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dimanche, 24 juin 2007

Un homme normal, sans plus...

« Un homme n’est rien d’autre que la série de ses actes »

HEGEL, Encyclopédie

 

 

Un homme normal, sans plus…

 

 

Il est radsoc, hétéro, avec bedon

et roule dans un bazou.

 

 

Il écoute de la house ou du Verdi.

 

 

Il porte un képi,

surmonté d’un awacs périmé.

 

 

En août, il s’entraîne au crawl,

avec des palmes, de peur de se noyer.

 

 

Il joue les cadors,

en roulant les mécaniques.

 

 

Il lampe le smog,

pour ne pas vomir ou se luxer les épaules.

 

 

Il laque au spray ses rares cheveux,

et fait des ronds de jambes à la lune.

 

 

Il se souhaite sa fête tous les matins,

en gobant des muslis.

 

 

Son apéritif, c’est le kir, avec des agrumes.

 

 

Il danse le jerk

et roule des patins aux jeunes filles.

Ça fait jeune branché et pas titi !

 

 

Il dort debout, de crainte qu’on le déloge,

en chemise de nuit, avec ses pantoufles.

 

 

Il tire les runes, en habit de mage.

Il connaît tout du sidéral,

et des Ducs de Guise.

 

 

Il ne déroge pas au nouvel âge.

Il est béni des dieux,

et tout à fait normal.

 

 

Il gère sa vie comme ses amours,

en fumant des pipes.

 

 

Il se joue la comédie à fond la caisse.

Il finira à coup sûr sa vie dans un cirque.

 

 

 

 

 

 

Je n'ai songé qu'à toi

Je n’ai songé qu’à toi

Je n'ai songé qu'à toi, ma Belle, l'autre soir.
Quelque chose flottait de tendre dans l'air noir,
Qui faisait vaguement fondre l'âme trop pleine.
Je marchais, on eût dit, baigné dans ton haleine.
Les souffles qui passaient semblaient rouler dans l'air
Un souvenir obscur et tiède de ta chair.
J'aurais voulu t'avoir près de moi, caressante,
Appuyée à mon bras dans ta grâce enlaçante,
Et lente et paresseuse, et retardant le pas
Pour me baiser sans bruit comme on parle tout bas.
L'amour vibrait en moi comme un clavier qu'on frôle
Ô câline d'amour bercée à mon épaule !
Et je t'évoquais toute avec ton grand manteau,
Et la touffe de fleurs tremblante à ton chapeau,
Et tes souliers vernis luisant dans la nuit sombre,
Et ton ombre au pavé fiancée à mon ombre.
Il est ainsi des soirs faits de douceur qui flotte,
De beaux soirs féminins où le cœur se dorlote,
Et qui font tressaillir l'âme indiciblement
Sous un baiser qui s'ouvre au fond du firmament.

Tes yeux me souriaient... et je marchais heureux
Sous le ciel constellé, nocturne et vaporeux,
Pendant que s'entrouvrait, blancheur vibrante et pure,
Mon âme - comme un lys ! - passée à ta ceinture.

 

 

Albert Samain (1858-1900) Le Chariot d’Or

Albert Samain

 

samedi, 23 juin 2007

La Duchesse et son Laquais

« J’aime mieux être fossoyeur que laquais ». SARTRE

 

 

La Duchesse et son Laquais

 

 

Il lanterna à présenter

Le tilbury à la duchesse.

Pour se faire un peu pardonner,

Il lui fit maintes politesses.

 

 

En montant dans le tilbury,

La duchesse étant rancunière,

Lui dit avec effronterie :

« Vous êtes viré ! ». 

 

 

Le laquais se déculotta

Et montra ses fesses,

À la duchesse éberluée…

Il ne fut pas viré.

 

 

Depuis, la duchesse est bien moins pimbêche.

Chaque soir, elle supplie son laquais de l’accompagner au lit,

pour l’amuser….

 

 

 En fricotant avec la duchesse, il ne peut s’empêcher de penser : 

« J’ai l’habit d’un laquais et vous en avez l’âme ». V. HUGO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Pentecôtiste

 

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La Pentecôtiste

 

La poire était pourtant goûteuse.

L’enfant hutin la rejeta.

Sa mère, simple blanchisseuse,

Leva les bras et l’excusa :

 

« Non ! mon fils n’est pas irascible ».

Devant mon air apitoyé,

Elle ouvrit, au hasard, sa bible :

Son doigt me montra le passage… ÉCLAIRÉ :

 

« En vérité, en vérité je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même

qu’il ne le voie faire au Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement ».

Evangile selon Saint Jean,5,19. “La Bible de Jérusalem”.

 

Ami(e)s lecteurs, lectrices inspirez-vous de cette brave femme, le jour où vous sentirez le besoin urgent de recevoir les Dons de l’Esprit Saint, pour vous ÉCLAIRER.

vendredi, 22 juin 2007

Planète en Danger !

  “L’homme, roi de la nature, se figure, par exemple, que la violette a été créée uniquement pour que sa femelle en porte de gros bouquets ”.

Alphonse KARR

 

 

 

 

 

 

Planète en Danger !

 

 

Oh ! Ipéca 

 

 

Puissions-nous vomir

Nos mauvaises pensées

Nos mauvaises parole

Nos mauvaises actions

Nos injustes omissions

 

 

Oh ! Busaigle 

 

 

Donne-nous de la hauteur

Dans nos bonnes pensées

Dans nos bonnes paroles

Dans nos bonnes actions

Dans nos justes omissions

 

 

Rien n’est anodin sur cette terre.

Tout ce qui nous entoure,

Peut nous apporter plus de sagesse

Si nous savons observer comme l’aigle

Et préserver la plus petite plante,

La plus petite créature,

Et éviter toutes les souillures.

Respectons tout notre planète,

Rendons-grâce pour tout ce qui nous entoure,

Même pour un simple plat d’un hareng pec,

Sinon nous célèbrerons ses obsèques.

 

 

Gibier de Potence

« Toute révolution a pour corollaire, le massacre des innocents ».

Charles Baudelaire (Aphorismes )

 

 

Gibier de Potence

 

 

Sous les breuils, plein d’incertitude,

Son fusil attend le gibier.

Un maquis lourd de solitude,

Donc, sans raison de se méfier.

 

 

Soudain, au loin, c’est la battue….

 

 

Des coups de feu sans retenue.

La Liberté!C’est dans la poche !

Les maquisards font des recrues.

Belle soirée ! On tue du boche !

On n’entend plus le bruit des bottes.

Les doryphores chient dans leur froc.

 

 

Le vieux chasseur, en solitude

Bourre sa pipe avec inquiétude…

 

 

Que de mauvais comptes pour demain.

Déjà, devant ses yeux des otages :

Fusillés, pendus, sans chagrin.

On leur rendra plus tard les hommages…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

jeudi, 21 juin 2007

Terre d'Enfance

Terre d’Enfance

 

 

C’est la terre des muets, des sourds,

Des grands, des gros, des beaux, des vioques.

C’est la terre des durs labours.

C’est une terre un peu baroque.

 

 

Terre d’enfance, aux prés bovins,

Où mon esprit fuit dans des rêves

De grandeur folle ou d’incertain.

Terre d’hosties, terre de glaives.

 

 

C’est une terre où les « kroumirs »

Ont tous connu une tranchée,

Pour s’abriter et s’endormir,

Quand le ciel crachait ses cognées.

 

 

Terre de bocage et d’églises.

Terre océane et de blockhaus.

Terre des pleurs aux tombes grises.

Terre des creux, des plis, des bosses.

 

 

Terre où reposent ceux que j’aime,

Aux cris des mouettes, des cormorans.

Sur des calvaires, des chrysanthèmes,

Tes plages sont pleines d’enfants.

 

 

Cette terre a beaucoup mûri.

Peines et joies bien agrafées.

Le muscadet n’est plus cramoisi.

Je m’en envoie de grandes lampées.

lundi, 18 juin 2007

Mon Député

Mon Député

 

C’est un badaud, aux airs badins.

Il fuit la peste et la sanie.

Pas du tout snob, cheval aubin,

À sa façon mène sa vie.

 

Il est venu un jour dîner.

Dans mon patio et dans ma cave,

Il a barri en aliéné.

Il a du piaf et il en bave.

 

Son pantalon est décousu.

La chance hier, l’a fait élire.

Son crâne épais est bien tondu.

Com’ député, il y a pire…

Web Cupidon

Web Cupidon

 

 

Il s’en prit fort à cupidon

En reniflant, parfums, arômes

Que son épouse et son bouffon

Lui ont laissés tels des fantômes

 

 

Abandonné pour un puceau

Avec des mains en harmonie

Sur ce beau corps tout en morceaux

Il pleure, il crie, cœur en charpie.

 

 

Quitte le nid tout pantelant

Il n’en veut plus de sa poupée

Casse son jouet, en grimaçant.

C’est Internet la priapée!

 

 

Fini le temps de tout  faxer

Dans son mouchoir, crache ses larmes

Sur son écran va épucer

Quelques photos, pleines de charme.

 

 

Le temps est bien fini de pleurer !…

Sur le Web, au moins, on ne se fait pas entuber.