jeudi, 15 mars 2007
Mon vieux curé...
Mon vieux curé sommeille au cimetière
Il a béni tant de tombes
Récité tant de prières,
Prononcé tant de sermons,
Célébré tant de messes,
Donné tant de communions,
Uni tant de couples,
Baptisé tant de bébés,
Qu’il s’est tué à la tâche le malheureux .
Il a rendu sa belle âme au confessionnal,
Sans un râle, sans un soupir.
La pénitente n’y a vu que du feu,
Persuadée qu’il s’était assoupi,
Suite à un déjeuner trop copieux.
Le saint homme jeûnait en ce temps de carême.
Il est monté tout droit dans les cieux,
où l’attendaient tous les anges, les saints et les bienheureux,
pour un grand repas de fête,
celui de sa retraite éternelle.
Il lui restait encore beaucoup à faire.
Son remplaçant ne sera pas de sitôt nommé…
Il lui faudra être aussi pieux, modeste, fort
Et savoir se faire aimer.
Mon vieux curé sommeille au cimetière
Rendez-lui en passant une petite visite
Récitez-lui une petite prière
Il adore revoir ses ouailles,
Pour qui, il s’est dévoué, sans compter corps et âme.
Donne-lui, Ô Seigneur, Requiem aeternam.
14:10 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (3)
mercredi, 14 mars 2007
Le cerisier
Le cerisier
Il est toujours là
Le poids de son ombre sur tes yeux
Le murmure de ses feuilles dans tes cheveux
Le sucre de ses fruits sur tes lèvres.
Il est toujours là
L’échelle appuyée à son tronc
Tes jambes douces, blanches et nerveuses aux barreaux
Mon regard empli de trouble, sous ta robe fleurie.
Des cerises, pendants à tes d’oreilles et ton large sourire.
Il est toujours là
Gravé de nos serments et témoin du bonheur enfui.
Plein de nos baisers de fruits rouges,
Confident de nos jeux interdits, sous son feuillage parure,
Aux branches luisantes, noires, striées de blanc
Où défilent, gardiennes du mémorial, des colonies de fourmis.
Il est toujours là
L’échelle un peu branlante
Secoué par le vent
Picoré par les merles
Brûlé par le soleil
Il est toujours là
Des enfants y viennent parfois
Reproduire nos jeux de mémoire
Se cacher derrière son tronc
Pour échanger, au cœur du cerisier,
Des promesses solennelles, condamnées à l’exil.
23:30 Publié dans Poésies sur l'amour, les femmes.. | Lien permanent | Commentaires (4)



