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mercredi, 22 mars 2006

Alain Borne

La main touche une jupe

La main touche une jupe,
muguets fanés, je me souviens,
tiède comme un début de peau,
un feu de sang brûle les os.

Les joncs craquent sous le corps souple,
et le miel bout dans l'œillet pourpre,
sur le brasier de myosotis
là-haut où les oiseaux s'étirent.

Carrière de braise rouge,
près d'une eau non doublée de tain
où toute pudeur expire
au vent venu de Si loin,

Sous août bruissant, la fièvre est fraîche,
et la brûlure encore glacée
des lèvres fanées de soif,
et du corps torride de sang.

Voici la baie de tes jambes,
avant cette île foudroyée
où peut-être un peu de neige
attend ma tête sans pensée.

Terre de l'Été (Robert Laffont, 1945)

 

Alain Borne (1915-1962)

 

http://www.ac-grenoble.fr/lycee/LAB/qui_a_borne/qui_est_a_borne.htm

 

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/bornealain....

 

 

Commentaires

Depuis que je vous vois
Je ne suis que vous même Lislei
Ne sachant plus si je m'éloigne ou m'approche
Si je vous touche
Du regard ou de l'âme ou des lèvres

Car tel est cet amour
Un geste ne peut l'atteindre ou le changer
Il n'est en cet amour
Ni plus froid ni plus chaud
Ni baiser ni fin d'une étreinte
Qui torride le tue
Et lui donne sa vie

Alain Borne
Terre de l'été suivi de poèmes à Lislei
www.editinter.net
le plus court ... en petit bonjour

Écrit par : Hélène | jeudi, 23 mars 2006

Je vois que vous connaissez bien Alain Borne. Nous devons lire et aimer sûrement les mêmes...
Amitiés

Écrit par : gaudeamus | vendredi, 24 mars 2006

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