samedi, 03 mars 2007
la Dormeuse
Chagall
“Ne pleure pas sur les morts, qui ne sont plus que des cages, dont les oiseaux sont partis”.
SAADI « Le Jardin des Fruits » trad. Franz Toussaint (Mercure de France)
La Dormeuse
La dormeuse dort encore.
Ses rêves sont sa manne.
Elle a remisé ses trois douleurs au placard
Des monstrueuses interrogations .
Son corps astral se meut à des vitesses vertigineuses
Dans des contrées connues de elle seule.
Ses émotions se rient des brisants du passé,
Du froid polaire annoncé.
Son mental construit des architectures fantastiques,
Des univers féeriques de toute beauté.
Le Serpent lui ouvre sa gueule sombre,
Pour le grand passage dans ses entrailles.
Au bout Ange ou Démon ?
Le verdict est sans appel.
Qu’importe son passé
Et cette guenille sans retour.
La dormeuse dort encore.
Elle ne se réveillera plus jamais au monde des illusions.
Elle vague dans les délices des vraies réalités.
14:35 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (3)
vendredi, 02 mars 2007
Emmanuel Kant
On mesure l'intelligence d'un individu à
la quantité d'incertitudes qu'il est capable de supporter.
Emmanuel Kant
18:05 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0)
Soleil noir
"TROU NOIR" de Clotilde Chabaud-Sauvage (décembre 2005)
http://www.atelierdeclotilde.fr/
Soleil Noir
Un éclair froid dans ses yeux
bleus.
Sur son front, une mèche rebelle
blonde.
Un blouson de cuir marron,
mal fermé, égratigné par le temps.
Jean bleu, cendré, troué, délavé, trop grand.
Des bottes rouges, à talons plats.
Une cigarette cassée à ses lèvres
rouges.
« T’as du feu mec ? »
« Je ne fume pas »
« T’es un trouduc ! »
« Si tu le dis… mais toi t’es belle, comme un soleil noir !»
« Ah bon, si tu le dis…mec ! »
Soudain !
Des myosotis dans ses yeux.
Des flammes d’or dans ses cheveux.
Un sourire de pivoine, sous une coulée de neige…
Brutale, elle me tourne le dos, en me lançant :
« Je te la souhaite bonne, mon mignon ! »
La ruelle étroite et sale prend un air de fête.
Dans le bar d’en face, le saxo de John Coltrane
joue des notes, rudes et rauques…Une merveille !
Je repars, persuadé que les soleils noirs cachent des trésors.
Gaudeamus
16:10 Publié dans Poésies sur l'amour, les femmes.. | Lien permanent | Commentaires (3)




