samedi, 10 décembre 2005
Haïkus
Haïkus
Le Haïku japonais a 17 syllabes ou moins, ou plus qui sait ; il faut enfermer l’oiseau dans la cage et le laisser voler en liberté. C’est tout un poème…
.
Cet oiseau doit faire réfléchir et être beau. Il lui faut peu pour être beau, seulement un peu de sel, d’eau et quelques mots...
Pour le premier Haïku, en février 2002, un matin dans la ville de Saint-Etienne, « un fait divers », dans l’indifférence des badauds…
1
La femme couchée
dans les clous d’or protégés
sans bruit, va mourir.
2
Le chien fait le guet
près de son maître malade
lequel va mourir ?
3
Le soleil sourit
les tomates rougissent
qui va les manger ?
4
Un bruit dans le ciel
je regarde les nuages
un ange sourit
5
Un rêve d’enfant
Dans mon bol de café noir
Et tout devient rose
6
J’ai lu un poème
Dans ma tête comprimée
D’aspirines .
7
Un passant m’aborde
Sur la place du village
Il cherche son chien.
8
Quand les oiseaux chantent
Mon cœur me serre la main
Il me dit : sourit !.
9
Mon pain est vivant
Il m’a parlé ce matin
Il m’a dit bonjour.
10
J’ai chanté la messe
Le prêtre était endormi
Il veillait un mort.
11
Regarde la lune
Qu’elle drôle de bobine
Elle est bien malade
12
La petite fille
A des yeux couleur pervenche
On dirait le ciel.
13
Mon Haïku s’endort
Il cherche toujours
Son trésor.
14
J’écris une lettre
Dehors hurle la tempête
Mon encre est chagrin.
15
Je n’ai goût à rien
Le cerisier est fleuri
Il s’en moque bien.
16
Le jardin n’a pas de fleurs
La petite fille pleure
Papillon sèche lui ses pleurs.
17
J’ai vu un ami
Il m’a serré dans ses bras
De chanvre et de lierre.
18
Il s’est bien pendu
Sous l’olivier
Qui n’a pas cédé.
19
Le marbre a pleuré
Au Requiem d’un enfant
Drapé de lys blancs.
20
J’aime bien Cadou
Poète de la Brière
Il chante l’amour.
21
Récupérez-les
Les violeurs, les assassins
Ils saignent des mains.
22
Sous le chapiteau
Des livres crient aux auteurs
D’arranger leurs mots.
23
Le bazar est beau
Au-dehors, mais au-dedans
Quel capharnaüm.
24
Les blouses blanches
Sont penchées sur un gros cœur
Un cœur de cochon.
25
Sur la toile blanche
On se bat, on se tue
Pour noircir l’écran.
26
Au commissariat
Les flics abattent leurs cartes
Biseautées.
27
Soleil d’automne
Un papillon blanc sur l’herbe
Cherche une pâquerette.
28
Dans le froid des rues
Un clochard boit son sang chaud
A pleine bouteille.
29
La femme à la canne
ombre à petits pas voûtée
soliloque sur trois jambes.
30
Les feuilles d’automne
Couleurs châtaigne, or fripé
S’ébrouent dans le vent.
31
Anneau à l’oreille
Blouson gris à capuchon
Jeune homme qui est ton maître ?
32
miroirs brisés
sous les pas des piétons
dans les flaques d’eau
33
Les pommes sont cuites
Chez le sommelier
Son vin est piqué.
34
Le soleil endort
Les agneaux de lait
Couchés dans le ciel
35
Pour son enterrement
On a tiré un vin noir
Dans les nuages.
36
Chair cartonnée
Aux cendres du temps
Vous ridez.
37
La lune bleue affûte
Les poignards
Accrochés aux mains.
38
Ombre et lumière
Nuit et jour
A quelle chandelle vous accrocher ?
16:00 Publié dans Haïkus | Lien permanent | Commentaires (3)
Israéliens, Palestiniens
Supplique
Israéliens, Palestiniens,
Puissiez-vous vous serrer la main.
Les enfants des deux camps
Joueraient ensemble,
Sur les places, les rues
Et ramasseraient côte à côte
les épis dans les champs.
Les femmes pleureraient de joie,
Et sans crainte mettraient au monde des enfants.
Israéliens, Palestiniens,
Je n’ai de parti pris.
Je ne suis d’aucun bord .
Je pense qu’il devient urgent
De vous serrer la main.
Oubliez vos rancunes ,
Oubliez vos rancœurs.
Ils ne vous apportent que le malheur.
O Seigneur Jésus, n’êtes-vous venu
Que pour semer la guerre ?
Vous n’aviez ni chars ni tanks ni avions,
Pour vous défendre de vos ennemis .
Vous fûtes le seul kamikaze
De votre vie,
Par amour pour nous tous, pour eux, pour tous les hommes.
Hélas, votre message
N’a pas été compris.
O revenez Jésus, sur cette pauvre terre.
Elle souffre Elle n’en peut plus
De larmes, de sang, et de guerres.
Israéliens, Palestiniens,
Embrassez-vous,
Serrez-vous la main.
Grâce à ce geste,
Un nouveau genre humain éclairera le monde.
Gaudeamus (mes textes)
14:00 Publié dans POEMES "COUPS DE GUEULE" | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 09 décembre 2005
Prémonition

« c'est l'époque où, faute de dryades, on embrasse, sans dégoût, le tronc des chênes » (Baudelaire).
Prémonition
Mes doutes, mes espoirs
Survolent tous les toits
Du village endormi
La lune mauve hésite
Entre grosse ou petite
Le clocher de l’église
Part en petits morceaux
Dans le ciel étoilé
Poursuivi par les ombres.
Sous un vieux chêne énorme,
Je guette l’avenir.
Mes mains caressent l’arbre
Soyeux comme une épaule
D’une femme endormie.
De sa crinière rouge
Soudain des glands, des dés
Se collent à mes doigts.
Je couds mes yeux aux siens
Et ma bouche à la sienne
Toute chair confondue.
Voilà, c’est sûr, l’annonce
De la survenue proche
D’une dryade rousse
Déliée de tout serment.
Créature plus douce
Créature plus belle
Qu’inattendue ce soir.
Dryade ensorceleuse.
Elle arrive porteuse
De toutes les rumeurs
Sauvages, cajoleuses
De cette féerique
Etrange nuit d’été.
Gaudeamus (mes textes)
18:35 Publié dans Poésies sur l'amour, les femmes.. | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 08 décembre 2005
Pourfendre
Pourfendre
L’héritage putride
L’hydre à têtes multiples
Les chacals aux yeux verts.
Le petit homme obscur,
Le pire des insectes,
Plus cruel qu’un félin
Rôde dans le béton.
Les miroirs à facettes
Multiplient l’homme insecte
Les anges blancs maudits n’ont plus droit de cité.
Prêcheurs des parafoudres,
Vous falsifiez les mots !
Vous acérez vos langues,
Dans vos prédications,
Mortelles, mensongères.
Vos oraisons barbues
Sont d’un dieu inconnu.
Chaque instant, un landau peut partir en fumée.
Les poubelles vomir des clous très meurtriers.
Des nuages noirs, lourds, vont cabosser la ville.
Les terrasses , les rues, les magasins, les tours.. .
Pourraient bien éclater, comme des fruits pourris.
Mon cœur blessé entrouvre
Les portes de l’enfer… Gaudeamus (mes textes)
10:40 Publié dans POEMES "COUPS DE GUEULE" | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 06 décembre 2005
Diderot
« La mélancolie c’est le sentiment habituel de notre imperfection. »
Diderot
21:15 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0)



