vendredi, 27 avril 2007
Les sodomites
Gravure de François-Rolland Elluin
« L’expérience est dans les doigts et dans la tête. Le cœur n’a pas d’expérience »
H.D. THOREAU (Fragments d’un Journal)
Les sodomites
Les sodomites le hantent.
Il est lamineur et hait sa condition.
Il décide d’aller les voir, pour se faire examiner.
Son système neuronal et caudal les réclament.
Il quête leur diagnostic.
Ils lui affirment qu’il n’a pas de néo,
et qu’il est parfaitement hétéro.
En kops, ils lui cloutent et lui béquillent la nef,
Il a l’impression de traverser un fleuve en crue, à la nage.
Ils lui chantent un guèze limé, roulé, éblouissant.
Ils le remixent en couple,
et par devant et par derrière.
Pour en finir, ils l’enfoncent à la hie,
pour écarter ses derniers doutes.
Il sent une immense allégresse le transpercer.
Il les quitte, le corps en pleine quintessence.
Depuis, notre homme est complètement guéri.
Il a laissé son métier,
pour se mettre éplucheur d’oignons.
Il n’en retire que des larmes de joie.
Gaudeamus
18:55 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (3)
mercredi, 25 avril 2007
La chute de l’alpiniste
« La mort, mystère inexplicable, dont une expérience journalière paraît n’avoir pas encore convaincu les hommes »
Benjamin CONTANT ( Adolphe )
La chute de l’alpiniste
Dans la vallée,
un saxo joue un air funèbre, envoûtant et triste.
Un alpiniste à flanc de montagne pendule,
dangereusement.
Le site grandiose me fait penser
à un paysage Toltèque.
Je m’agenouille,
comme on s’agenouille devant le Popocatépetl.
Défier la montagne.
Un homme va mourir.
Je le sais par intuition.
Je survole par la pensée son ascension mortelle.
Je voudrais bien lui lancer un joker.
Qu’il se fasse seulement une petite bosse.
Rien à faire.
Rien à dire
Rien à penser
Il va dévisser
Tomber
Tomber
Mon cœur se met à loqueter.
Porte fermée.
Et puis il s’ouvre.
Je l’accompagne,
pour que sa chute soit plus douce et moins amère.
Il repose là, maintenant, tranquille, dans le glacier.
21:10 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (2)
Corps à corps
« L’amour est un je ne sais quoi, qui vient de je ne sais où, et qui finit je ne sais comment »
Mademoiselle de Scudéry
Corps à corps
Dans tes yeux d’ilménite, tu bavoches
les estampes à venir de nos ébats amoureux.
Nous finirons couchés dans nos elbeufs,
tissés avec un ros.
enlacés et collés tous les deux,
comme dans le jard d’une rivière profonde.
Avec tes longues tresses de cheveux,
je jouerai au quipo.
Pendant ce temps, notre westie,
le mamelouk de garde,
s’expliquera avec le chat dans les dahlias.
Je ne suis pas un homme couard.
Je jette de temps en temps du lest,
et je saumure mes sentiments,
en dégustant des nems et du vin fort.
A l’inverse, toi, tu préfères ce qui est ovin,
en buvant une ale mousseuse.
20:40 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (2)
Les arcanes d’une lecture…
« Un livre obscène, c’est tout simplement un livre mal écrit. Le talent n’est jamais obscène.
Ni à plus forte raison immoral ».
R. Poincaré (Procès de La Chanson de Gueux, de J. Richepin)
Les arcanes d’une lecture…
Dans un livre, page neuf et passim,
je découvre un wu grivois.
J’en pâlis,
et rêve d’une fellation,
tel un clebs maniaque.
Heureusement, je connais un séide
qui reboise une forêt.
Il n’a jamais juré de sa vie.
Je ronge un croûton de pain
et entreprends un trek,
absorbé par le yang, le kerma ou le gray.
Bref, absorbé par dal !
J’aurais préféré nocer, même dans un finn.
Hélas, je me luxe une cheville.
Je me mets à douter de mon sort.
Soudain, je vois un ours peu engageant.
« Hé ! lui dis-je : si on se faisait une bouffe? »
Il est d’accord.
Nous nous unissons, pour faire cuire des zoés.
Lui, les fait havir seulement.
On se met à rire de tout et de rien.
Comme ma cheville va mieux,
je reprends mon chemin.
Je rencontre mon séide en extase.
Il m’accueille, comme son enfant.
Depuis, je boise et reboise sa forêt.
Je suis HEUREUX !
20:30 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)
Méditation
« Demeurer immobile, à écouter…c’est la tranquillité de l’axe au centre de la roue…L’axe qui avance avec la roue, mais ne tourne jamais »
Charles MORGAN (Fontaine)
Méditation
J’ai réactivé mes chakras
Je termine mon bodhi.
Écime mon crayon.
Ôte mon chapeau.
Jette les dés.
Bois un verre de vodka.
Epingle mon nœud papillon.
Arrose mes plantes.
Tout va bien.
Ma méditation a été excellente.
Je fouine dans mon jardin.
L’écorce d’un pin exsude
une gomme adragante,
sous le jumar que je lui ai planté.
Je me calète et ruilasse
les deux parties de mon cerveau.
Le combat, entre lui
et l’hypertrophie de mon moi,
n’aura pas lieu,
De toute façon, c’est perdu d’avance pour lui.
Mon esprit se love d’un coup,
vers le Grand Tout.
Mon inquiétude s’envole,
emportée par ma Kundalini.
20:30 Publié dans Textes/Poèmes coucous désemprisonnés | Lien permanent | Commentaires (0)






