samedi, 09 juin 2007
Le Huron, la Virago et le Puma
« Qu’il est curieux que la frayeur soit si souvent causée par l’inattendu ».
Théodore ROSZAK ( Les mémoires d’Elisabeth Frankenstein )
Le Huron, la Virago et le Puma
Un huron violonait ses partitions,
posées sur un pal de jade.
Un chien aboyait sur ses miaous.
Au fur et à mesure, le paysage se rapiécait .
Une virago édentée hésitait à manger des fruits blets.
Un eyra, natif du Brésil, rôdait dans les parages.
Elle se mit à fumer sa pipe.
Le puma finit par apparaître,
fasciné par le violon.
Une odeur de monoï le fit fuir.
Il renversa le pal de jade et les partitions.
Il cherchait de toute évidence un weld herbeux.
Ici, il ne trouvait qu’une terre, chargée de wad et de sulfite.
Terrorisé, le huron tomba sur le cul
et cassa son violon !
La virago, affamée, s’est mise en quête d’une nouvelle pipe.
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vendredi, 08 juin 2007
L'Amour au Palan
L’Amour au Palan
Il était très obèse,
aussi lourd que de la fonte.
Pour lui, ce n’était pas toujours gai,
et encore moins la fête,
malgré ses yeux azurés.
Il avait un mal fou à se dépoter
de son fauteuil, conçu spécialement.
Sortir, il en abusait rarement.
On le zieutait comme un éléphant.
Il se drapait, plus qu’il ne s’habillait.
Il ne pouvait faire autrement.
Un jour dans la rue, à la boîte postale,
des galopins lui lancèrent , pour lui faire mal :
« Tu niques comment ? »
Il aurait bien voulu les envoyer paître,
mais il baissa la tête honteusement.
Arrivé chez lui il se posa la question.
Il invita une pute obèse.
Il ne pouvait faire autrement.
Ils essayèrent toutes les positions.
Ce fut un enterrement !
Ils eurent alors une idée génitale :
Il commandèrent un palan.
et ils s’y prirent autrement.
Alors là, ce fut un vrai festival !
Vous êtes bien trop curieux.
Je ne vous dirai pas comment.
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jeudi, 07 juin 2007
Une Gnose Fatale
« Toute foi nouvelle commence par une hérésie ».
Robert ARON
Une Gnose Fatale
Pour l’apéro, le boy se demande
comment on peut hésiter,
entre un Tokay et un Ricard.
Pourtant son maître hésite,
à moins qu’il ne soit distrait…
Il attend calmement sa décision.
Le maître est plongé,
dans sa nouvelle gnose.
Un spécialiste de la question.
Il l’a dédiée à toutes les religions.
Elle a été éditée, rééditée.
Il craint sans doute de l’ébrécher,
ou de s’y engluer, à force d’y penser.
Elle a été très critiquée et même huée !
Les ingrats ! ils ont osé !
Un imam criard l’a très mal reçue.
Hérésie ! hérésie ! hérésie !
Il lui lance une fatwa.
Par un beau matin, le maître,
devant des buissons-ardents,
reçoit deux balles :
l’une en plein front,
l’autre en plein foie.
Un comble !
Pour cet homme qui avait mis,
dans cette gnose,
toute sa tête et toute sa foi.
12:25 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 06 juin 2007
Sale temps !
« Le mauvais temps semble toujours pire lorsqu’on le regarde à travers une fenêtre ».
John Kieran
Sale temps !
La météo et le news annonçaient du mauvais temps,
comme, l’année dernière, à la même époque.
L’écuyère minauda son cheval.
Celui-ci fit un volte-face,
désarçonna sa cavalière,
dans les parterres.
Elle le cravacha.
Il fit un bon
Elle recula
Il lui envoya une ruade vicieuse
qui la tua net.
Sa bombe roula dans les bégonias.
Un vent effroyable balaya tout sur son passage.
Une tuile se détacha d’un toit,
et tua net un malheureux grand-père.
Quand on vous le dit !
La météo et le News ne se trompent jamais.
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mardi, 05 juin 2007
Un Vaudou équin
« Je ne suis pas superstitieux, parce que la superstition ça porte malheur ».
André Jeanson
« La superstition porte malheur ».
Paul Carvel ( Jets d’Encre )
Un Vaudou équin
Le dioula avait un visage équin.
Enfant, il avait maltraité les chevaux.
Il vendait souvent des pommes surettes.
Un togolais mécontent lui promit
l’œil mauvais du Vaudou.
Le dioula eut très peur.
Il s’amenda pour esquiver le coup.
Nib !
Il se mit à bigler,
l’hélix de ses oreilles à enfler,
ses membres à s’effiler
Il alla voir une prêtresse Vaudou,
pour se faire désenvoûter.
Elle le regarda de la tête aux pieds,
fit amener un cheval pur sang.
Elle lui ouvrit le ventre d’un coup de sabre,
et demanda au dioula de se coucher dedans.
Tout tremblant il s’exécuta.
Sur une incantation le ventre se referma,
et le cheval ressuscita.
C’est à nouveau un très beau pur sang,
avec un seul petit défaut : Il bigle un peu .
14:20 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)
La Sagesse du Relieur
« La société la plus spirituelle n’est pas celle que les tailleurs, mais celle que les relieurs habillent ».
Jean-Paul Richter ( Extrait de Blumen, Frucht und Dornenstücke).« Tous les êtres vivants sont bouddha et ont en eux Sagesse et Vertu ».
Bouddha
La Sagesse du Relieur
Quand je suis rentré chez mon relieur,
celui-ci glairait la couverture d’un gros livre,
aux armoriales japonaises étranges.
Il m’expliqua la technique du blanc d’œuf.
Je lui confiai un vieux livre des Fables de la Fontaine,
à relier.
J’étais devenu son ami.
Il me proposa de visiter son parc, derrière son atelier.
Il s’arrêta devant une mare, où folâtraient des nèpes.
Assis sur un banc liégeux, face à l’eau miroitante,
il me parla de ses dernières lectures, sur le shintoïsme ,
et des kamis, ses êtres supérieurs.
Un moment, je fermai les yeux et me mis à rêver.
Quand je les rouvris, la mare avait disparu,
et un vieux sage aux cheveux blancs me souriait,
assis sur un grand nénuphar.
Il me dit : « La vie n’est qu’un rêve. Il faut simplement ,
à tout instant, penser à être heureux, et méditer souvent,
en fermant les yeux ».
Le sage s’évanouit et mon relieur me sourit en me disant :
« Vous l’avez vu, j’en suis sûr. Il n’apparaît qu’aux gens
qui rêvent en fermant les yeux. Jean de la Fontaine connaissait
sûrement le rêve éveillé. Sans cela, ses fables ne seraient pas
aussi merveilleuses ».
Mon relieur est un sage. Il est aussi mon ami et je l’aime.
Je lui confie non seulement mes livres,
mais aussi mes joies et mes peines,
que mon ciel soit bleu ou nuageux.
Et la réciproque est vraie…
« Une amitié née des affaires vaut mieux qu’une affaire née de l’amitié ».
David Rockfeller
09:20 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)


