach.
À juste raison :
Les oratorios de Haendel sont sublimes,
et l’Oratorio de Noël de Bach aussi.
Rien à voir avec le sien !
Il se mit quand même à douter.
Son problème devint une aporie.
Sa femme lui conseilla d’écrire
un Ave Maria, comme Gounod.
Il s’emporta avec violence.
Gounod ! Bach ! Haendel !
Non ! j’aimerais mieux écrire une biguine
et la danser avec un gibus.
Sa femme lui prépara des endives,
avec un grand bourgogne carafé.
Ça l’aidait à raisonner.
Il finit son repas avec une chope de bière
et alla voir une tireuse de cartes, fardée de khôl.
Elle brassa les cartes, les tria et fit un bond :
elle venait de tirer l’arcane XI Le Pendu.
Elle était une prêtresse de la déesse Kali.
Elle lui parla de la fraternité des thugs,
dont l’arme est le nœud coulant.
Votre musique doit avoir un rapport avec eux.
Il sortit bouleversé.
Il se remit au travail et composa en un tour de main:
“La Ballade des Thugs”
Elle eut un énorme succès.
Les compositeurs chagrins se gardèrent bien de lui témoigner du dédain :
Le bruit courait qu’il faisait partie de cette secte d’étrangleurs assassins.
09:45 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (1)


