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mardi, 29 novembre 2005

Sully Prudhomme (1839 – 1908 )

Le vase brisé

Le vase ou meurt cette verveine

D'un coup d'éventail  fut fêlé ;

Le coup dut  l'effleurer à peine,

Aucun bruit ne l'a révélé.

Mais la légère meurtrissure,

Mordant le cristal chaque jour,

D'une marche invisible et sure

En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte-à-goutte

Le suc des fleurs s'est épuisé.

Personne encore ne s’en doute,

N'y touchez pas, il est brisé.

 

Souvent aussi la main qu'on aime

Effleurant le corps, le meurtrit ;

Puis, le corps se fend de lui-même,

La fleur de son amour périt  ;

 

Toujours intact aux yeux du monde,

Il sent  croître et pleurer tout bas

Sa blessure fine et profonde :

Il est brisé, n'y touchez pas.

 

Sully Prudhomme (1839 – 1908 )

 (La Vie Intérieure - 1865)

Commentaires

bien sûr, on le connaît tous, ce poème. Il est un peu mièvre (ma grand mère l'avait calligraphié dans un cahier). Mais le lire me redonne chaque fois le même frisson. Merci!

Écrit par : aline | vendredi, 17 février 2006

Merci d'être passée sur mon blog. Je suis bien de votre avis, mais ces anciens poèmes ont toujours un certain charme et sont très peu connus des jeunes d'aujourd'hui.
Il ne faut pas oublier complètement les anciens poètes qui ont apporté leurs pierres à l'édifice de la poésie française. Ils appliquaient à la lettre les règles de la versification en vigueur à l'époque.

Écrit par : Gaudeamus | vendredi, 17 février 2006

Les commentaires sont fermés.