samedi, 04 février 2006
DIS PAPA... ?
Un bouquet de plumes
Dans un ciel d'acier
L'oiseau tombe en vrille
Le chasseur l'a touché
Le feu a roussi les feuilles du peuplier
La fin de cette journée traîne
Une odeur de fumier
La fourche est bien trop lourde pour le soulever.
Tiens, j'ai des perles de sang
Au bout des doigts
J'attendrai
Que l'hiver déshabille les bois,
Pour les essuyer.
Nuit sans étoiles
Un chat-huant s'est pendu
Maladroitement
En voulant crier.
Dans l'âtre de la cheminée
Les bûches dansent contentes
Elles vont quitter un monde parfait
Mais sans joie.
Comme chaque soir,
La télévision touille la même soupe,
Epicée et amère.
Dis papa, pourquoi les gens sont aussi méchants?
11:00 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (2)
Je est un autre...
Je divague souvent dans des contrées austères,
Sous un ciel de métal, où mon esprit se perd.
Je est vraiment un autre. Aux confins de ces terres
Des êtres mystérieux s’emparent de mes vers.
Il faudra bien un jour arrêter ma toupie.
Partir à tout jamais, sans espoir de retour.
Tirer ma révérence : adieu la compagnie,
Errer au marécage, au pays des vautours.
Il me faudra goûter, de ce carton putride,
Attendant ce soleil, caché, présent en moi.
Il jaillira d’un coup, de mon corps apatride.
Je le serrerai fort, pour calmer mes émois.
Ce soleil radieux irradiera mon âme
Et je n’aurai plus peur, car enfin délivré
De ce carcan hideux où souvent je me pâme
Pauvre hère perdu, au milieu des crevés.
Mon départ imminent, s'inscrit dans les étoiles
Dans mon jardin, les fleurs caressent doucement
Ma belle âme araignée, accrochée à la toile
La jacinthe me chante l'air pour un amant
Je ne suis pas pressé de quitter l’éphémère
Les rêves de maya emplissent mes sabots
J’avoue, en vérité, j'aime ton giron, terre,
Ma douce prostituée, aux mensonges si beaux.
06:15 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (1)
Que veulent les hommes ?
Mon poing au pelochon, à tête de requin.
Graver un myosotis au lobe de l'oreille.
Brailler un chant paillard lorsque tombe la nuit.
Faut bien tuer le temps plutôt que les baleines.
La barque du pêcheur ballotte sur les flots.
La lamproie va mourir et oublier la mer.
Chasser et massacrer est à l'ordre du jour
Tous les loups et les ours vont quitter notre terre.
Une perle d'étoile est nichée dans un lys.
Un chat émerveillé regarde un oiseau mort.
Rien ne vaut une vie, au bas même du cœur.
L'enfant casse ses jouets, comme le fait son père.
Les cerisiers en fleurs ont envie de pleurer;
Ils voudraient bien savoir ce que veulent les hommes.05:44 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (2)
jeudi, 02 février 2006
Un évangile pour un enfant
J'ai vu hier mille corbeaux dans un champ.
C'est pas possible dit son ami,
Comment as-tu pu les compter ?
Sur mes doigts.
Ce n'est pas possible lui dit son ami :
Tu n'as pas assez de doigts ?
Si, j'ai pris mes dix doigts,
et les dix doigts de tous ceux que j'aime :
Mon père, ma mère, mon frère, ma sœur,
Un africain, un chinois, un indien, un papou, un américain.
Tu pourras le faire toi aussi demain.
Les mille corbeaux reviennent dans le même champ tous les matins.
Son ami s'en alla triste, il ne pouvait pas :
Il s'était fâché avec son frère le jour même…
05:50 Publié dans Poésies et textes divers | Lien permanent | Commentaires (2)


