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dimanche, 26 mars 2006

Adieu l'ami


  
 
Je marche dans les rues, des braises plein les mains
Le museau de l'hiver, bien au chaud dans mes poches
Mon cœur un peu transi  a pris froid  au soleil
Je sais que le printemps y remettra bon ordre
 
Il me faudra du temps pour oublier la mort.
Elle a fauché plein fouet un de mes  amis  chers.
On avait beaucoup ri , dans la roue d'un manège,
En prenant des photos, dans les airs et le froid.
 
Mes larmes sont taries et je serre les dents,
Je ne suis qu'une impasse, inquiète dans le noir,
Cherchant toujours l'ami, souffrant et las de vivre
Qui a mangé du chanvre, au lever d'un jour sombre.
 
Cet horrible matin, que pouvions-nous pour toi ?
As-tu connu la peur, sur ce nouveau manège ?
Nous étions pourtant là, pour t'aider, te parler.
Mais tu as préféré partir, seul, sans paroles.
 
Tu nous laisse groggy et nous t'aimons très fort.
Malgré notre chagrin, va, continue ta route.
Des êtres tant aimés vont te prendre la main.
La Lumière t'attend, au bout de ton chemin.
 

mercredi, 22 mars 2006

Alain Borne

La main touche une jupe

La main touche une jupe,
muguets fanés, je me souviens,
tiède comme un début de peau,
un feu de sang brûle les os.

Les joncs craquent sous le corps souple,
et le miel bout dans l'œillet pourpre,
sur le brasier de myosotis
là-haut où les oiseaux s'étirent.

Carrière de braise rouge,
près d'une eau non doublée de tain
où toute pudeur expire
au vent venu de Si loin,

Sous août bruissant, la fièvre est fraîche,
et la brûlure encore glacée
des lèvres fanées de soif,
et du corps torride de sang.

Voici la baie de tes jambes,
avant cette île foudroyée
où peut-être un peu de neige
attend ma tête sans pensée.

Terre de l'Été (Robert Laffont, 1945)

 

Alain Borne (1915-1962)

 

http://www.ac-grenoble.fr/lycee/LAB/qui_a_borne/qui_est_a_borne.htm

 

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/bornealain....

 

 

lundi, 20 mars 2006

C'est le printemps !

 

   

Dans l’automobile écarlate

Se trémoussent deux amoureux

Il a les joues rouge tomate

Elle a le regard langoureux

 

C’est le cinéma de grand-père

Avec le relief, la couleur

Voici le son oh bonne mère !

Un coup de klaxonne en plein cœur

 

Toute la nature bourgeonne

Les oiseaux flûtent le printemps

Le dieu Priape s’époumone

Sur les braises de ses vingt ans.