dimanche, 21 octobre 2007
Les Fusillés
Les fusillés
... Partout la mort. Eh bien, pas une plainte.
Ô blé que le destin fauche avant qu'il soit mûr !
Ô peuple !
On les amène au pied de l'affreux mur.
C'est bien. Ils ont été battus du vent contraire.
L'homme dit au soldat qui l'ajuste : Adieu, frère.
La femme dit : - Mon homme est tué. C'est assez.
Je ne sais s'il eut tort ou raison, mais je sais
Que nous avons traîné le malheur côte à côte ;
Il fut mon compagnon de chaîne ; si l'on m'ôte
Cet homme, je n'ai plus besoin de vivre. Ainsi
Puisqu'il est mort, il faut que je meure. Merci. -
Et dans les carrefours les cadavres s'entassent.
Dans un noir peloton vingt jeunes filles passent ;
Elles chantent ; leur grâce et leur calme innocent
Inquiètent la foule effarée ; un passant
Tremble. - Où donc allez-vous ? dit-il à la plus belle.
Parlez. - Je crois qu'on va nous fusiller, dit-elle.
Un bruit lugubre emplit la caserne Lobau ;
C'est le tonnerre ouvrant et fermant le tombeau.
Là des tas d'hommes sont mitraillés ; nul ne pleure ;
Il semble que leur mort à peine les effleure,
Qu'ils ont hâte de fuir un monde âpre, incomplet,
Triste, et que cette mise en liberté leur plaît.
Nul ne bronche. On adosse à la même muraille
Le petit-fils avec l'aïeul, et l'aïeul raille,
Et l'enfant blond et frais s'écrie en riant : Feu ! [...]
Victor Hugo (1802-1885) – Recueil : « L’Année Terrible »
23:11 Publié dans Poètes du monde entier | Lien permanent | Commentaires (0)
Un voisin de tout repos
Un voisin de tout repos
Le jardin est en friche,
La maison volets clos.
Mon voisin a quitté
Les plaisirs jardiniers,
Pour un très long voyage,
Dans le champ des étoiles.
Et sa veuve éplorée
Ne quitte plus la chambre.
Les saisons n’y font rien.
Elle attend impuissante
Que l’herbe envahit tout,
Pour calmer son chagrin.
Elle transmet ainsi
Sa grisaille souffrance,
À tous ses bons voisins.
Quand je contemple l’herbe,
Si haute, jaune et dense,
J’ai souvent l’impression
De revoir mon voisin,
Endormi dans ce foin.
Je n’ose réveiller
La cause du chagrin qui dort…
22:45 Publié dans Essais | Lien permanent | Commentaires (1)
Haïku du jour
20:11 Publié dans Haïkus | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 20 octobre 2007
TANKA DU JOUR
19:13 Publié dans Haïkus | Lien permanent | Commentaires (1)
vendredi, 19 octobre 2007
Haïku du jour

Haïku du jour
Samedi 20 octobre 2007
Les femmes cancanent
En lavant leur linge sale
Les tambours sourdingues
21:55 Publié dans Haïkus | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 18 octobre 2007
Haïku du jour
18:08 Publié dans Haïkus | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 17 octobre 2007
Tanga du jour

Tanka du jour :
Jeudi 18 octobre 2007
La fleur naît et meurt
Médite chaque saison
Chaud et froid t’embrouillent
Amour, désir, possession
Sont des passions meurtrières
20:30 Publié dans Haïkus | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 16 octobre 2007
Haïku du jour

Haïku du jour :
Mercredi 17 octobre 2007
Aux jeux interdits
Enfants à la peur de vivre
Orgasme mortel
22:36 Publié dans Haïkus | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 15 octobre 2007
Tanka du jour
Cul-de-sac Marin- Guadeloupe
« Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme ».
Winston Churchill
« Je ne voudrais pas être à la place de Dieu, c’est un cul-de-sac ».
Napoléon Bonaparte
Tanka du jour :
Mardi 16 octobre 2007
L’impasse : une crêpe
Apprendre à se retourner
Face au cul-de-sac
Dieu est peut-être un cul-de-sac
Mais on peut le contourner
20:05 Publié dans Haïkus | Lien permanent | Commentaires (0)






