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mardi, 04 août 2026

Le pauvre saint

Le pauvre saint

Mon Dieu,

je n'ai point le cœur des héros.

Je suis de ceux
qui tombent pour un caillou,
qui pleurent d'un mot,
qui doutent d'un silence.

Je ne sais pas monter bien haut.
Mes ailes sont de terre.

Je voudrais seulement
ne pas Te perdre
dans le bruit de mes jours.

Les saints...
On les croit faits de neige.

Ils sont peut-être
de pauvre argile,
comme nous.

Mais leur argile
ne refuse pas la Main
qui la reprend sans cesse.

Chaque soir
ils Lui donnent
leur ouvrage manqué,
leurs impatiences,
leurs blessures secrètes,
leur pauvre amour
qui n'a pas su aimer assez.

Et Dieu sourit,
comme une mère
devant le pain
qu'un enfant a pétri
de ses doigts maladroits.

Alors la sainteté
n'est pas d'être grand.

Elle est d'être petit
jusqu'au bout.

D'accepter
que tout bien
vienne d'En Haut
comme la pluie
sur les jardins desséchés.

Mon Dieu,

quand viendra le dernier soir,
je ne T'apporterai
ni miracle,
ni victoire.

Je déposerai seulement
dans Tes mains
mon cœur usé
d'avoir voulu T'aimer.

Et si Tu le trouves
encore plein de poussière,
essuie le doucement.

Tu reconnaîtras bien
qu'il est à Toi.

Gaudeamus ( Méditation sur la sainteté)