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vendredi, 25 novembre 2005

Léon Deubel

 

Merci de vos commentaires et je vous répondrais par ce poème de Léon Deubel qui a connu la vie de bohème…avec l’abandon, la détresse et le désespoir.

Une nuit de janvier 1906, sa misère le conduit au Carrrousel, et là, sur un banc, dans l’ombre, il composa cette prière : la prière de l’âme humaine qui souffre, et entrevoit, au travers de ses douleurs, Le Consolateur.

 

 Seigneur ! je suis sans pain, sans rêve et sans demeure.
Les hommes m’ont chassé parce que je suis nu,
Et ces frères en vous ne m’ont pas reconnu
Parce que je suis pauvre et parce que je pleure.
 
Je les aime pourtant comme c’était écrit
Et j’ai connu par eux que la vie est amère,
Puisqu’il n’est pas de femme qui veuille être ma mère
Et qu’il n’est pas de cœur qui entende mes cris.
 
Je sens, autour de moi, que les bruits sont calmés,
Que les hommes sont las de leur fête éternelle.
Il est bien vrai qu’ils sont sourds à ceux qui appellent.
Seigneur ! pardonnez-moi s’ils ne m’ont pas aimé !
 
Seigneur ! j’étais sans rêve et voici que la lune
Ascende le ciel clair comme une route haute.
Je sens que son baiser m’est une pentecôte,
Et j’ai mené ma peine aux confins de sa dune.

Mais j’ai bien faim de pain, Seigneur ! et de baisers !
Un grand besoin d’amour me tourmente et m’obsède,
Et sur mon banc de pierre rude se succèdent
Les fantômes de Celles qui l’auraient apaisé.
 
Le vol de l’heure émigre en des infinis sombres,
Le ciel plane, un pas se lève dans le silence,
L’aube indique les fûts dans la forêt de l’ombre,
Et c’est la Vie, énorme encor qui recommence !


 


jeudi, 20 octobre 2005

LES BOURREAUX

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Je ne sais pas pourquoi tout s’emberlificote,

Dans un monde irréel chargé de désespoir.

J’entends les innocents, écrasés sous les bottes,

Crier et supplier les bourreaux dans le noir.

                       

L’amour n’a plus sa place et le peuple le vote.

Les brutes vont chanter et pourrir au pressoir,

Et la lune grimace aux rôdeurs qui grignotent,

A pleines dents , le blé, arraché aux trottoirs.

 

Les gros rats vert de gris agitent leurs menottes.

Les chiendents caverneux poussent surtout le soir.

Les hommes soleilleux nulle part n’ont la cote.

 

La femme au ventre rond se cache et ne veut voir

Le berceau répugnant de langes, de culottes

Qu’on lui roule en riant, pour tuer tout espoir.

Gaudeamus (mes textes)

mercredi, 12 octobre 2005

Les mots, nos maux...

 

Les mots, nos maux…

   

(SUPPLIQUE aux enfants du monde)

 

Les mots saignent vivants aux dents des fils de fer

Lumineux insolents triomphants planétaires

En habits verts ou noirs et leurs thuriféraires

Dans le vent en lambeaux ils vont un train d’enfer.

 

Enfants, n’écoutez pas, fuyez les beaux parleurs

J’entends encor crier blasphémer sous la lune

À coups d’obus les mots s’éventrent dans les dunes.

Comment puis-je être heureux dans les blés du malheur ?

 

Voici que brille enfin l’aube de l’an deux mille

Enfants serrez les rangs et soyez plus habiles

À reconstruire un monde en paix avec ses mots

 

Aux étoiles lancez le verbe qui foudroie

Et implorez le ciel qu’un ange le nettoie

En chœur chantez les mots, ils guériront vos maux.

 

 

Gaudeamus (mes textes)

 

dimanche, 09 octobre 2005

En ce temps là...

 

 

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