dimanche, 17 juin 2007
Cadavre Exquis
Cadavre exquis
Je caressais chaque fustet,
Et leurs plumeaux en modestie.
Dans le sentier, soudain se tait
Le seul oiseau, joie abolie.
Avec des yeux de merlan frit
Dans le ruisseau, un clochard flotte.
Il me regarde et sans un bruit
Bave un verlan sans fausse note
Je ne sais point comment dénouer
Cette rencontre un peu tardive
Plus habitué à bouquiner,
Plein de mordant, sur d’autres rives
J’aimerais mieux boire au hanap
Une ciguë en pleine junte
Allez ! plutôt un bol de schnaps.
Ma voix s’étrangle. Oh ! que de crainte.(mais que faut-il dire ?… )
Vilain noyé tu m’es fardeau.
Te dénoncer, aucune chance.
Pourtant je sais, tu serais beau.
On te fendrait à pleine lance.
Dans un amphi, tu saignerais,
Sans sudation et sans bravade.
Les carabins à ton chevet
T’écorcheraient sans jérémiades.
Donc, je te laisse à ton destin.
Pressé, je cueille une jacinthe,
Et la dépose entre tes mains.
Calme, endors-toi sur ma complainte.
(D’autres randonneurs viendront te voir.
C’est bientôt la saison des jonquilles).
21:00 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 16 juin 2007
Il meugla (à perte ) deux fois

« Le glaive de la justice n’a pas de fourreau »
J. de Maistre (Les soirées de Saint-Pétersbourg )
Il meugla (à perte) deux fois
Il meugla !
Il s’était fait entuber :
Son terrain était communal !
Il prit un avocat
qui lui promit besef.
L’enjeu en valait la peine.
Les juges trônaient,
drapés dans leur dignité .
Il s’en fouta !
La justice trancha !
Il perdit son procès.
De colère il légua son terrain au pape.
Et il s’exila
On n’entendit plus parler de lui.
Jusqu’au jour où il revint.
Il se présenta
pour être élu maire de sa commune.
On le raya des listes électorales
On lui ôta le droit de vote
Il meugla !
Il prit un avocat
qui lui promit besef.
L’enjeu en valait la peine.
Les juges trônaient,
drapés dans leur dignité .
Il s’en fouta !
La justice trancha !
Il perdit son procès pour la 2ème fois
Il s’exila pour de bon, et se convertit en gaveur d’oies…
Tirez-en la morale de votre choix…
17:57 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (2)
vendredi, 15 juin 2007
Au bal des vieilles filles
« Quand il y a une vieille fille dans la maison, les chiens de garde sont inutiles ».
Honoré de Balzac
Au bal des vieilles filles
Au bal des vieilles filles,
j’ai enfin voté pour elle,
parmi toutes les femmes présentes.
Elle a l’air d’une potiche,
posée là, pour recevoir le vomi,
de tous ces abrutis de vieux garçons.
Je la conduirai à l’autel,
et lui ferai un fils très tôt
qui m’aidera à tous les travaux des champs
J’espère qu’elle ne chipotera pas sur mes sentiments.
Sinon,
Je choisirai la deuxième
qui ne jure que par le rabbi.
Je me ferai juif s’il le faut,
et lui râperai les ailes,
pour la rendre plus juteuse à mes sentiments.
Choisir une femme, sur un coup de dés,
au bal des vieilles filles,
est pour moi aussi sacré
que le dernier des sacrements.
13:53 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (2)
mercredi, 13 juin 2007
Un Amour Punk
« Partage ma moto chaque fois qu’il fait beau.
Partage mon lit chaque fois qu’il fait gris ».
Michel Monnereau ( extrait de “M’écrire au journal” )
Un Amour Punk
Ce punk n’est sûrement pas diplômé de l’ENA.
Il gare sa moto, contre une futaille amochée,
Allume un cigare
Prend son temps pour le déguster.
Il entre dans le resto d’en face,
pour s’envoyer une ventrée de spaghettis.
Il sort bien régalé.
La moto pétarade et le voilà reparti,
pour une grande tournée.
Sur sa route une jeune et jolie fille brune
le stoppe et lui demande de l’emmener.
Il ne se fait pas prier.
À l’hôtel, ils se font des agaceries toute la nuitée.
Le matin elle sort de la chambre les cheveux verts et jaunes ,
bien fœhnés, et les yeux rouges qui n’ont que trop pleurés.
Le punk a décidé de la laisser tomber.
Il préfère, cent fois mieux, faire cracher sa moto
que d’apprendre à aimer.
20:37 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (1)
mardi, 12 juin 2007
Un Aigle dans l'Olympe
« L’homme est le seul des animaux à croire à des dieux ».
PLATON Extrait de « Protagoras ».
Un Aigle dans l’Olympe
À toute vibure,
L’Aigle prend son envol.
Il glapit et trompette
Il va droit dans l’Olympe
où l’attendent tous les dieux.
Il possède les codes du feu infernal.
Vie ou mort, dans une mallette peu banale.
Il court sur la géode, à toute vibure
Il ne boude ni ne craint les veto.
Il les ignore où les envoie aux réaux.
Il est le roi ; ses sujets sont ses vassaux .
En bas on l’acclame ou on le maudit.
On jette son bonnet dans les cieux,
ou on sort les fusils pour le descendre.
Et plus vite ce sera le mieux.
Il a laissé ses aiglons au nid.
Ils les reconnaît tous.
Il n’a pas de déni.
S’ils sont en danger,
l’Aigle se hâte et se précipite.
Il ne les veut surtout pas malheureux.
Ses ennemis, quels qu’ils soient,
Il les mettra en bouillie.
La vie d’un dieu est courte.
Il en sortira vainqueur où vaincu.
Les chaînes, il ne les connaît pas.
C’est lui l’Élu et il n’a qu’un vécu.
Heureux où malheureux.
On a caqué des harengs pour lui.
D’un jour à l’autre, il aime où il n’aime pas
ses plats favoris.
Il vibre où ne vibre pas, devant ses ennemis.
Il a un fluide suffisamment nerveux.
Qu’on obéisse à ses ordres, c’est tout ce qu’il veut.
Il est toujours agité,
rarement aigri.
C’est lui l’Élu des dieux.
Il passe peu de temps dans son sofa.
Il vit dans l’olympe du haut et du bas.
Il en sortira, dans cinq ans, grandi ou malheureux.
La jarretière de sa reine bien accrochée.
« Honni soit qui mal y pense ».
C’est le destin de tous les dieux.
20:40 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (1)
Suicide aux brocolis
Suicide aux brocolis
Il a jeté sa pelisse sur une chaise,
Il était en pleine transe.
Il a décollé d’un geste brusque
le patch sur son bras droit,
pour l’aider à ne plus fumer.
Il a donné un coup de pied à son corniaud
qui s’est effacé sans bruit,
par habitude.
Il s’est envoyé trois sakés dans le gosier
Il s’est mis à délirer sur sa femme,
une chinoise dégotée au bal des pompiers.
Elle l’a plaqué, après lui avoir donné le goût du saké.
Il ne lui a rien légué.
Elle ne lui a laissé que des brocolis mal cuits.
Il a ôté ses souliers en l’injuriant.
Il s’est endormi en ronflant.
Son corniaud s’est couché entre ses jambes.
Quand il s’est réveillé,
il s’est envoyé trois sakés.
Il a tourné le bouton du réchaud à gaz,
pour faire cuire les brocolis.
Son corniaud a aboyé, aboyé, aboyé.
Il lui a donné un furieux coup de pied.
Il a zappé sur la télé
qu’il a regardée distraitement.
En allumant une cigarette,
la maison a explosé.
Il n’avait pas mis le feu sous les brocolis.
Son corniaud l’avait pourtant averti.
La maison fut rasée à mort.
Aucun survivant !
On a raconté qu’il s’était suicidé,
pour sa chinoise.
La rumeur raconte n’importe quoi !
14:18 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 11 juin 2007
Un Inuk Cucu
« Un homme qui n’est jamais idiot n’est pas tout à fait humain ».
Gonzales Torrente Ballester
Un Inuk Cucu
Un inuk cucu, fada, ivrogne
et mauvais chrétien.
décida de faire une blague au curé.
Il s’introduisit dans l’oratoire désert,
but le vin de messe,
et le remplaça par du rhum,
en se disant :
même le pape n’y verra rien à Rome.
L’affaire fut éventée…car il s’en vanta…
Il alla pour la première fois à la messe,
et se mit au premier rang.
Le curé prêcha sur les noces de Cana.
Et à l’ite missa est ,
il fit semblant de trébucher…
Notre inuk était aux anges…
Le curé s’empressa d’aller chez l’inuk
en catimini.
Il remplaça son rhum par de l’eau bénite.
Ainsi une deuxième messe fut dite…
Très vite, le fada se rendit compte
du changement.
Il en tomba sur le cul,
et devint moins cucu
Il cria sur tous les toits
le deuxième miracle de Cana.
Les habitants jouèrent le jeu évidemment.
Dès le premier dimanche,
on ne reconnut plus l’inuk.
Il assista à la messe, aux vêpres,
et ce fut ainsi tous les dimanches.
Depuis, les habitants le considèrent beaucoup moins débile…
Le faux miracle l’a rendu intelligent.
Il s’est mis à l’étude de la bible… sérieusement,
une cuculle sur la tête.
Avec son capuchon, il se prend pour un moine sage et savant.
09:55 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)


