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dimanche, 01 juillet 2007

La Momie

« Les morts ne connaissent pas la honte, mais ils puent horriblement ».

Anton Tchékhov ( Carnets)

 

 

La Momie

 

 

La momie se réveilla un peu saoule.

Son sépulcre éclata comme un œuf.

En un éclair, elle se libéra de ses bandelettes,

et se rua dans les luzernes.

 

 

A son front, un nævus brillait comme un diamant.

Ses lèvres, gercées par le froid du tombeau

dessinaient un ovale parfait, vert de moisissure.

Elle traînait une horrible odeur de cadavre.

 

 

Les gens du village, fascinés par la momie,

restaient muets .

Le fossoyeur, péon d’origine,

qui ne craignait ni les vivants,

et encore moins les morts,

tenta de la dompter.

Il la somma de retourner dans son tombeau.

La momie le pris pour un fada

et le traita de déchet.

 

 

Elle le regarda fixement dans les yeux,

et l’hypnotisa…

Elle lui ordonna de se coucher dans son tombeau.

Il obtempéra.

Depuis, la momie, armée d’une faux,

décide de la vie et de la mort des villageois.

Elle siége au tribunal.

Personne ne contredit ses sentences.

 

 

« Tout contestataire ira coucher avec le fossoyeur ».

Dixit la fossoyeuse.

samedi, 30 juin 2007

Message de Sagesse

« La conscience est cette voix intérieure qui nous avertit  qu’il y a peut-être quelqu’un en train de nous regarder ».

Henri Louis Mencken

 

 

Message de Sagesse

 

 

L’automne était déjà bien avancé

Je regardais au loin la mer houleuse,

et même très déchaînée.

Deux bateaux lutaient

dans les gerbes des vagues.

L’un touait l’autre,

ahanant dans leur marche,

pour atteindre un port  éloigné.

Ils disparaissaient et réapparaissaient

dans le creux des vagues,

comme s’ils allaient sombrer

 

 

Soudain un homme âgé,

habillé d’un jean et d’un sweat-shirt,

se trouva à mes côtés.

« Voyez-vous jeune homme, me dit-il,

apparition et disparition n’existent qu’à la surface,

comme des vagues sur la mer ».

 

Je me retournai et je me retrouvai seul sur la plage.

L’homme s’était aussi vite éclipsé qu’il m’était apparu.

Troublé, je méditai et je compris ce que le Sage en moi

avait cherché à me transmettre.

 

 

Toutes nos réponses sont en nous, à toute heure.

Il suffit de faire silence, de méditer,

et d’écouter notre voix intérieure.

vendredi, 29 juin 2007

Un Modigliani jalousé

« Rien n’est pire que la méchanceté ou la bonté pure .Il faut qu’elles s’encanaillent ».

François Bott

 

 

« Méchanceté s’apprend sans maître »

Proverbe allemand

 

 

«  Les maladies qui proviennent  de la méchanceté du cœur féminin sont :une indocilité sans modestie, la colère facile, le goût de médire, la jalousie, l’intelligence courte ».

Kaïbara Ekikenn (  La grande science pour les femmes).

 

 

Un Modigliani jalousé

 

 

Le maître fut fort honoré

qu’on lui confiât un Modigliani à restaurer.

Les couleurs commençaient à emboire

Il réunit ses élèves,

et leur expliqua l’art de la restauration.

 

 

Une jeune coréenne, prude, trouva le portrait

un peu trop dévêtu.

Les autres élèves se moquèrent d’elle.

Elle se trouva toute honteuse.

 

 

Le maître généreux lui trouva des excuses :

Trop jeune et issue d’une autre culture…

Les élèves femmes envieuses

firent la moue.

 

 

L’artiste peintre leur donna, comme sujet,

des fleurs dans un vase.

Les garçons auraient préféré un nu féminin.

Tous les élèves se mirent au travail,

sur leur chevalet.

 

 

Le maître félicita la coréenne,

assez ostensiblement

Dès qu’il eut le dos tourné,

une élève la bouscula.

Elle s’écroula sur son chevalet,

le visage tout barbouillé de couleurs.

 

 

Elle se mit à pleurer.

Le maître vint la consoler,

avec une tape amicale sur la joue.

 

 

Devant les élèves ébahi(e)s,

Il lui confia la restauration du Modigliani.

 

 

 

 

 

 

 

Lao-Tseu

« L´échec est le fondement de la réussite. »
Lao-Tseu

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jeudi, 28 juin 2007

Les Tricheurs

« Les tricheurs ne connaissent pas la vraie joie de gagner ».

 Maurice Sachs ( Derrière Cinq Barreaux)

 

 

Les tricheurs !

 

 

Ils font partie d’un holding,

pratiquent une certaine goétie,

aux cartes biseautées.

 

 

Mézig, je ne m’y laisse pas prendre !

 

 

Ils se shootent aux lambics,

livrés directement de Belgique.

Leur télex est truqué.

Leurs pagers toujours ouverts :

Au cas ou, le yeti pourrait les appeler,

pour s’associer.

 

 

Ils ne signent leurs forfaits qu’avec un bic,

effaçable.

Les juifs !

Leurs tarifs prohibitifs enflent,

au rythme de leur déraison.

 

 

Leur pinard est laiteux.

Pas de limite, pas de crainte pour eux.

Pour l’instant !

Ils pondent de gros et mauvais œufs.

Ils finiront bien par s’étouffer à force de gonfler.

 

 

Mézig du fisc, je suis payé pour les surveiller.

Mon heure viendra pour les pincer.

J’en fais le serment, enfin, si on m’en laisse le temps…

 

 

 

 

mercredi, 27 juin 2007

On ne badine pas avec l’amour…

« Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants ».

Apollinaire

 

 

On ne badine pas avec l’amour…

 

 

En Allemagne, j’étais un welche*.

Je portais pourtant un futal

De qualité, sans être Belge.

J’osai quand même aller au bal

Musette…

 

 

J’y rencontrai une grisette.

On a dansé un bal d’enfer,

Tous deux, de guinguette, en guinguette,

À visage bien découvert

Nus corps et âme…

 

 

Je lui ai déclaré ma flamme,

Et proposé la rédowa *.

Elle me fit une réclame :

Chéri, dansons une java

Noise…

 

 

Ah ! elle était bien Bavaroise.

Déçu, satisfait à la fois…

Je compris qu’elle était bourgeoise.

Moi, je n’étais qu’un villageois.

De vivre…

 

 

Je bus donc à en être ivre.

Elle se mit à boire aussi

Avec beaucoup de savoir-vivre

J’en fais ici le vrai récit

Détaillé…

 

 

Je sus vite où elle était née.

Ses parents avaient un château

Châtelains, dignes, fortunés.

Elle avait donc un beau trousseau

De chemises…

 

 

J’évitai donc les paillardises,

En leur parlant des négondos*.

Je leur donnai la convoitise

De l’Amérique eldorado

Ma terre promise…

 

 

Dans leur parc plein de vantardise

Et de cygnes dans leur étang

Ils m’avouèrent avec franchise

Qu’ils n’avaient plus un sou vaillant

Rien d’impossible…

 

 

Aussi, j’avouai l’irrémissible :

J’étais marié avec enfants.

Ils se montrèrent inflexibles.

J’étais pour eux un intrigant

Et madré…

 

 

Elle s’appelait Mariethé

J’ai fait mes adieux, en pleurant

Pleurs de croco bien calculés

Et j’ai pris mon sac d’émigrant.

Grand Dieu !…

 

 

« Laissez, laissez mon cœur s’enivrer d’un mensonge ». Baudelaire

 

 

*Welche : n.m. Anc. Étranger pour les Allemands.

*Rédowa : n..f.. Danse ancienne à trois temps.

*Négondo : n.m. Érable Américain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mardi, 26 juin 2007

Le Zouave de Jésus

« Le dictateur demeure enfin seul possesseur de la plénitude de l'action. Il absorbe toutes les valeurs dans la sienne, réduit aux siennes toutes les vues » (Valéry).  

« Le despote n'est le maître qu'aussi longtemps qu'il est le plus fort » (Rousseau).

   

Le Zouave de Jésus

 

Le zouave rentra dans la pagode.

Pour parler tranquille à Jésus.

Bernique ! Et pas de prospectus.

Il se trouvait aux antipodes.

 

Il aurait voulu moufeter,

Contre ce Jésus et sa clique.

Il décida de rester stoïque,

Et de ne plus se lamenter.

 

Ce Jésus aurait pu l’aider.

Il restait sourd à ses prières,

Pour sortir de la pétaudière

Où sa colère l’avait mené.

 

Sur Sao Tomé et Principe,

Le dictateur compte le tuer :

Le zouave veut le destituer,

Ainsi que toute son équipe.

 

Le zouave enfonça sa capote,

Et pris le chemin de la mer

En essayant d’y voir plus clair,

Pour éliminer le despote.

 

Soudain il prit sa décision

Il sera vainqueur ou martyre

Il s’embarqua sur un navire

Et lança une rébellion

 

Avec cent mille mercenaires

Embrigadés d’un peu partout

Il déferla avec courroux

Pour une épopée légendaire.

 

Il décapita le tyran,

Fit construire une grande église,

Décréta religion unique

Jésus qui se trouvait dedans..

 

Tous les habitants s’y accommodent…

Ils ne pipent mot…

Sinon, le zouave les embastille, les tue ou les torture…

À son tour c’est un vrai tyran…

                             

Un paysan au-dessus de tout soupçon

« Chaque assassin est probablement le vieil ami de quelqu’un ».

Agatha Christie

 

 

« Le plus lâche des assassins, c’est celui qui a des remords ».

Jean-Paul Sartre ( Les Mouches)

 

 

Un paysan au-dessus de tout soupçon

 

 

Dans le fenil, le foin se repoudre en mauve.

Le soleil est à son couchant.

Le paysan m’annonce :

« C’est un ciel d’esquimau. Demain il fera beau ».

 

 

Avec une alêne, il se met à percer

le harnais de son cheval.

Les trous ne sont pas assez hauts.

Soudain, il se donne une gifle furieuse.

Les mouches l’agacent.

Dans le fenil, elles sont déchaînées à l’envi

contre le paysan.

 

 

Il sort du fenil en maugréant :

« Vous savez, me dit-il il, je ne me bile pas.

Les êtres nuisibles, je sais les amorcer.

Rien ne m’émeut. Je les tue à mains nues.

Même ma bourgeoise se tient à carreau ».

 

 

Il s’arrête pour se rouler une cigarette.

Je lui rétorque :

« Vous êtes un drôle de rigolo ! ».

 

 

Il me répond :

« C’est ce qu’on dit de moi. C’est sans doute vrai.

J’ai 70 balais et je n’ai jamais tué une mouche, ni tiré un perdreau ».

 

 

Je lui lance en riant :

« Dans ce cas, vous êtes un assassin au-dessus de tout soupçon ».

 

 

Il me regarde avec des yeux méchants :

« C’est ben vrai ça ! Venez ! on va arroser ça ! Faut ben tuer le temps ! ».

 

 

Je me suis fait un ami de ce paysan. Je l’appelle monsieur Victor.            

C’est peut-être le plus finaud des assassins, sans remords…

 

 

On dit qu’il a zigouillé des boches pendant la guerre,

et qu’il trousse sa femme à la hussarde.

( ce sont les mauvaises langues bien sûr…)

 

 

Prudent, je reste donc sur mes gardes…comme sa femme…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

lundi, 25 juin 2007

WOODY ALLEN

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11:48 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (1)

Rumba pour une araignée défunte

 

 

« L’homme est un animal qui lève la tête au ciel et ne voit que les araignées au plafond ». Jules Renard

« L’enseignement de l’araignée n’est pas pour la mouche ». Henri Michaux (Face aux Verrous)

 

Rumba pour une araignée défunte

 

 

L’araignée tissait, retissait

Inlassable sa pure toile.

Toutes les mouches s’y prenaient

Dans cette grande et folle étoile.

 

 

Une vraie rumba de guinguette,

Proies se faisant embobiner,

Puis sucer leur sang d’andouillette.

Un trépas sûr, mais raffiné.

 

 

Un jour une mouche maligne

Réussit à lui échapper,

Après une rumba bénigne,

Et décida de se venger.

 

 

En lui tournant autour sans cesse.

Zzz pour lui donner le tournis.

L’araignée, remplie de détresse,

Tomba dans un nid de fourmis.

 

 

Comprenant ce qu’une victime

Peut endurer de ses bourreaux.

Trop tard pour regretter ses crimes.

Tuer un plus faible, c’est salaud !

 

 

Mais quand il le faut pour survivre,

Faisant le au moins en douceur.

Vu sur l’écran, lu dans les livres,

L’homme, hélas ! est un massacreur.

 

 

Les animaux et les insectes

Ont plus de cœur que les humains

La vie mieux que nous la respectent

Ils tuent pour vivre et par instinct.

 

 

« Tu as le droit de tuer un animal pour t’en nourrir, à condition que ta joie de le manger

soit plus grande que la joie qu’il avait à vivre ». Sagesse Hindoue