vendredi, 25 mai 2007
Le Giton et la Guenon
« On ne peut nier que la femme a distancé la guenon plus que l’homme le singe ».
Jacques DEVAL ( Afin de Vivre Bel et Bien)
Le Giton et la Guenon
Dans un bouchot, sous les embruns, un giton typé,
avec du blush sur les joues et qui se drogue à l’héro,
regarde à la jumelle une guenon.
Elle fume un houka et boit de l’ouzo, sur la plage.
Il se dévase et tout flapi, arrive à ses côtés.
Il lui montre ses biscotos et lui demande son cursus.
Elle le regarde tel un wali en face du dey.
Il lui remixe la question en plus adulte, avec des gestes ixés.
Elle l’élude, calée sur son derrière.
Il lui propose, avec ses poings, de monter sur le ring.
Futée, cette fois, elle ne se fait pas prier.
Zou !
Il l’attache avec un fune et l’entraîne dans son living.
Telle une hase, elle couine dans le nid du giton,
les jambes en compas et en rhumb.
Excitée, elle crève un paquet de farine qu’elle panifie.
Depuis, elle lui coud ses boutons,
conduit sa vespa,
l’interdit de jeu,
l’aide à passer ses examens,
et lui sert de vigile,
pour le préserver des assauts de ses ex-partenaires.
Le soir, ils chantent en chœur des chansons paillardes,
en buvant de l’ouzo et en fumant de l’héro curide avec un houka .
Ils font un boucan du diable !
Les voisins envisagent de les transférer chez les dingues.
14:15 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 24 mai 2007
Le Garde Champêtre
« Après tout, il faut avoir une jeunesse. L’âge où l’on se décide à être jeune importe peu… »
Henri Duvernois ( La Brebis Galeuse)
Le Garde Champêtre
Le garde champêtre est à la retraite.
Il souffre d’une maladie tubaire.
Sa femme lui a fariné son képi
et mis sous clé son pétun.
Il répand une odeur de tabac vomi.
Elle a décidé d’apprendre le slow,
et de se faire faire un lifting.
Ils se sont mariés à Cayenne.
Lui, gardien du bagne, il sacquait dur.
Elle, décousait ce qu’elle avait décousu.
Il savait bien que sa femme un jour fanerait.
Il ne pensait pas si vite.
Il se mit à fréquenter un dojo,
à courir, à marcher,
Bref, à rajeunir,
et sa maladie à périr.
Sa femme point ne s’en aperçut.
Un jour, lui, il fit le point
et s’éclipsa avec une jeune fille d’un pays lointain.
Son garde champêtre a pris la poudre d’escampette,
sans tambour ni trompette.
Il n’est pas prêt de revenir.
Sa femme n’a pas les moyens pour un lifting.
Elle mange des pommes reinettes à tous les repas.
Il paraît que ça aide à rajeunir et à maigrir.
Elle raconte partout que son mari reviendra,
la tête basse et la queue entre les jambes,
quand sa pute n’en voudra plus.
Les gens opinent du bonnet, mais n’en sont pas si sûrs…
06:12 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 21 mai 2007
Marins Relous
« Je sais nager juste assez pour me retenir de sauver les autres ».
Jules Renard
« Dans un incendie, entre un Rembrandt et un chat, je sauverais le chat »
Alberto Giacometti
Marins Relous
La mer déteste les marins relous.
Il faut savoir amurer son foc
Renifler le zef et les remous
Barrer sans équivoque.
Pas nécessaire d’être de l’amirauté
Avoir une casquette à gallons dorés
La mer peut être étale ou secouée
Restez zen, gai, mais toujours prudent
Bref ! naviguez joyeux
Lâchez du lest de temps en temps.
Les rochers, ne les perdez pas des yeux
Louvoyez, épiez les phares et les courants.
Contre les requins, serrez les dents.
Soyez dans le vent ! jour et nuit
Je vous conseille tout cela aujourd’hui,
Car j’ai sombré avec ma femme et mon chat.
J’étais un marin d’eau douce, un marin relou.
Pour revoir ma dulcinée à la Guadeloupe,
J’avais loué un vieux rafiot.
Il repose à plusieurs pouces au fond de l’eau.
J’ai réussi à m’en tirer à la nage,
En pagayant tant bien que mal,
À cheval sur le grand mât. Mais rassurez-vous,
J’ai réussi, malgré tout, à sauver mon chat…
18:34 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (3)
Tu piges ? (3)
Tu Piges ? (3 ) ( divagations sur les grandes surfaces…)
Moi j’y vais dans ces superbêtes, ces mammouths à merde
Y me fracassent le tire-bouchon,
Y m’font rouler leur chariot d’handicapés
J’suis blousé chaque fois avec leurs étiquettes
Et leur prix en « os »de requin, qui disent en baisse
J’dirais plutôt à la baise moi le nœud !
Tu piges ?
J’y suis bien obligé d’y aller dans leurs baisiliques
Y faut bien que je bouffe pour ma survie de pensionné
Des nouilles, du riz soi-disant à bas prix,
A condition que je les prenne par deux où trois sosies…
L’arnaque quoi !
Des fois je leur pisserais dessus
Y en a qui se gène pas pour bouffer leur saleté sur place
Moi j’oserais pas par pudeur
Je veux pas me salir les badigouinsses à grappiller dans leurs paquetons
J’suis pas un crochu !
Tu piges ?
Leurs viandes d’empaquetés, quelle saleté
Sûrement de la remballe !
Elle est souvent moisie et crade dans les coins
Les couillons de chalands sont contents
On les poisonne et ils en redemandent
Moi je suis un petit contaminateur
Je les laisse bien faire leur beurre à ces sumos
Et je leur souhaite que du malheur
Et qu’ils aillent se sucer leurs os
Mais pas les nôtres !
Tu piges ? (à suivre…)
14:50 Publié dans Tu piges ? | Lien permanent | Commentaires (1)


