samedi, 26 novembre 2005
Mort comme un chien

Aujourd’hui 25 novembre 2005
J’ai effacé de mon blog tous mes écrits, poèmes, etc., pour le dédier à cet homme mort ce matin de froid, et aussi à tant et tant d’autres d’hier, d’aujourd’hui et, hélas ! encore demain…
Quand cela prendra-t-il fin ? Il y en a marre des bons sentiments, des promesses des hommes politiques, de cette société aveugle, sourde, indifférente au malheur qui les entoure… Il y en a marre, archi marre ! Mais bon dieu ! quand cela prendra-t-il fin ?
Mort comme un chien.
Ô mon Dieu pourquoi, mais pourquoi ?
Un homme a été expulsé,
Comme un chien galeux, misérable.
Bien sûr, juste avant les grands froids.
On l’a retrouvé ce matin
Mort gelé, mort dans sa voiture
Avec quelque argent dans ses poches
Et des provisions dans son coffre.
Ô mon Dieu pourquoi, mais pourquoi ?
Il est mort fier, en plein hiver,
Rejeté, déçu par ses frères
Qui ne savaient pas, mais pourquoi ?
Le cœur de l’Abbé Pierre pleure,
Lui, le combattant du malheur.
Je dédie ces quatrains, à Toi,
Pauvre Inconnu, mort comme un chien.
Gaudeamus
16:00 Publié dans POEMES "COUPS DE GUEULE" | Lien permanent | Commentaires (16)
vendredi, 25 novembre 2005
Léon Deubel
Merci de vos commentaires et je vous répondrais par ce poème de Léon Deubel qui a connu la vie de bohème…avec l’abandon, la détresse et le désespoir.
Une nuit de janvier 1906, sa misère le conduit au Carrrousel, et là, sur un banc, dans l’ombre, il composa cette prière : la prière de l’âme humaine qui souffre, et entrevoit, au travers de ses douleurs, Le Consolateur.
Seigneur ! je suis sans pain, sans rêve et sans demeure.
Les hommes m’ont chassé parce que je suis nu,
Et ces frères en vous ne m’ont pas reconnu
Parce que je suis pauvre et parce que je pleure.
Je les aime pourtant comme c’était écrit
Et j’ai connu par eux que la vie est amère,
Puisqu’il n’est pas de femme qui veuille être ma mère
Et qu’il n’est pas de cœur qui entende mes cris.
Je sens, autour de moi, que les bruits sont calmés,
Que les hommes sont las de leur fête éternelle.
Il est bien vrai qu’ils sont sourds à ceux qui appellent.
Seigneur ! pardonnez-moi s’ils ne m’ont pas aimé !
Seigneur ! j’étais sans rêve et voici que la lune
Ascende le ciel clair comme une route haute.
Je sens que son baiser m’est une pentecôte,
Et j’ai mené ma peine aux confins de sa dune.
Un grand besoin d’amour me tourmente et m’obsède,
Et sur mon banc de pierre rude se succèdent
Les fantômes de Celles qui l’auraient apaisé.
Le vol de l’heure émigre en des infinis sombres,
Le ciel plane, un pas se lève dans le silence,
L’aube indique les fûts dans la forêt de l’ombre,
Et c’est la Vie, énorme encor qui recommence !
20:50 Publié dans POEMES "COUPS DE GUEULE" | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 21 novembre 2005
UN AMI

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La ville m’a pris par la main.
De rues en rues et de places en squares.
Je flâne sans souci du lendemain.
Le beau kiosque à musique
S’envole dans un claquement d’ardoises.
Les jets d’eau, un moment troublés,
Déversent leurs colliers de perles irisées
La préfecture en blanc se fait une beauté.
J’échafaude les toits et le ciel des mansardes.
Derrière les hauts murs, l’école maternelle
Piaille d’anges rieurs, insouciants et bruyants.
Une pervenche colle ses poèmes ,
Sur le front des voitures
Tous les chevaux de bois
S’enivrent de soleil, et tournent à tue-tête
Soudain, un inconnu demande son chemin.
Je lui offre le mien.
Triste et las il me dit :
« Ah ! mais c’est toi, comment vas-tu ? »
« Bien, et toi aussi à ce que je vois… »
Mais je ne l’ai pas reconnu.
Il me tourne le dos, en haussant les épaules.
Léger je continue à me baguenauder.
La mémoire, soudain, à l’esprit me revient.
Je pense à Toi Seigneur.
Et si c’était Toi cet ami perdu ?Peut-être que Tu me l’as envoyé.
Je me mets à sa recherche, avec fièvre,
De rues en rues et de places en squares.
Hélas !Je n’ai pas pu le retrouver.
Je suis rentré, chez moi, triste en me maudissant.
Pardon Seigneur, pardon.
Je ne T’ai pas reconnu ce jour-là.
Cet ami, je ne l’ai pas écouté,
Je ne l’ai pas guidé.
Ce jour-là, O Seigneur
Mon cœur était bien trop léger, bien trop.
Encore pardon, j’étais loin de Toi.
Plus Tu es près de moi et moins je pense à Toi.
Gaudeamus (mes textes)
20:45 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (1)


