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dimanche, 18 décembre 2005

Père Noël Chinois

 

Cette année, c’est certain, notre Père Noël

Sera un vrai chinois, la hotte toute pleine

De produits made in Chine, aux inconditionnels

Computers, DVD, jouets. Ah ! quelle veine !

 

Tout le monde en aura, même des écrans plats :

Des petits et des grands, en toute garantie.

De un jusqu’à trois ans, n’ayez aucun tracas.

Belle fabrication, nos bottes bien remplies.

 

Transformons en thé noir, notre bon vieux pinard

Et mangeons la salade, en pinçant les baguettes

Et buvons du saqué, entre copains au bar

Adieu verveine, marc et hideuses fourchettes.

 

Dans tous les magasins, on commerce chinois

Pleins feux dans les rayons, sur le sport, les chaussures

Les montres, le textile. On mange pékinois

On s’habille à Hongkong, pas de demi-mesure.

 

Nos poupées ont les yeux en amande et bridés

Vendons leur nos Airbus, couleur jaune citrouille.

La fée halloween va les métamorphoser,

En gros dragons ailés.Nos chinois morts de trouille !

   

On nous copie partout, à Pékin, à Shanghai.

On refait nos produits, contrefaçons parfaites.

Tous nos fruits du terroir, le miel et même l’ail.

Restons français, vivons chinois, faisons la fête.

 

Et Joyeux Noël !

 

Gaudeamus

 

jeudi, 15 décembre 2005

Les promesses de l'aurore

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L’incendie rose, 

D’une aurore joyeuse,

Embrase une vitre de la cuisine, 

Où flotte une forte odeur de café.

 

A la table rustique, en bois chêne doré,

Elle se tient assise, inondée de lumière,

Dans son déshabillé de soie bleue, rouge et jaune,

Aux motifs japonais qui jouent dans le soleil.

 

Dans sa tasse, elle avale, à petites gorgées,

Ses rêves de la nuit, dans des méandres mauves.   

 

Nos ébats amoureux  se lisent sur ses lèvres.

Sa nuque blonde auréolée de gloire

Etincelle de grâce et de douceur. 

Je pose ma main sur sa cuisse chaude,

Son genou frissonnant et mon cou plein d’abeilles.  

 

D’un sourire, elle appuie, à ma joue un baiser.  

Elle tourne vers moi ses grands yeux verts et  graves,

Chargés des embruns clairs, de toutes nos étreintes.    

 

D’un coup, un oiseau de feu

Tape du bec dans la vitre.

Il m’invite à danser et brûler avec elle,

Dans le soleil éclatant .  

 

Ensemble nous entrons dans une ardente aurore ,

Aux promesses radieuses .

Toutes les  féeries ne sont vécues qu’à deux .

Et tout ce qui fait ombre, au dedans, au dehors,

Ne peut rien contre nous.

 

 

Gaudeamus

 
 
 
 
           

lundi, 12 décembre 2005

Discorde

 

La pomme de discorde, en nos  cœurs coléreux.

Quelques larmes de sel, au canevas « je t’aime. »

Dans la ferme isolée, un coq, toujours le même,

Lance un cocorico, tel un roi amoureux.

 

Tu t’enroules sur toi, dans nos draps en charpie.

La chambre est trop petite et le lit bien trop grand.

Sur nos deux oreillers, brillent de faux diamants.

On mange du pain noir. On boit, jusqu’à la lie

 

Un café noir amer, dans deux bols mal lavés.

Dans la salle de bains, la douche goutte-à-goutte

M’empêche de pleurer. Mais ce que je redoute

Voilà, des pleurs, des cris qui vont tout raviver.

 

Des reproches passés, des querelles anciennes.

Nous n’avons plus le temps de nous raccommoder.

Le soleil est brûlant. Le coq est fatigué.

Je  ferme ma valise et  ouvre les persiennes.

 

On se tourne le dos. On est tout dépeignés.

N’ai-je rien oublié ? Je vais payer la note.

Tu me suis, et très fort, tu m'étreins et chuchotes :

« Nos deux brosses à dents sont restées dans l’évier. »

Gaudeamus  (Poésies)